Israël pourrait bientôt avoir un Premier ministre russophone, a révélé dimanche le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman, lui-même russophone, à New York.

Liberman s’adressait à un public juif, pour la plupart russophone, dans une synagogue dans le quartier de Brighton Beach à Brooklyn. Il y a loué les opportunités ouvertes aux immigrants de l’ancienne Union soviétique, a indiqué lundi le quotidien Haaretz.

« Il n’y a qu’en Israël que des personnes comme le [président de la Knesset et] député Yuli Edelstein ou le président de l’Agence juive Natan Sharansky peuvent atteindre des postes si élevés, » a souligné Liberman devant son public. « Il n’y a qu’en Israël qu’un jeune immigré russe peut arriver et devenir ministre des Affaires étrangères 20 ans plus tard, » a-t-il ajouté, faisant référence à sa propre carrière.

« Un jour, nous aurons un ministre de la Défense russophone, un président russophone, et nous aurons peut-être bientôt un Premier ministre russophone, » a affirmé Liberman, lui-même arrivé en Israël de Moldavie en 1979.

L’événement s’est déroulé au centre communautaire juif de Brighton Beach. Il était organisé par le Russian American Jewish Experience, le Forum américain des Juifs russes, le Conseil des organisations de la communauté des Juifs immigrés, la Fondation russo-américaine et l’Organisation sioniste mondiale.

Selon le quotidien israélien, Liberman a été chaleureusement accueilli par le public.

« Après toutes les présentations à New York et plus tard à Washington, la meilleure est toujours ici à Brooklyn, à Brighton Beach, avec mes compatriotes, » aurait-il déclaré. « Votre soutien, malgré l’océan qui nous sépare, nous est très cher en Israël. »

Le ministre a refusé de prendre partie dans la crise actuelle entre la Russie et l’Ukraine. Il a cependant souligné qu’ « Israël a d’excellentes relations avec la Russie, l’Ukraine et les États-Unis, et que son inquiétude principale est la sécurité de la communauté juive là-bas. Nous faisons actuellement des efforts silencieux afin de garder la communauté juive en sécurité et hors du combat. »

Liberman a commenté sur les négociations de paix avec les Palestiniens, actuellement interrompues.

« Le problème n’est pas que nous ne voulons pas la paix, » aurait-il dit. « Le problème vient des dirigeants arabes qui continuent de s’opposer à la paix et d’encourager la haine d’Israël et  au sein de leur peuple. Le problème des Palestiniens est artificiel, d’origine humaine, un problème créé par les dirigeants arabes. Nous sommes prêts pour la paix, mais sommes encore plus prêts à protéger nos frontières et notre droit d’exister. »

Il a conclu son discours en appelant à « une alyah de masse dans un futur proche, » prédiction qu’il répète depuis plusieurs semaines, non sans attirer les critiques.