Les procureurs militaires demanderont probablement une peine de 3 à 5 ans de prison à l’encontre d’un soldat des forces israéliennes reconnu coupable d’homicide. Elor Azaria avait ouvert le feu sur un terroriste palestinien blessé et désarmé dans une affaire qui a profondément divisé la nation, a fait savoir un reportage diffusé jeudi à la télévision.

Le 4 janvier, le Tribunal militaire de Jaffa a reconnu coupable d’homicide Elor Azaria, 20 ans, suite au tir mortel qui avait entraîné la mort d’un terroriste palestinien, Abdel Fattah al-Sharif, qui venait de mener une agression à l’arme blanche dans la ville cisjordanienne de Hébron.

Un soldat avait été blessé et un autre Palestinien avait trouvé la mort lors de cet incident controversé.

Cette condamnation a suscité un débat furieux en Israël, de nombreuses personnes estimant que le soldat n’avait fait que son devoir et déplorant que l’armée ait fait de lui un bouc émissaire. Des menaces avaient été proférées contre les juges militaires à l’énoncé du verdict.

Les avocats de la défense d’Azria ont indiqué qu’ils feraient appel.

Les procureurs de l’armée ont délibéré de façon intensive ces derniers jours pour tenter de s’accorder en amont de l’audience de mardi. Ils réclament une peine de prison de trois à cinq ans, a rapporté la Deuxième chaîne.

Un soldat israélien chargeant son arme avant de sembler tirer à la tête sur un assaillant palestinien au sol, apparemment désarmé, à la suite d'une attaque au couteau à Hébron, le 24 mars 2016. (Crédit : capture d'écran B'TSelem)

Un soldat israélien chargeant son arme avant de sembler tirer à la tête sur un assaillant palestinien au sol, apparemment désarmé, à la suite d’une attaque au couteau à Hébron, le 24 mars 2016. (Crédit : capture d’écran B’TSelem)

Le reportage a expliqué que les procureurs demanderaient plutôt trois ans d’emprisonnement en raison des circonstances.

La mère d’Azaria s’est effondrée en regardant le reportage diffusé sur la Deuxième chaine et il a fallu lui administrer un traitement médical à l’hôpital, selon des informations.

Le refus d’Azaria durant son procès de reconnaître ses torts ou de montrer des remords pour son acte devraient influencer les demandes du procureur. Son service irréprochable jusqu’à ce moment-là devrait également être pris en compte.

Azaria, arrivé sur la scène quinze minutes après l’agression à l’arme blanche, a déclaré qu’il avait ouvert le feu parce qu’il pensait que Sharif – qui bougeait légèrement – représentait encore une menace pour les forces de sécurité, car il était susceptible de porter une ceinture explosive.

Un groupe de trois juges a rejeté cette affirmation, soulignant des contradictions dans sa défense. Les magistrats ont évalué que le tir avait été plutôt motivé par un désir de vengeance.

Les avocats de la défense d'Elor Azaria, Ilan Katz, au centre, et Eyal Besserglick, à droite, s'adressent à la presse devant le tribunal de Tel Aviv, le 4 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les avocats de la défense d’Elor Azaria, Ilan Katz, au centre, et Eyal Besserglick, à droite, s’adressent à la presse devant le tribunal de Tel Aviv, le 4 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le reportage diffusé à la télévision a indiqué qu’il y avait eu des contacts entre les procureurs et l’équipe de la défense d’Azaria pour trouver un accord mais que les différends entre eux restaient importants et qu’il était improbable qu’ils soient résolus avant l’audience de la semaine prochaine.

De nombreux politiciens de droite, dont le Premier Ministre Benjamin Netanyahu, ont demandé la grâce d’Azaria, comme l’a fait également l’ancien leader du parti travailliste et parlementaire Shelly Yachimovich (Union sioniste).

Selon les termes de la loi, il y a deux manières d’obtenir une grâce dans le cas d’Azaria. Tous les condamnés – dont les soldats – peuvent réclamer la clémence du président, Reuven Rivlin.

Les militaires peuvent également recourir au chef d’état-major, Le lieutenant-général Gadi Eisenkot, qui dispose du pouvoir juridique d’accorder des grâces aux soldats en service actif.

Rivlin a expliqué qu’il réfléchirait à une grâce lorsque Azaria aurait épuisé toute possibilité d’appel judiciaire.