L’information de la découverte des corps d’Eyal Yifrach, Gil-ad Shaar et Naftali Fraenkel n’a surpris que peu d’Israéliens. Mais cela n’en reste pas moins bouleversant.

Le meurtre de sang-froid d’Israéliens lors d’actes de terrorisme a, horriblement, toujours été une réalité de la vie ici. Les souvenirs de la seconde Intifada, il y a une dizaine d’années – quand les terroristes suicides ont été déployés contre Israël dans une attaque terroriste stratégique visant à nous forcer à fuir notre pays – sont encore frais dans la mémoire de la plupart des Israéliens, même si ce fait reste largement oublié par le reste de la communauté internationale.

Presque tous les jours, un bus, un centre commercial, un supermarché explosaient, cinq, dix, vingt, trente innocents étaient enterrés dans des scènes de souffrance angoissante et déchirante, et la nation serrait les dents et se promettait, assez étonnamment rétrospectivement, de ne pas être brisée.

Mais cependant, le cas des adolescents enlevés était un peu différent ; il était encore plus largement percutant. Parce que, lundi après-midi, nous étions à 18 jours dans la recherche d’Eyal, Gil-ad et Naftali, et nous avions vu leurs visages, encore et encore, entendu leurs amis, étions familiers avec la façon dont leurs parents étaient aux prises avec ce cauchemar.

Et si nous savions que nous devions nous attendre au pire – le pressentiment initial confirmé par la révélation que l’un d’eux avait appelé la police de la voiture dans laquelle ils ont été enlevés, permettant à tous de faire la déduction élémentaire sur la façon dont les faits pourraient alors s’être déroulés – nous voulions désespérément avoir tort.

Les Israéliens ne sont pas parfaits, nos dirigeants ne sont pas parfaits, et non toutes leurs politiques ne sont toujours pas judicieuses. Mais au niveau le plus élémentaire, nos cœurs sont plus catégoriquement à la bonne place.

Plus fondamentalement encore, nous voulons vivre. Et nous voulons que ceux autour de nous vivent – ceux-ci qui ne se lèvent pas pour nous tuer.

De chaque côté, cependant, au Liban et en Syrie, et dans les pays, à l’Est, et parmi les Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza, nous sommes confrontés à de nombreuses personnes à qui on a appris à noyer leur propre humanité instinctive, à qui on enseigne que la vie sur cette terre a moins de valeur que de tuer et de mourir pour la cause d’une idéologie religieuse pervertie.

Il y a seulement huit mois, à Afula dans le nord d’Israël, un soldat israélien, Eden Atias de 18 ans, a été poignardé à mort par un Palestinien de 16 ans assis à côté de lui dans le bus. Atias dormait quand son agresseur a frappé.

Eden Atias (Crédit : Facebook)

Eden Atias (Crédit : Facebook)

Quel genre d’atmosphère toxique peut engendrer ce genre de cruauté impitoyable d’un garçon de 16 ans ? Le genre qui prévaut dans les maisons comme celle d’Amer Abu Aysha, l’un des deux assassins présumés de Yifrach, Shaar, et Fraenkel, dont la mère a déclaré à notre journaliste Avi Issacharoff il y a deux semaines que si son fils était responsable, elle serait fière de lui et espérait qu’il continuera à échapper à la justice.

La deuxième Intifada a mis en évidence la foi remarquable et emblématique – unique – résilience des Israéliens face au terrorisme.

La construction de la barrière de sécurité, le renforcement des capacités de renseignement d’Israël, les activités incessantes des forces de sécurité lors d’innombrables enlèvements frustrants et d’autres complots terroristes – tout cela souligne la capacité d’Israël à répondre efficacement aux menaces qui nous guettent.

Nous devons maintenir à la fois la résilience et le pragmatisme dans nos réponses – prendre des mesures qui dissuadent d’attaquer à nouveau, d’agir d’une manière qui marginalise les extrémistes vicieux, et évite d’aliéner ceux qui ne nous veulent pas de mal.

Remarquablement, nous pouvons prendre exemple sur les parents des adolescents assassinés, qui ont montré une telle force, une telle sensibilité et une préoccupation pour le reste d’Israël depuis cette nuit fatidique du 12 juin.

J’ai été un témoin direct de cela jeudi dernier, quand je me suis assis face à Rachel Fraenkel, et elle m’a dit, parmi une série de remarques extraordinaires :« Je prie de tout mon cœur. Cela pourrait aider. Je crois que cela pourrait aider, en particulier lorsque des milliers et des millions sont en train de prier. Ils le font. Mais personne ne me doit rien. Et si demain, que Dieu m’en préserve, j’entends la pire des nouvelles, je ne veux pas que mes enfants se demandent où sont allées toutes mes prières ? »

Chacune des familles, à sa manière, a exhorté les Israéliens à rester unis et forts, a salué notre solidarité, nous a remercié pour nos espoirs et nos prières.

Ils ont refusé d’être contaminés par l’inhumanité qui leur a enlevé leurs enfants bien-aimés. Nos pensées sont avec eux.