Le Times of Israel a publié le mois dernier une enquête sur l’industrie du forex et des options binaires en Israël, révélant que la majorité de l’industrie est frauduleuse, vaste et continue de s’épanouir.

Dans le meilleur scénario, les compagnies proposent un pari déguisé en investissement, et dans de nombreux cas, une fois que le client a déposé de l’argent, il ne le reverra simplement jamais. Dans la vaste majorité des entreprises, la perte du client correspond au gain de la compagnie. Impliquant plus d’une centaine d’entreprises et plusieurs milliers d’employés, on estime que l’industrie brasse des centaines de millions de dollars par an, – au minimum.

Comme un ancien agent de rétention au sein d’une grande firme d’options binaires de Ramat Gan régulée à Chypre l’a déclaré la semaine dernière au Times of Israel, « 85 % de nos clients perdent tout, 9 % réussissent à retirer les 50 ou 100 derniers euros de leur dépôt initial, et 1 % gagne en fait quelque chose ». Et dans les très rares occasions où un client gagne plus d’une fois, a-t-il déclaré, « la compagnie leur dit de prendre leur argent et d’aller se faire f*utre. »

Avec des centaines de milliers, potentiellement des millions, de victimes dans le monde entier pendant la dizaine d’années où il a pris des proportions horrifiantes, pourquoi ce modèle commercial corrompu, qui a germé en marge du secteur high-tech israélien, a-t-il été autorisé à prospérer ? Pourquoi les régulateurs israéliens ne l’ont-ils pas fermé ? Pourquoi les politiciens israéliens n’ont-ils pas demandé qu’ils le fassent ? En d’autres termes, pourquoi Israël a-t-il fermé les yeux quand des ‘artistes escrocs’ israéliens arnaquent de potentiels investisseurs dans le monde entier ?

En réalité, il y a eu quelques tentatives à la Knesset de mettre un terme aux arnaques du forex et des options binaires. Mais toutes, selon nos sources, ont été entravées par des lobbyistes qui ont réussi à persuader les députés et les régulateurs que l’industrie était légitime.

Einat Wilf, ancienne députée du parti Travailliste et de l’éphémère parti de l’Indépendance d’Ehud Barak a avancé en 2011 une proposition de loi qui aurait déclaré que toute l’industrie du « forex », qui rapportait même à cette époque des revenus estimés à des centaines de millions de dollars américains par an, était une forme de pari illégal.

« Les compagnies de forex vendent des services de pari déguisés en investissement », avait écrit Wilf dans une lettre au superviseur des banques de l’époque, Dudu Zaken, qu’elle a montrée au Times of Israel la semaine dernière.

« Les clients sont leurrés par de fausses promesses de profits, et pourtant, au final, chacun a perdu tout son investissement dans les frais élevés facturés par la ‘maison’. Les pertes atteignent souvent des sommes astronomiques et finissent même par détruire des familles. »

David Zaken, superviseur des banques, pendant une réunion de la commission des finances de la Knesset le 25 juin 2013. (Crédit : Flash90)

David Zaken, superviseur des banques, pendant une réunion de la commission des finances de la Knesset le 25 juin 2013. (Crédit : Flash90)

En fait, affirmait Wilf à l’époque, « ces compagnies sont pire que les sites de paris en ligne parce qu’elles donnent une fausse image d’elles-mêmes de firmes financières légitimes, entraînant donc des personnes ordinaires qui seraient normalement restées éloignées du pari à baisser la garde et à placer des sommes d’argent astronomiques. »

Wilf a rappelé que les régulateurs de l’Autorité des titres israéliennes (ATI) étaient choqués par ses affirmations, et réticents à les croire.

« Mon opinion était considérée comme très extrême, sortie de nulle part. L’ATI pensait que les compagnies de forex étaient quelque part légitimes et avait le sentiment qu’elles avaient juste besoin d’une meilleure régulation. Leur point de vue était d’essayer de travailler avec les compagnies », s’est rappelé Wilf.

Pour représenter l’industrie du forex et des options binaires pendant les discussions à la commission des Finances, là où elle pensait faire avancer sa proposition de loi, se trouvaient des représentants de deux entreprises de forex, Ava et GoForex, et l’association Israël Trading Arena, ainsi que de nombreux lobbyistes.

