Un commandant de l’Armée syrienne libre, arrêté le mois dernier par la milice islamiste, le Front Al-Nosra, a révélé à ses ravisseurs qu’il a collaboré avec Israël en échange d’aide médicale et militaire. On peut le voir faire cette déclaration dans une vidéo publiée cette semaine.

La vidéo a été téléchargée sur YouTube lundi par le Conseil de la charia de l’est de Daara, une cour islamique établie par Al-Nosra dans le sud de la Syrie.

Dans ce film, Sharif As-Safouri, le commandant du bataillon Al-Haramein de l’Armée syrienne libre, admet être entré en Israël cinq fois pour rencontrer des officiers israéliens qui plus tard lui ont fourni des armes antitanks soviétiques et des armes légères. Safouri a été enlevé par le Front Al-Nosra, affilié à Al-Qaïda, dans la zone de Quneitra, près de la frontière israélienne le 22 juillet.

« Les factions [de l’opposition] devaient recevoir du soutien et envoyer les blessés [en Israël] à condition que la zone où se trouve la barrière israélienne soit sécurisée. Personne n’était autorisé à s’approcher de la barrière sans coordination au préalable avec les autorités israéliennes », affirme Safouri dans la vidéo.

Israël n’a jamais admis avoir armé les rebelles syriens modérés, qui sont engagés dans une bataille contre le régime d’Assad et ses alliés depuis mars 20122.

En juin, le Brigadier-général Itai Brun, chef des recherches des renseignements militaires, a affirmé à la conférence de Herzliya que 80 % des opposants syriens étaient des islamistes de différents degrés. Cela explique pourquoi Israël hésite à collaborer avec eux.

Des milliers de rebelles liés à Al-Qaïda sont arrivés au sud de la Syrie ces derniers mois. Ils fuient l’Etat islamique [EEIL] qui s’est emparé de larges zones de territoire dans le nord et le nord-est de la Syrie.

Même si Al-Nosra et l’armée syrienne libre ont collaboré sur le champ de bataille contre le régime d’Assad, les frictions se sont intensifiées lorsque les islamistes ont commencé à appliquer une version stricte de l’Islam en établissant des tribunaux de la charia.

Dans la vidéo des aveux, dans laquelle Safouri ne semble pas avoir été physiquement blessé, il déclare qu’il a rencontré un officier israélien nommé Ashraf à la frontière, qui lui a donné un téléphone portable israélien. Plus tard, il a rencontré un autre officier, Younis, et le commandant de ces deux hommes, Abu Daoud. Au total, Safouri affirme être entré en Israël cinq fois. Les rencontres auraient eu lieu à Tiberiade.

Après ces rencontres, Israël a commencé à fournir à Safouri et à ses hommes de « l’aide médicale de base, des vêtements » et des armes. Il a reçu 30 [fusils] russes, 10 lance-grenades avec 47 roquettes et 48 000 balles de 5,56 millimètres.

Tandis que les sites de l’opposition nient le fait que Safouri ait collaboré, en affirmant qu’il est entré en Israël uniquement pour des raisons médicales, les médias du régime se réjouissent des aveux de Safouri, qui selon eux, prouvent la trahison de l’Armée syrienne libre.

Le 1er août, une dizaine de manifestants sont descendus dans la rue dans le village de Hayt, la ville natale de Safouri qui se trouve à la frontière syrienne avec la Jordanie et Israël, pour dénoncer son enlèvement et pour condamner l’acte du Front Al-Nosra.

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