NEW YORK — Si l’on est jeune et célibataire, il n’est pas difficile de trouver des dîners de Shabbat dans les métropoles américaines avec l’objectif affiché d’assurer la continuité du peuple juif.

Des alternatives moins compliquées existent, comme le très tendance Shabbat Pop-Up, un événement bi-mensuel à Brooklyn qui propose des diners non casher à 100 dollars le plat.

L’année dernière, le rabbin en chef d’Afrique du Sud Warren Goldstein a chargé les juifs d’Afrique du Sud de respecter le Shabbat pendant une fin de semaine prédéfinie. Selon l’équipe de son Projet Shabbos, la majorité des Juifs d’Afrique du Sud a participé.

Pour « rendre cela faisable » à ceux qui ne savent pas comment observer le Shabbat d’un point de vue halachique, la femme de Goldstein, Gina, a rédigé un guide d’observation de Shabbat (d’un point de vue orthodoxe). Le Shabbat commun en Afrique du Sud a commencé jeudi soir avec les femmes qui ont préparé ensemble le pain traditionnel challah dans une « boulangerie challah » et s’est conclu avec un grand concert Havdallah en extérieur.

Cette année, le projet Shabbos est de retour et il se développe énormément.

Après avoir reçu des demandes de communautés du monde entier, le renouvellement du projet du 24 octobre 2014 a attiré 460 villes dans 64 pays avec plus de 1 700 partenaires.

Il dispose de son propre hashtag #KeepingItTogether (Observons ensemble Shabbat) et a reçu le soutien des célébrités Mayim Bialik et Paula Abdul qui ont toutes les deux déclaré qu’elles allaient y participer.

Considéré comme étant un projet d’unité juif, la plus grande réussite de l’équipe du Projet Shabbos a probablement été d’en faire quelque chose de plus qu’une fin de semaine d’auto-félicitation pour ceux qui observent déjà le Shabbat ou un effort massif de kirouv (rapprochement). Les synagogues de tout le monde et de tous les courants encouragent leurs congrégations à participer.

Les organisateurs du Projet Shabbos espèrent que les participants respecteront en intégralité toutes les prescriptions de Shabbat. Leur guide très complet inclut un niveau de détails qui pourrait rendre perplexes des Juifs plus laïcs, comme par exemple utiliser de tissus plutôt que du papier toilette ou d’utiliser uniquement des lampes conformes au Shabbat.

Les personnes de Start-Up Nation se mettent à Shabbat

Une approche plus populaire a été choisie par les personnes de Start-Up Shabbat qui espèrent attirer les jeunes Juifs entre 20 et 30 ans difficilement atteignables.

Start-Up Shabbat, qui est toujours dans sa « phase beta », fournit un soutien financier et spirituel aux invités choisis qui ont pour mission d’inviter 8 à 10 amis pour un dîner de Shabbat. Cela se rapproche de Birthright Next, l’organisation des anciens participants au voyage en Israël Taglit, qui soutient également des dîners de Shabbat.

Financés par le fondation Steinhardt et la fondation Singer, les invités, qui sont appelés des « Créateurs de Shabbat », reçoivent de quoi payer le repas et Judaica. Ils sont aussi aidés par le rabbin. Les dîners peuvent avoir lieu à la maison du « Créateur de Shabbat » ou dans un restaurant.

Les éléments d’introduction contiennent des messages d’encouragement comme : « Vous ne le faites pas seul. Nous sommes là pour vous accompagner dans tout le processus, des invités au décor en passant par les thèmes et même l’étiquette ».

Selon la directrice en chef Aliza Kline, « le but est de faire passer les gens de ‘je ne pensais pas que je pourrais accueillir un dîner de Shabbat’ à ‘je peux’ et de transformer la célébration de Shabbat en une pratique courante.

Start-Up Shabbat essaie d’encourager une génération de jeunes adultes qui n’observent probablement pas le judaïsme comme leurs parents le font et qui n’observent pas encore Shabbat régulièrement.

L’organisation n’est pas liée au modèle orthodoxe de Shabbat et aimerait voir des diners divers avoir lieu. Elle a déjà mis en place un partenariat avec la communauté des anciens participants de Birthright et de Hebro, une organisation pour les Juifs gays, pour recruter des participants.

Malheureusement, cette politique de laissez-faire pourrait conduire à l’organisation de dîners vidés de toute substance et de tout lien avec le Shabbat, si ce n’est le fait que cela a lieu le vendredi soir.

Le Times of Israel a participé à un dîner au cours duquel aucune bénédiction n’a été prononcée, et il n’y a avait pas de challah ni de vin. Alors que Shabbat est le « jour de repos », l’invité préparait une pizza bien après le début de Shabbat. (Tout cela n’a semblé déranger aucun invité, et tous étaient contents d’avoir été invités à cette soirée).

Si l’idée de Shabbat semble quelque chose de trop complexe, les Juifs peuvent essayer plus lentement en participant à la Journée nationale annuelle de la déconnexion (peu importe ce que vous pensez de la polémique de l’app Shabbos).

A travers ses 10 principes comme Parle à tes proches, Sors, Ne fais pas d’affaires et Bois du vin, c’est l’occasion de faire une pause, de mettre son téléphone dans un sac de couchage et de passer un Shabbat sans technologie.

Cette année, le jour officiel aura lieu le 6-7 mars 2015, mais, bien sûr, on peut se déconnecter à chaque Shabbat de l’année.