Israël a inauguré lundi avec son allié américain une base de défense aérienne conjointe, la première sur le territoire israélien, a déclaré un haut responsable militaire israélien.

L’annonce de l’établissement de cette base, dans le sud d’Israël, a eu lieu avant que le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne rencontre le président américain Donald Trump à New York en marge des travaux de l’Assemblée générale de l’ONU.

« Nous avons inauguré, avec nos partenaires de l’armée des Etats-Unis, une base américaine, pour la première fois en Israël », a affirmé devant les journalistes le général Tzvika Heimowitz, chef de la défense aérienne.

« Un drapeau américain flottera en permanence au-dessus d’une base de l’armée américaine établie à l’intérieur d’une de nos bases. »

Le colonel Liran Cohen, à gauche, le directeur de l'école de l'armée de l'air israélienne, et le colonel David Shank de l'armée américaine, pendant l'inauguration de la première base militaire américaine permanente en Israël, sur la base aérienne de Mashabim, le 18 septembre 2017. (Crédit : armée israélienne)

Le colonel Liran Cohen, à gauche, le directeur de l’école de l’armée de l’air israélienne, et le colonel David Shank de l’armée américaine, pendant l’inauguration de la première base militaire américaine permanente en Israël, sur la base aérienne de Mashabim, le 18 septembre 2017. (Crédit : armée israélienne)

Le général israélien a expliqué que l’inauguration de cette base ne répondait pas à une menace immédiate mais qu’elle est le résultat combiné de « leçons tirées » de la guerre de Gaza en 2014 et des analyses des renseignements sur les dangers futurs.

« Nous avons beaucoup d’ennemis autour de nous, près de nous et plus loin », a-t-il ajouté.

Le chef sortant de l’armée de l’air israélienne avait prévenu en juin que son pays disposait d’une puissance militaire « inimaginable ».

‘Améliorer la défense’

Le 7 septembre, l’armée syrienne a accusé Israël d’avoir bombardé une de ses positions, tuant deux personnes. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), le site visé était utilisé par les autorités syriennes pour la fabrication présumée d’armes chimiques.

Israël, sans confirmer qu’il était derrière l’attaque, a averti indirectement Damas et Téhéran qu’il ne tolérerait aucun « corridor » terrestre allant de l’Iran vers la Syrie.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans ses bureaux de Jérusalem, le 10 septembre 2017. (Crédit : Ronen Zvulun/AFP/Pool)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans ses bureaux de Jérusalem, le 10 septembre 2017. (Crédit : Ronen Zvulun/AFP/Pool)

Fin juin, Netanyahu avait déclaré que l’Iran, ennemi déclaré d’Israël et soutien du Hezbollah libanais, construisait des usines de production de missiles en Syrie et au Liban. Le Premier ministre devait aborder cette question avec Trump.

Israël a acheté 50 avions de chasse F-35 aux Etats-Unis. Il dispose d’un arsenal sophistiqué de défense anti-missile, notamment le système d’interception Dôme de Fer, qui abat avec succès des roquettes tirées depuis la Syrie, le Liban, le Sinaï égyptien et la bande de Gaza.

Heimowitz n’a pas précisé le rôle spécifique de la nouvelle base mais a indiqué que « quelques dizaines » de membres du personnel américain seraient placés sous commandement israélien.

La base conjointe « ne s’inscrit pas dans [le cadre] d’un exercice ou d’une manœuvre », a-t-il déclaré, soulignant qu’elle faisait partie de « l’effort commun d’Israël et des Etats-Unis pour améliorer [le secteur de] la Défense. »