La radio militaire israélienne a été critiquée par des ministres après avoir diffusé un programme documentaire sur Mahmoud Darwish, poète et auteur palestinien célèbre.

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, a convoqué mercredi le directeur de la station, Yaron Dekel, pour expliquer pourquoi le nationaliste Darwish faisait partie du programme des « textes israéliens fondamentaux » de la radio.

« C’est un sujet sérieux que le travail d’un homme qui a écrit des textes anti-sionistes qui sont utilisés pour alimenter le terrorisme contre Israël soit inclus dans un programme de la radio militaire aux côtés de ‘Jérusalem d’Or’ », une chanson classique de 1967 de Naomi Shemer, a déclaré Liberman.

« Il est clair que cela n’aurait pas dû arriver et ne sera pas ignoré », a-t-il ajouté.

Mahmoud Darwish, poète nationaliste palestinien, à l'université de Bethléem. (Crédit : Amer Shomali/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

Mahmoud Darwish, poète nationaliste palestinien, à l’université de Bethléem. (Crédit : Amer Shomali/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

Après la diffusion du programme mardi, Miri Regev, ministre de la Culture et des Sports, a critiqué la station financée par l’Etat, qui « sortait des rails ».

« Une radio financée par le ministère de la Défense ne devrait pas être autorisée à mettre en lumière et à glorifier un narratif anti-israélien », a-t-elle déclaré au site hébraïque NRG.

La radio militaire, a accusé Regev, « fournit une plate-forme au narratif palestinien qui s’oppose à l’existence d’Israël en tant qu’Etat juif démocratique ».

« Darwish n’est pas Israélien, ses écrits ne sont pas israéliens, et sont fondamentalement en opposition à toutes les valeurs cruciales de la société israélienne », a-t-elle ajouté.

Regev a appelé Liberman à intervenir, l’exhortant à arrêter de financer la station.

En réponse aux critiques, la radio militaire a défendu mercredi sa programmation, déclarant dans un communiqué que les programmes documentaires sont pensés pour « enrichir et engager » leurs auditeurs avec une variété d’idées.

« Sur cette plate-forme, nous avons accueilli des programmes sur différents sujets, dont les travaux littéraires du rabbin Kook, de Zeev Jabotinsky, de Theodor Herzl et de Naomi Shemer, ainsi que sur le texte de la déclaration d’Indépendance. »

« Nous pensons que la liberté académique nous oblige à proposer à nos auditeurs une pluralité d’idées », a déclaré la station.

Darwish, qui est mort en 2008, est considéré comme un symbole national palestinien, et était membre de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Né dans un village qui a ensuite fait partie du nord d’Israël, habitant de pays comme le Liban, la France, et la Jordanie, il a passé une partie de ses dernières années à Ramallah, en Cisjordanie.

Darwish se rendant souvent en Israël, et quatre de ses livres ont été traduits en hébreu.

Il critiquait Israël, mais aussi le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui règne actuellement sur la bande de Gaza.

En 2000, le ministère de l’Education avait brièvement envisagé de l’ajouter au programme scolaire, mais avait repoussé l’idée après un scandale à droite.

Cette année, la radio militaire avait déclenché la controverse quand un présentateur avait comparé les Israéliens endeuillés aux familles palestiniennes dont un proche avait été tué en menant des attaques contre des Israéliens.

Le mois dernier, Liberman a chargé Udi Adam, directeur du ministère de la Défense, d’évaluer la nécessité de maintenir la radio militaire. Il a déclaré lundi devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset que les recommandations d’Adam seraient soumises en septembre.