Wilf a déclaré que l’un des arguments principaux de l’industrie était qu’il y avait à la fois des industries frauduleuses et légitimes, et que les acteurs légitimes accueillaient la régulation afin d’exclure les mauvais joueurs.

« Tout leur positionnement était ‘oui, la régulation est bonne. Il y a une partie légitime dans l’industrie et une partie qui arnaque, et la régulation aidera à exclure les vrais escrocs. Mais la régulation doit être précisément ajustée pour ne pas nuire aux transactions légitimes du forex’. »

Mais Wilf n’a pas accepté cet argument parce qu’elle sentait que les prémisses entières de l’industrie du forex en ligne en Israël étaient de leurrer et de manipuler des cibles, qui ne se doutaient de rien, à parier.

« Il n’y avait pas de bon et de mauvais », a déclaré Wilf, qui détient un MBA de l’INSEAD, en France, et a travaillé à la fois dans le capital risque et comme consultante pour McKinsey. « Ils sont tous mauvais. Ce sont tous des escrocs. »

Elle a déclaré que l’Autorité des titres israélienne et d’autres députés avaient vu ses inquiétudes comme étranges et éloignées des préoccupations moyennes, et s’étaient montrés incapables de saisir la complexité cynique de l’opération d’arnaque.

« Cela nécessite vraiment beaucoup de connaissances et de compréhension de la fraude et de la finance pour comprendre l’étendue de l’arnaque, a-t-elle rappelé. Très peu de gens en disposent. L’ATI voulait souligner des choses comme la déclaration correcte, la stabilité, l’absence de conflit d’intérêts. Et nous continuions à dire que tout ça c’était des c*nneries. Nous ne voulons pas réguler. »

Vouliez-vous fermer toute l’industrie ? « Arriver à un résultat qui soit le plus proche possible de cela. »

The Big Short (autorisation)

The Big Short (autorisation)

« Nous voulions les mettre hors-la-loi dans le cadre de la loi existante contre le pari. Les régulateurs voulaient les laisser comme quelque chose [à réguler], comme un produit financier. Il était difficile de le faire comprendre que c’était criminel. » Wilf a demandé : « Avez-vous vu ce film, The Big Short ? »

Une brève histoire des options binaires et du forex

Roey S., ancien de la high-tech avec une connaissance de l’industrie du forex, a déclaré qu’à l’origine, avant l’avènement d’internet, le terme forex faisait simplement référence à l’achat et à la vente de devises.

« J’achète des dollars et un mois plus tard je les vends. C’est un type de contrat qu’on dit ‘à terme’ et il est vendu sur les marchés d’échanges et dans les banques. »

Roey a expliqué que traditionnellement, le commerce du forex était un moyen complètement légitime pour les banques ou les grandes entreprises de gérer leurs risques. Mais vers les années 2005 ou 2006, a-t-il dit, un groupe de plate-formes de forex en ligne a commencé à germer en Israël, proposant des transactions de forex à des personnes privées.

Bird's eye view of the diamond center in Ramat Gan (Photo credit: Maya Levin/Flash90)

Le centre de Ramat Gan (Crédit : Maya Levin/Flash90)

« Les banques ne vendent pas d’options sur les devises étrangères aux clients ordinaires. C’est quelque chose où si vous êtes PDG d’une entreprise et vous savez que cette année vous avez un revenu de 10 millions de dollars et des dépenses de 30 millions de shekels, alors vous achetez à terme pour 10 millions de dollars. »

Roey a déclaré que ce que les négociants en forex au détail – ceux qui ont commencé à proposer des transactions aux clients individuels – ont fait à l’époque a été de proposer un levier, donc si vous placiez 100 dollars, vous pouviez acheter 100 fois cela, soit 10 000 dollars, dans une sorte d’argent fictif pour les besoins de la transaction. Si le dollar baissait de 1 %, même pour une fraction de seconde, vous perdez. La compagnie vend votre position à perte et la clôture.

