Des milliers de manifestants ont défilé samedi après-midi dans plusieurs villes françaises, dont à Paris, aux cris de « Israël assassin, Hollande complice »: dénonçant l’offensive israélienne à Gaza et la position du gouvernement français.

« On est là pour dire notre soutien total à la résistance palestinienne et dénoncer ce gouvernement de la honte, aligné sur la position d’Israël », a déclaré à Paris Omar Alsoumi, l’un des responsables du Palestinian youth movement (PYM).

Dans la foule, encadrée par un important service d’ordre interne, des personnalités comme l’humoriste Guy Bedos ou le trotskyste historique Alain Krivine, mais aussi une multitude d’anonymes.

Amar, 60 ans, a dit soutenir « de tout cœur le peuple palestinien et la politique du Hamas qui combat d’une manière régulière et ne s’attaque pas au faible comme le fait Tsahal (l’armée israélienne) ». Pour lui, la position de la France est « catastrophique ». « Je suis français et je n’ai jamais été déçu de la France comme cette fois-ci ».

A quelques mètres de lui, un groupe agitait un drapeau palestinien long de plusieurs mètres, en criant « Nous sommes tous des Palestiniens ».

Dans le cortège parisien flottaient les drapeaux d’Europe Ecologie les Verts, du parti communiste, du Nouveau parti anticapitaliste, de la Confédération générale du travail et de nombreuses associations qui soutiennent le peuple palestinien, comme le Parti des Indigènes de la République.

« Je suis mère de quatre enfants et je suis désolée, ce que je vois a la télé le soir à 20H00, ce n’est pas possible. C’est un crime contre l’humanité », s’est exclamée à Paris Latifa Aiad, membre de l’association France-Palestine de Mitry-Mory (en région parisienne).

« Quand je vois que Hollande dit : ‘ne nous mêlons pas de querelles qui se passent loin de chez nous’. Je veux lui dire : ‘en 2017, tu ne passeras pas' », a-t-elle dit.

« Tous les jours, il y a cinquante morts de plus. Je ne peux même plus regarder la télévision, je ne supporte plus », a renchéri Eliane Sandoz, la soixantaine.

« Selon nos informations, 54 manifestants ont ensuite été interpellés à la sortie du métro Saint-Paul (Paris, IVe). Selon une source policière, elles voulaient se rendre rue des Rosiers, artère emblématique du quartier juif de Paris. Les forces de l’ordre, présentes sur place, les en ont empêchées. » a rapporté Le Parisien.

A Lyon (centre-est), une manifestation similaire a rassemblé 2 000 personnes selon les organisateurs, 1 600 selon la préfecture.

Des manifestants tenaient dans leurs mains des pancartes avec le nom de jeunes victimes tuées dans les combats à Gaza.

C’est la huitième fois depuis le début de l’offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza que les soutiens à la cause palestinienne se réunissent à Lyon.

A Lille (nord), ils étaient entre 700 et 3 000 à défiler aux cris de « Gaza assiégée, l’Europe doit bouger ». Un grand drapeau palestinien, tenu par une vingtaine de manifestants, fermait la marche.

Le 23 juillet, près de 15 000 personnes, selon la police, avaient défilé dans le calme à Paris, déjà à l’appel du collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, qui réunit une cinquantaine d’associations, partis et syndicats.

A Paris, samedi dernier, une autre manifestation propalestinienne avait été interdite. Plusieurs milliers de personnes s’étaient néanmoins rendues place de la République, occasionnant des heurts limités avec les forces de l’ordre.

L’offensive israélienne à Gaza a déjà coûté la vie à plus de 1.600 Palestiniens, en grande majorité civils, ainsi qu’à 63 soldats israéliens.