L’Iran est la source de la grande majorité des préoccupations sécuritaires d’Israël, a déclaré lundi le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant un évènement rendant hommage aux victimes d’un attentat terroriste de 1992 contre Israël en Argentine, sponsorisé par l’Iran.

« L’Iran est le plus grand générateur de terrorisme au monde, et nous devons combattre ce terrorisme car il n’est que l’une des branches de l’agression iranienne, qui cherche aussi [à obtenir] des armes nucléaires et à développer son programme de missiles balistiques », a-t-il déclaré au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem.

Téhéran continue à déstabiliser la région et à menacer Israël d’annihilation, a-t-il poursuivi. « L’un de nos responsables militaires estime que plus de 80 % de nos problèmes sécuritaires proviennent de l’Iran. »

Le 17 mars 1992, un attentat suicide a tué 39 personnes et en a blessé des centaines devant l’ambassade israélienne de Buenos Aires. Cet attentat reste l’attaque la plus meurtrière contre une représentation diplomatique israélienne. Un groupe lié à l’Iran et au Hezbollah, groupe terroriste libanais, avait revendiqué l’attentat.

La place Embajada de Israel de Buenos Aires, où se situait l'ancienne ambassade d'Israël en Argentine. (Crédit : Ilan Ben Zion/Times of Israël)

La place Embajada de Israel de Buenos Aires, où se situait l’ancienne ambassade d’Israël en Argentine. (Crédit : Ilan Ben Zion/Times of Israël)

Pendant la cérémonie de commémoration, Netanyahu, qui est aussi ministre des Affaires étrangères, a déclaré que Jérusalem a immédiatement su que Téhéran était responsable de l’attaque.

« L’Iran l’a initié, l’Iran l’a prévu, et l’Iran, via son sbire, le Hezbollah, l’a aussi exécuté. »

La place Embajada de Israel de Buenos Aires, où se situait l'ancienne ambassade d'Israël en Argentine. (Crédit : Ilan Ben Zion/Times of Israël)

La place Embajada de Israel de Buenos Aires, où se situait l’ancienne ambassade d’Israël en Argentine. (Crédit : Ilan Ben Zion/Times of Israël)

Deux ans après, un autre attentat sponsorisé par l’Iran a eu lieu en Argentine. Une bombe avait été placée dans le centre communautaire juif AMIA, et a tué 85 personnes et en a blessé des centaines, a déclaré le Premier ministre.

« Nous avions alors mis en garde contre le monstre croissant du terrorisme, sponsorisé par l’Iran, qui envoie ses métastases dans le monde entier, et est toujours là, a-t-il déclaré. Depuis l’attentat en Argentine, l’Iran et son proxy, le Hezbollah, ont créé un réseau de terrorisme. »

Un homme marche dans les décombres après l'explosion d'une bombe à l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA) à Buenos Aires, le 18 Juillet 1994, tuant 85 personnes et en blessant environ 300 autres. (Crédit : Ali Burafi/AFP)

Un homme marche dans les décombres après l’explosion d’une bombe à l’Association mutuelle israélite argentine (AMIA) à Buenos Aires, le 18 Juillet 1994, tuant 85 personnes et en blessant environ 300 autres. (Crédit : Ali Burafi/AFP)

Devant une salle remplie de diplomates, de dignitaires et de membres des familles des Israéliens tués, Netanyahu a déclaré que les représentations diplomatiques israéliennes étaient constamment menacées. Israël contrecarre tout le temps des attentats prévus, a-t-il déclaré, promettant de ne pas être dissuadé par les efforts de l’Iran pour nuire aux Israéliens déployés dans le monde entier.

« Depuis l’attentat terroriste en Argentine, Israël est devenu bien plus fort. Nous nous opposerons avec force à l’armement du Hezbollah et aux armes dangereuses. Nos lignes rouges sont épaisses et claires, et nous n’hésiterons pas à agir pour les faire respecter », a-t-il déclaré, faisant probablement référence aux raids aériens contre les convois d’armes livrant des armes pouvant changer les règles du jeu de l’Iran au Hezbollah en passant par la Syrie.

Le centre communautaire de l'AMIA à Buenos Aires, reconstruit après l'attentat de 1994. (Crédit : Ilan Ben Zion/Times of Israël)

Le centre communautaire de l’AMIA à Buenos Aires, reconstruit après l’attentat de 1994. (Crédit : Ilan Ben Zion/Times of Israël)

Netanyahu doit se rendre jeudi à Moscou pour discuter du rôle de l’Iran dans une Syrie post guerre civile avec le président russe Vladimir Poutine.

« La Syrie et l’effort pour formuler un accord seront au centre de notre conversation », avait déclaré Netanyahu dimanche pendant la réunion hebdomadaire du cabinet. « Dans le cadre de cet accord, ou sans lui, l’Iran tente de s’établir de manière permanente en Syrie, avec une présence militaire au sol et dans les mers, et également par une tentative graduelle d’ouvrir un front contre nous sur le plateau du Golan. »

Le Premier ministre a promis de transmettre à Poutine « l’opposition ferme et vigoureuse » d’Israël à ce scénario. « J’espère que nous pourrons atteindre certains accords afin de réduire une possible friction entre nos forces et les leurs, comme nous avons réussi à le faire jusqu’à présent. »