Un groupe de l’opposition iranienne en exil a fait état mardi à Washington de ce qu’il présente comme un site d’enrichissement d’uranium « secret et illégal » du régime de Téhéran, en violation des négociations en cours avec les grandes puissances.

« Bien que le régime iranien affirme que toutes ses activités d’enrichissement sont transparentes et sous contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), il mène en fait des activités de recherche et de développement au moyen de centrifugeuses perfectionnées dans un site nucléaire secret appelé Lavizan-3, sur une base militaire de la banlieue nord-est de Téhéran », a affirmé lors d’une conférence de presse l’antenne américaine du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI).

Le directeur adjoint pour les Etats-Unis, Alireza Jafarzadeh, a longuement présenté des images satellites tirées de Google Maps et « des renseignements obtenus auprès de sources haut placées au sein du régime iranien et de ceux impliqués dans des projets d’armes nucléaires ».

D’après les opposants iraniens, le site de « Lavizan-3 », composé d’un tunnel et de laboratoires souterrains, a été construit entre 2004 et 2008. « Depuis 2008, le régime y a conduit en secret des activités de recherche et d’enrichissement d’uranium », a dit Jafarzadeh.

« Ces renseignements sur ses activités nucléaires montrent qu’il n’a cessé de mentir depuis plus d’une décennie », a accusé la représentante du CNRI aux Etats-Unis, Soona Samsami.

Groupe historique d’opposants iraniens — considérés comme « terroristes » par l’UE jusqu’en 2008 et par les Etats-Unis jusqu’en 2012 — les Moudjahidines du peuple (MEK) forment la principale composante du CNRI.

Depuis que les négociations entre l’Iran et les grandes puissances ont démarré en 2003, le MEK affirme régulièrement révéler l’existence d’infrastructures secrètes où la République islamique poursuivrait l’enrichissement d’uranium dans le cadre d’un programme militaire.

L’Iran et les grandes puissances tentent de s’entendre sur un règlement d’ici au 31 mars qui autoriserait Téhéran à réaliser certaines activités nucléaires civiles mais qui l’empêcherait de se doter de la bombe atomique. En échange, il obtiendrait une levée des sanctions internationales.

La phase la plus cruciale des négociations a redémarré il y a 18 mois entre le groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne) et l’Iran qui ont scellé un accord provisoire (Joint plan of action, JPOA) en novembre 2013.

« Ce que vous avez vu aujourd’hui est une violation évidente du Traité de non prolifération, du Conseil de sécurité de l’ONU et du JPOA », a dénoncé Jafarzadeh, jugeant « insensé de poursuivre les négociations ».