Les 5 000 prisonniers sécuritaires palestiniens actuellement emprisonnés en Israël vont entamer une grève de la faim jeudi pour protester contre les détentions administratives, a annoncé mercredi le ministère palestinien des Affaires des prisonniers.

En refusant la nourriture, les prisonniers se joindront aux 250 Palestiniens emprisonnés, dont 130 qui ont commencé le jeûne le
24 avril, après l’échec de leurs négociations avec l’administration pénitentiaire israélienne et les services du Shin Bet pour limiter la détention administrative.

130 autres les ont rejoints mercredi, y compris le prisonnier dirigeant du Fatah Marwan Barghouti et le président du Front de libération de la Palestine (FPLP), Ahmad Saadat, selon l’agence Maan.

Le député israélien Ibrahim Sarsur (Raam-Taal) a confirmé que les prisonniers allaient lancer une grève illimitée pour exiger d’Israël de cesser de renouveler les détentions administratives de ceux qui sont déjà en prison, de réexaminer le cas des détenus libérés de prison, et d’utiliser des informations classifiées pendant les procès, privant ainsi les avocats de l’accès à ces informations.

Sarsur, qui rend fréquemment visite aux détenus, explique qu’ils avaient soulevé la question auprès des autorités israéliennes en décembre dernier, mais sans grand succès.

« Nous parlons de prisonniers qui n’ont sans aucun doute aucun lien avec les actes de violence, tels que des parlementaires, des universitaires, des étudiants, des commerçants et autres », indique Sarsur au Times of Israel.

« Il n’y a aucune raison de les arrêter. Ces arrestations ont des motivations politiques, destinées à faire pression sur le côté palestinien et à embarrasser [Mahmoud Abbas]. »

La loi israélienne – basée sur la législation d’urgence du mandat britannique de 1945 – autorise la détention de suspects pour violations sécuritaires sans mise en accusation ni procès, souvent sans accès aux preuves utilisées contre eux.

Selon l’ONG israélienne B’Tselem, fin avril, on comptait 191 détenus administratifs dans les prisons israéliennes.

Cette grève de la faim générale de jeudi est aussi une protestation contre le traitement des grévistes par les autorités pénitencières, explique Sarsur.

Ils ont été placés en isolement, on leur a donné des vêtements de la prison (alors que les détenus administratifs en sont exemptés lorsqu’ils se trouvent dans leurs quartiers), et on leur a refusé l’accès aux médias ou à leurs familles.

Le parlementaire israélien note que ce traitement viole un accord signé entre les dirigeants des prisonniers palestiniens et les autorités israéliennes en 2012.

Le 15 mai, l’ONG israélienne Adalah pour les droits de l’Homme a envoyé une lettre au procureur général Yehuda Weinstein et au chef du Service pénitencier Aharon Franco, affirmant que les détenus palestiniens se sont vus refuser l’accès à leurs avocats depuis le début de leur grève de la faim en avril.

Un conseiller juridique de l’administration pénitentiaire a répondu à l’appel d’Adalah en affirmant qu’un manque de salles a créé un retard des visites des avocats des Palestiniens grévistes.

Toutefois, les autorités pénitencières ont été chargées de répondre positivement à toutes les demandes des avocats pour organiser ces visites.