Israël et le Rwanda discuteraient d’un accord dans lequel la nation est-africaine accepterait des migrants clandestins en provenance de l’Etat juif en échange de contrats avantageux.
 
Dans le cadre du projet d’accord, qui a été examiné par des organisations des droits de l’Homme, Israël expulserait des centaines de ressortissants érythréens et soudanais, dont de nombreux demandeurs d’asile, vers le Rwanda en échange d’accords favorables qui comprennent des millions de dollars en subventions, a rapporté vendredi le journal The East African.

L’information est basée sur des déclarations faites jeudi par le président rwandais Paul Kagame lors d’une conférence de presse à Kigali. En plus du Rwanda, Israël aurait conclu un accord semblable avec l’Ouganda, bien que ni Kampala, ni Jérusalem ne l’aient confirmé.

Interrogé par un journaliste sur les contacts, Kagame a dit qu’il n’était pas au courant des détails, mais a confirmé que des pourparlers étaient en cours.

« A propos du Rwanda et Israël, oui, je sais qu’il y des discussions » a-t-il dit, « et qu’il y a un débat en Israël autour de ces Africains qui ont migré en Israël comme ils l’ont fait vers d’autres pays européens. Certains d’entre eux sont en situation irrégulière ou avec un statut différent ».

Le ministère de l’Intérieur israélien a confirmé cette semaine dans un communiqué qu’il « expulsera les migrants des centres de détention » et les encouragera « à quitter Israël d’une manière sûre et respectable » vers certains pays africains qui leur accorderont des droits légaux d’immigration.

Environ 50 000 Africains qui se sont infiltrés en Israël par l’Egypte vivent en Israël, qui est lié par les traités internationaux de les laisser rester s’ils ont le statut de réfugié. Toutefois, ils peuvent être transférés vers un pays tiers disposé à les accepter.

L’accord d’Israël avec le Rwanda et peut-être avec l’Ouganda a été critiqué par les groupes de défense des réfugiés, qui ont exprimé leur préoccupation sur l’état des droits de l’Homme du Rwanda et de l’Ouganda et se demandent si le statut des réfugiés sera honoré une fois arrivés en Afrique.

Beaucoup de demandeurs d’asile sont maintenus au centre de détention de Holot le sud d’Israël. Au cours des dernières années, une nouvelle barrière le long de la frontière israélo-égyptienne a empêché l’infiltration de nouveaux arrivants.