Mais, si le dollar augmente de 1 %, vous doublez votre mise. Le problème principal, a dit Roey, est les frais que la compagnie facture. Beaucoup diront au client qu’elles facturent, par exemple, 0,1 % par transaction. « Mais après le levier, si vous le multipliez par 100, les frais sont en fait de 10 % de votre argent. Si vous placez 1 000 dollars, vous êtes facturés de 100 dollars de frais dès le début, donc il vous reste 900 dollars. »

Roey a déclaré que les compagnies de forex israéliennes encourageant souvent leurs clients à faire des transactions à court terme, à prendre des positions sur un jour ou une semaine. Parce que seule une poigne de génies financiers est capable de prédire le mouvement des devises, les chances d’une personne d’avoir raison ne sont pas meilleures que le hasard, a-t-il noté. « Après 10 transactions, vous avez perdu tout votre argent. Avec des frais de 10 % par transaction, votre argent est voué à disparaître, il n’y a pas grand-chose que vous puissiez faire. »

Selon Roey, les Israéliens n’ont pas inventé le forex au détail. Mais vers 2005 – 2006, ils ont commencé à le vendre très agressivement aux clients en Israël et à l’étranger.

« Ils utilisaient des techniques de vente très agressives, ciblaient des personnes pauvres et des personnes qui n’avaient aucune idée de ce qu’elles faisaient. C’est pire que le pari parce que les gens ne comprennent pas qu’elles parient. Ils pensent que c’est un investissement, avec des frais faibles. Ils pensent que tout cela est sensé, mais ils découvrent après quelques mois que leur argent a tout simplement disparu.

Les membres de la Commission des finances de la Knesset approuvent le projet de dissolution lundi 8 décembre (Crédit : Bureau du porte-parole de la Knesset)

Les membres de la Commission des finances de la Knesset approuvent le projet de dissolution lundi 8 décembre (Crédit : Bureau du porte-parole de la Knesset)

Roey a déclaré que, quand elles ont été initialement confrontées aux régulateurs des titres israéliens, les compagnies de forex ont défendu leurs opérations en disant que toute interférence gouvernementale pourrait perturber le commerce légitime du forex, le genre fait par les banques et les grandes compagnies. Mais il est très rare qu’une personne privée ait une utilisation légitime quelconque pour des devises étrangères à terme, a-t-il dit – peut-être dans un cas où une personne paie son loyer en dollars mais gagne de l’argent en shekels.

« Les compagnies de forex pointeront la personne sur 1 000 qui pourrait utiliser le forex pour se protéger des risques de son contrat de location. Ils utilisent cette excuse pour le vendre aux 99,9 autres pourcent. »

Roey a résumé : « Ils trouvent les personnes les plus faibles au monde, et leur vendent des illusions, leur disent qu’ils peuvent faire des bénéfices de 100 %. J’ai rencontré une femme qui était fière que les personnes du Darfour fassent du forex avec elle. Certains clients placent leur dernier argent là-dessus dans l’espoir de sortir de la pauvreté. »

Options binaires

Contrairement au forex au détail, a dit Roey, les options binaires sont peut-être une invention israélienne, au moins dans la façon dans elles sont proposées par les plate-formes de transactions en ligne ici.

« Avec le temps, les compagnies ont essayé de trouver de plus en plus de choses qui intéresseraient les gens. Il n’y a rien de spécial à propos des devises. Vous pouvez parier sur tout. Alors certaines compagnies ont commencé à vendre [des contrats] à terme sur le pétrole et l’or avec le même levier x100 – ce qui vous montre simplement comme cela à peu à voir avoir la gestion ou la couverture de risque. »

Roey a dit que les compagnies de forex avaient rencontré deux problèmes. D’abord, « toute l’idée de levier et de fractions de point de pourcentage a troublé les gens. Cela a entraîné beaucoup de plaintes. »

Au contraire, les options binaires, a-t-il déclaré, était une version simplifiée, plus facile à comprendre ce qui est essentiellement le même schéma. « Si le prix monte, vous gagnez ceci ; s’il descend ; vous perdez ceci. »

Ensuite, pour gagner plus d’argent et économiser sur les coûts du travail, les compagnies de forex étaient désireuses de pousser les clients vers des cycles de transactions plus courts.

