Un haut-responsable israélien a démenti jeudi les informations selon lesquelles l’administration Trump aurait demandé à Israël de cesser toutes les constructions dans les implantations isolées en Cisjordanie et de réviser à la baisse le nombre des nouvelles constructions au sein des blocs d’implantations majeurs.

Selon des informations parues mercredi, ces termes auraient été dictés à l’occasion de deux longues réunions avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu consacrées aux activités d’implantations, la semaine dernière, par l’envoyé spécial pour les négociations internationales Jason Greenblatt, délégué par le président Donald Trump.

Les responsables israéliens et américains se sont engagés dans des pourparlers continus visant à trouver un accord sur les constructions en Cisjordanie, Trump ayant demandé à Netanyahu le mois dernier de « faire preuve de retenue » dans les implantations.

« Les informations qui concernent la visite de monsieur Greenblatt en Israël et faisant état de prétendues demandes américaines sur les implantations sont mensongères », a affirmé le responsable sous couvert d’anonymat.

L’homme a par ailleurs déclaré qu’un communiqué sur l’actualité des négociations entre Jérusalem et Washington serait publié jeudi dans la soirée.

Selon des informations, Greenblatt aurait donné des conditions qui détermineront la non-opposition de l’administration Trump aux constructions de nouvelles unités de logement dans les quartiers juifs au-delà des frontières d’avant 1967 à Jérusalem Est.

Les Etats Unis accepteraient par ailleurs un nombre préalablement convenu de nouvelles habitations chaque année au sein des blocs d’implantations majeurs, tandis qu’aucune nouvelle construction ne serait acceptée dans les implantations isolées.

La construction dans les blocs répondrait alors aux exigences d’un quota annuel convenu, aurait ainsi proposé Greenblatt selon la Deuxième chaîne.

le reportage diffusé sur la chaîne de télévision précisait qu’Israël « a été surpris » par la rigueur des demandes et les avait rejetées.

Haaretz avait fait savoir que Netanyahu avait rejeté ces conditions en partie en raison de l’opposition des membres de sa coalition à tout type de gel des implantations. L’aile droite de son parti du Likud, ainsi que des membres du parti Habayit Habeyudi, pro-implantations, sont violemment opposés à tout gel, avait rappelé Haaretz.

Une image du village palestinien de Sair montre l'implantation israélienne de Metzad le 15 mars 2017 (Crédit :  AFP Photo/Hazem Bader)

Une image du village palestinien de Sair montre l’implantation israélienne de Metzad le 15 mars 2017 (Crédit : AFP Photo/Hazem Bader)

Selon la Deuxième chaîne, Netanyahu avait également rejeté la proposition faite par Greenblatt parce qu’elle l’empêchait d’honorer sa promesse de construire une nouvelle implantation pour les évacués de l’avant-poste illégal d’Amona, depuis détruit.

La Deuxième chaîne avait par ailleurs fait savoir que Netanyahu voulait garder la capacité de construire dans le cadre des « limites municipales » – ce qui pouvait potentiellement tripler les entreprises d’implantation.

Netanyahu a envoyé dimanche son chef de cabinet Yoav Horowitz à Washington afin de continuer les entretiens sur le sujet avec l’envoyé de Trump, aux côtés de l’ambassadeur israélien aux Etats Unis Ron Dermer.

Mercredi, Netanyahu a pour sa part indiqué qu’il y avait eu des « progrès significatifs » dans les pourparlers sur la question avec les Etats Unis.

« Les discussions ne sont pas terminées mais il y a du progrès et nous en entendrons les compte-rendus lorsque nous serons rentrés en Israël », a-t-il déclaré aux journalistes alors qu’il se trouvait en visite officielle en Chine.

Mardi, Netanyahu a expliqué qu’alors qu’il tente encore actuellement de trouver un accord avec l’administration Trump, il ne « négocierait » pas l’arrêt des constructions de nouvelles habitations dans les quartiers juifs de Jérusalem-Est.

Netanyahu a également précisé mardi qu’il ne « revenait pas » sur sa promesse de construire une nouvelle implantation pour les évacués de l’avant-poste d’Amona.

Le Premier ministre a tenté d’obtenir l’approbation de la Maison Blanche pour la construction de cette nouvelle implantation – la toute première depuis environ 25 ans – qui viendrait remplacer l’avant-poste d’Amona, évacué et démoli au mois de février conformément un jugement de la Haute Cour qui avait estimé qu’il avait été construit illégalement sur des terrains privés appartenant à des Palestiniens.

Construction de nouvelles maisons préfabriquées en Cisjordanie, entre l'avant-poste d'Amona (au fond) et l'implantation d'Ofra, au nord de Ramallah, le 31 janvier 2017. (Crédit : Thomas Coex/AFP)

Construction de nouvelles maisons préfabriquées en Cisjordanie, entre l’avant-poste d’Amona (au fond) et l’implantation d’Ofra, au nord de Ramallah, le 31 janvier 2017. (Crédit : Thomas Coex/AFP)

Le mois dernier, il avait indiqué aux membres de son cabinet sécuritaire que le gouvernement pourrait revenir sur sa promesse, attisant de virulentes protestations de la part des habitants des implantations et de leurs alliés au sein de la coalition au pouvoir.

Avant sa deuxième rencontre avec Greenblatt la semaine dernière, en revanche, Netanyahu avait promis de tenir la promesse faite aux habitants d’Amona de construire une nouvelle implantation.