Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est parti samedi soir pour un voyage de cinq jours en Europe, qui lui permettra de rencontrer pour la première fois le président français Emmanuel Macron, et de voir une demi-douzaine de fois le controversé Premier ministre de la Hongrie, Viktor Orban, à Budapest.

Netanyahu et son épouse Sara ont décollé de l’aéroport Ben Gurion vers minuit samedi soir, en direction de Paris pour une cérémonie organisée dimanche pour le 75e anniversaire de la rafle du Vél’ d’Hiv’.

« Nous renforçons nos relations avec les pays de cinq continents, l’Asie, l’Afrique, l’Australie, l’Amérique du Nord et du Sud, mais il est aussi très important pour nous de renforcer nos relations avec des pays européens », a déclaré le Premier ministre avant de monter dans l’avion samedi soir.

Netanyahu devait initialement partir vendredi après-midi pour la capitale française, son bureau expliquant qu’il voulait éviter que des fonctionnaires israéliens puissent profaner le Shabbat en préparant son départ avant le coucher du soleil samedi.

Jeudi, ses conseillers ont cependant annoncé que la délégation de Netanyahu partirait en fait samedi soir. Son bureau n’a pas donné d’explication à ce soudain changement, qui a été annoncé pendant que la police interrogeait plusieurs de ses proches et des responsables israéliens dans le cadre d’une enquête sur un contrat d’achats de sous-marins à l’Allemagne.

Netanyahu participe dimanche matin à une cérémonie de commémoration du 75e anniversaire de la rafle du Vél’ d’Hiv’, pendant laquelle plus de 13 000 Juifs français ont été arrêtés en juillet 1942 dans le cadre des efforts nazis pour éradiquer les Juifs de France.

Moins d’une centaine de personnes raflées ce jour-là a survécu, et aucun des 4 000 enfants.

Cet épisode de l’histoire de France a été au cœur d’une controverse pendant la campagne présidentielle de cette année, quand Marine Le Pen a souligné que la France n’était « pas responsable » de la rafle. Jacques Chirac, quand il était président, avait reconnu la responsabilité de la France pour ces déportations en juillet 1995.

Statue en mémoire aux victimes de la rafle du Vel d'Hiv au Quai de Grenelle près du Métro Bir-Hakeim (Crédit : Leonieke Aalders/ CC BY SA 3.0)

Statue en mémoire aux victimes de la rafle du Vel d’Hiv au Quai de Grenelle près du Métro Bir-Hakeim (Crédit : Leonieke Aalders/ CC BY SA 3.0)

A midi, Netanyahu rencontrera Macron pour leur première rencontre officielle à l’Elysée. Après leur réunion, les deux dirigeants s’adresseront à la presse.

Macron a accueilli la semaine dernière le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Pendant la conférence de presse qui a suivi cette réunion, le président français avait répété le soutien de son pays à une solution à deux états, et dénoncé la « colonisation » israélienne.

Lundi, Netanyahu doit se rendre en Hongrie. Il s’agira de la première visite d’un Premier ministre israélien dans le pays depuis la chute du communisme. Sa visite à un gouvernement vu par beaucoup comme ayant des tendances antisémites a été le sujet de nombreuses controverses ces derniers jours.

Mardi matin, le Premier ministre hongrois Viktor Orban accueillera Netanyahu au parlement à Budapest. Après leur réunion, les deux hommes s’adresseront aux médias, avant d’être rejoints par leurs épouses pour le déjeuner. Dans l’après-midi, Netanyahu déposera une gerbe de fleurs au monument hongrois du Soldat inconnu et rencontrera le président du pays, János Áder, avant de voir une troisième fois Orban pour le dîner.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban après sa victoire aux élections législatives, à Budapest, le 6 avril 2014. (Crédit : Attila Kisbenedek/AFP)

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban après sa victoire aux élections législatives, à Budapest, le 6 avril 2014. (Crédit : Attila Kisbenedek/AFP)

La journée de mercredi sera dédiée aux réunions avec les dirigeants du Groupe Visegrád, un consortium de quatre états d’Europe centrale : la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et la République tchèque. Netanyahu déjeunera avec Orban, le Premier ministre tchèque Bohuslav Sobotka, la Première ministre polonaise Beata Szydło, et le Premier ministre slovaque Robert Fico. Il aura également des rencontres bilatérales avec chacun des dirigeants.

Dans l’après-midi, Netanyahu et Orban se rendront à un forum économique israélo-hongrois.

Les relations commerciales entre la Hongrie et Israël dépassent les 500 millions de dollars, et Budapest a récemment ouvert une ligne de crédit de 50 millions d’euros à l’Eximbank de Hongrie pour faciliter la coopération entre les entreprises hongroises et israéliennes. Budapest a aussi exprimé son intérêt à l’achat de gaz naturel israélien.

« La Hongrie et Israël sont de très importants alliés politiques, universitaires et économiques », a déclaré le mois dernier Péter Szijjártó, ministre hongrois des Affaires étrangères, pendant sa visite à Jérusalem. Le bureau de Netanyahu a indiqué que Budapest et Jérusalem souhaitaient faire progresser leur coopération bilatérale économique, principalement dans les domaines des technologies automobiles, de l’énergie, de l’eau, et de la recherche.

Mercredi soir, Netanyahu visitera la magnifique synagogue de la rue Dohány de Budapest, et rencontrera des dirigeants de la communauté juive locale.

Il doit quitter Budapest jeudi vers midi, et arriver en Israël dans l’après-midi.