« Plus le cycle de pari est court, plus vite vous prenez tout l’argent de la victime. Avec le forex, les personnes pouvaient prendre des positions qui duraient une semaine ou un mois. Avec le temps, ils sont devenus accrocs et ont commencé à prendre des positions sur deux jours. Mais les options binaires étaient plus rapides. »

Roey a déclaré qu’il avait d’abord commencé les options binaires en Israël autour de 2010. Quand on lui demande s’il connaît des compagnies d’options binaires qui fixent les résultats de la transaction, comme décrit au Times of Israël par de nombreux employés de l’industrie, Roey a répondu : « je ne suis pas au courant de compagnies qui faussent les résultats du pari. C’est inutile. C’est une machine à cash très efficace, même si les chances sont de 50 – 50. »

Pari ou pas ?

Le 14 novembre 2011, la commission des Finances de la Knesset a débattu de la proposition de loi de Wilf, et la discussion s’est rapidement concentrée sur la question de savoir si le forex devait être défini comme du pari ou pas.

« Il y a une différence entre la spéculation et le pari », est intervenu le député d’alors, Zevulun Orlev, du Parti national religieux [Mafdal]. « Avec la spéculation, une personne pense qu’elle arrivera au résultat qu’elle souhaite. »

« Beaucoup de parieurs pensent la même chose », a répondu Wilf.

« Non, la définition du pari est que vous entrez dedans et vous n’avez aucune idée de ce que le résultat sera. »

« Dans le forex, l’investisseur privé n’a aucun moyen de connaître le résultat », a répliqué Wilf.

« C’est subjectif », a dit Orlev.

« Non, il est objectif que les retours attendus pour un investisseur privé dans le forex sont de zéro. »

MK Zevulun Orlev (photo credit: Miriam Alster/FLASH90)

Zevulun Orlev (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Pourquoi cela était-il important ? Le Times of Israel a parlé avec un trader professionnel et lui a demandé ce qui était et n’était pas frauduleux dans le monde financier légitime. Le marché d’échanges tout entier n’est-il pas un peu un pari ?

« Si une compagnie trouve un moyen de faire perdre un client de manière fiable, comme modèle commercial, je ne peux pas comprendre que cela soit autre chose que tromper le client », a-t-il déclaré.

Mais le 24 avril 2012, Wilf a reçu une lettre du superviseur des activités bancaires de la Banque d’Israël, Dudu Zaken.

« Nous partageons vos préoccupations sur l’utilisation des marchés d’échange du forex pour le pari, et à propos de la conduite malhonnête de certains des acteurs du marché. Cependant, nous ne pensons pas que cette activité devrait être [re-classifiée comme du pari].

La lettre de Zaken continue en disant que la Banque d’Israël pense que la régulation devrait être utilisée pour maîtriser les pratiques des acteurs non légitimes du domaine, et que les compagnies devraient obtenir des licences de l’Autorité des titres israéliennes.

Les options binaires sont-elles le seul problème ?

Dimanche 3 avril, une porte-parole de l’Autorité des titres israéliennes a déclaré que l’ATI mettait en place des mesures pour empêcher les compagnies de transactions en ligne israéliennes de proposer des options binaires aux clients en Israël.

Itzik Shurki, de l’ATI, avait déclaré le mois dernier que « pour les options binaires, nous avons déjà informé les compagnies que notre intention était de ne probablement pas approuver ce produit. Ses bases sont problématiques. Parce qu’au final – je ne veux pas utiliser le mot ‘pari’ parce que c’est un produit financier – mais dans la façon dont il est proposé et dans une courte période de temps, et avec toute sa complexité, à notre avis il se rapproche plus d’un jeu de devinettes qui d’un produit financier dont vous pouvez évaluer la valeur. »

Itzik Shurki, de l'Autorité des titres israélienne. (Crédit : autorisation)

Itzik Shurki, de l’Autorité des titres israélienne. (Crédit : autorisation)

L’ATI a également promis une régulation plus fine d’autres instruments financiers, comme le forex au détail et les contrats de différence (CFD). Mais ces « transactions » ne seront pas illégales – même si elles sont utilisées dans des schémas où les compagnies jouent le rôle de la « maison » et ont arrangé la transaction pour ne pas pouvoir perdre.

Encore pire, la prohibition et la régulation plus fine promise ne s’appliqueront pas aux clients non Israéliens – qui sont la majorité écrasante des victimes de l’arnaque.

Pendant l’écriture de cet article, un nombre estimé à 5 000 à 10 000 employés des compagnies de forex et d’options binaires continue son arnaque vers les clients à l’étranger, soit sans régulation, soit avec une régulation très critiquée de pays comme Chypre.

Wilf pense que la Knesset et l’ATI ont échoué à rendre le forex illégal en 2011 – 2012 parce qu’ils ne comprenaient pas pleinement le problème, et qu’ils n’ont toujours pas compris le crime même s’il a métastasé et s’est approfondi depuis.

« Ils semblaient ne pas comprendre l’étendue de cette arnaque, et ils semblaient acheter les arguments disant que s’ils régulaient effectivement l’industrie, cela serait d’une manière ou d’une autre nuisible aux transactions des devises étrangères légitimes. »

Interrogée pour savoir si elle pensait que certaines personnes avaient été payées par l’industrie, Wilf a répondu « non, non, c’était juste un sentiment réel qu’ils ne comprenaient pas. »

Une conspiration du silence ?

Ariel Marom, un lanceur d’alerte israélo-russe qui a fait pression à la Knesset deux ans après (quand Wilf avait perdu son mandat à la Knesset) pour bannir l’industrie qu’il décrivait comme du « terrorisme économique », défend une opinion plus conspirationniste.

Ariel Marom (Crédit : copie d'écran il24TV.ru)

Ariel Marom (Crédit : copie d’écran il24TV.ru)

« Les députés de la commission des Finances ont préféré les lobbyistes des compagnies privées au public israélien, ce qui n’est pas surprenant. Certains des députés sont liés à ces compagnies, ils ont de la famille ou des associés commerciaux qui sont impliqués, et bénéficient financièrement de l’industrie », a-t-il accusé pendant un entretien la semaine dernière.

En 2014, quand il alertait le public de l’étendue de la fraude dans l’industrie du forex et des options binaires, il a envoyé des lettres à 30 députés, de tous les partis. « Le seule personne qui m’a répondu en disant qu’elle me soutenait a été [la députée travailliste] Shelly Yachimovich. Tous les autres sont restés silencieux », a-t-il déclaré.

« Beaucoup de personnes comparent le forex à un casino », avait écrit Marom dans sa lettre de novembre 2014 à la commission des Finances de la Knesset, « mais c’est pire qu’un casino. Un casino vous remet vos gains immédiatement. Les compagnies de forex – et je parle de la plupart d’entre elles – n’autorisent tout simplement pas les gens à retirer leur argent. »

De plus, avait dit Marom, la plupart des compagnies de forex et d’options binaires sont engagées dans des pratiques frauduleuses comme le truquage des transactions, pour que vos chances de gagner un pari particulier soient de 45 ou 30 %, et pas de 50 – 50.

En conséquence, alors que les banques israéliennes ont des bénéfices de 10 %, selon Marom, les compagnies d’options binaires ont des bénéfices de 90 %.

Amour vache

Jenna P., une ancienne employée de plusieurs compagnies d’options binaires, a contacté le Times of Israel pour décrire son expérience de travail au service client d’une entreprise non régulée.

« Les clients m’envoyaient des copies d’écran de notre site et de Bloomberg à la même heure, et je voyais que les nombres étaient différents. Je recevais des centaines d’e-mails : européens, asiatiques et africains. C’était des e-mails menaçants, des e-mails suppliants, des personnes disant ‘je n’ai pas d’argent, je ne peux pas nourrir mes enfants, s’il-vous-plaît rendez-moi mon argent’. »

« Désolé », le chef de Jenna ignorait les réclamations. « Amour vache. Ils doivent apprendre leurs leçons. »

Roey a déclaré que « si l’industrie était transparente, et si les gens connaissaient vraiment leurs chances de gagner, s’ils connaissaient précisément le pourcentage de personnes qui gagnent et qui perdent et comprenaient les frais, alors ces compagnies disparaîtraient dans la nuit. »

La transparence nécessaire demanderait cependant une législation de la Knesset ou une approche plus vigoureuse des régulateurs qui répondent à la traite des victimes étrangères.

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