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1 000 pilotes à la retraite soutiennent le refus de servir des réservistes

Dans une lettre, les anciens militaires notent que "le volontariat, dans la réserve de l'armée, ne peut se faire que dans le cadre d'une démocratie"

Illustration : Trois pilotes devant un avion de chasse F-16 alors qu'il décolle du 117e escadron de l'armée de l'Air israélienne, qui a été fermé le 30 septembre 2020. (Crédit : Armée israélienne)
Illustration : Trois pilotes devant un avion de chasse F-16 alors qu'il décolle du 117e escadron de l'armée de l'Air israélienne, qui a été fermé le 30 septembre 2020. (Crédit : Armée israélienne)

Presque un millier de pilotes de l’armée de l’air israélienne à la retraite ont annoncé, samedi qu’ils soutenaient les réservistes qui ont fait savoir à leurs unités qu’ils ne se présenteraient pas pour une session de vol hebdomadaire en signe de protestation contre le plan de refonte judiciaire du gouvernement.

« Le volontariat dans la réserve militaire ne peut se faire que dans le cadre d’une démocratie », ont écrit les anciens pilotes dans la lettre qui a été citée par le site d’information Walla.

« Les valeurs qui ont accompagné les pilotes, génération après génération, ne leur permettent pas de continuer à servir le pays qui est en train de changer de visage, passant de la démocratie à la dictature », ont-ils ajouté.

« Nous qui avons pris notre retraite sommes solidaires de la décision prise par les pilotes encore en activité. Nous en appelons au gouvernement : stoppez le train législatif, ne poussez pas les pilotes et les autres réservistes à abandonner leur service », a ajouté la missive.

Vendredi, environ 200 pilotes réservistes qui prennent part à des missions de combat ou en charge des hélicoptères et autres avions de transport de Tsahal avaient annoncé qu’ils ne se présenteraient pas lors de l’entraînement organisé la semaine prochaine, suite à une annonce faite jeudi soir par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui avait déclaré que le gouvernement continuera à faire avancer son plan de réforme radicale du système judiciaire, et ce malgré un mouvement de protestation massif.

Cette absence des soldats lors de ces sessions d’entraînement hebdomadaires a de graves conséquences, parce que les pilotes qui les manquent n’ont pas la certification nécessaire pour prendre part à des missions opérationnelles.

Un F-15 de l’armée de l’air décolle de la base aérienne Hatzerim dans le sud d’Israël, le 22 juin 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Des centaines d’officiers de l’armée de l’air et de réservistes ont rejoint le mouvement de protestation, ces dernières semaines, lancé pour s’opposer à l’initiative prise par la coalition de restreindre de manière radicale le pouvoir de la Haute-cour, et ils ont fait savoir qu’ils ne se présenteraient plus au service en cas d’adoption de cette réforme. Depuis, une partie significative des réservistes en colère sont passés à l’acte, renforçant encore davantage les pressions exercées sur le gouvernement.

Une tendance qui a suscité une inquiétude profonde au sein de l’establishment de la sécurité qui a averti que les capacités opérationnelles d’Israël étaient en péril.

Par ailleurs, plusieurs employés de la firme d’armement Rafael Advanced Defense Systems ont annoncé, samedi, que des cadres quitteraient l’entreprise en conséquence de la refonte judiciaire.

« Les dégâts essuyés par la démocratie nuiront très gravement à Rafael et à l’industrie de la Défense. Des membres du personnel déterminants partiront, la motivation de ceux qui resteront s’écroulera, la qualité des connaissances et de la recherche se détériorera et la coopération internationale, ainsi que les accords de défense conclus à l’étranger, en pâtiront, ce qui sapera la capacité de l’industrie de la Défense à se maintenir », a indiqué le courrier dont le contenu a été cité par les médias israéliens.

Des milliers d’Israéliens protestent contre les plans du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu visant à remanier le système judiciaire, à Tel Aviv, Israël, jeudi 23 mars 2023. (Crédit : Oded Balilty/AP)

Il y avait eu des rumeurs, jeudi, laissant entendre que le Premier ministre accepterait de stopper – au moins temporairement – l’avancée de la refonte judiciaire devant le Parlement pour permettre des négociations substantielles susceptibles de déboucher sur un compromis avec l’opposition.

Finalement, Netanyahu avait prononcé un discours en prime-time dans lequel il avait indiqué que son gouvernement continuerait à faire progresser l’avancée de son plan « de manière responsable » avec néanmoins pour objectif de faire adopter l’un des projets de loi au cœur de cette refonte dès la semaine prochaine.

Les paroles prononcées par Netanyahu avaient entraîné une intensification des protestations des réservistes.

De plus en plus, ces derniers, qui tiennent un rôle déterminant dans les activités de routine de l’armée et notamment dans les meilleures unités, avertissent qu’ils ne serviront pas au sein d’un Israël qui aurait cessé d’être une démocratie – ce que vise la coalition à travers son plan, selon eux.

De surcroît, les soldats ont fait part de leur inquiétude face à la possibilité qu’en l’absence d’une justice indépendante dans le pays, ils ne soient poursuivis devant les tribunaux internationaux pour des actions menées pendant leur service.

Si les commandants militaires ont insisté sur la nécessité de ne pas impliquer l’armée dans le conflit politique, de nombreuses informations indiquent que ce phénomène de refus de service est croissant.

Des membres de l’organisation des réservistes de Tsahal « Frères d’armes » tenant une conférence de presse, à Tel Aviv, le 21 mars 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Netanyahu a indiqué lors d’une visite à Londres, vendredi, que ces refus plaçaient Israël « dans une situation de danger terrible ».

La coalition de Netanyahu constituée de partis de droite, d’extrême-droite et ultra-orthodoxe, fait actuellement avancer une loi dont l’objectif est d’affaiblir la capacité de la Haute-cour à agir comme contre-pouvoir face à la puissance du parlement, et elle cherche aussi à accorder au gouvernement le contrôle de la nomination des juges dans le pays. Il y a eu des manifestations massives, depuis plus de deux mois, contre les réformes prévues et une vague croissante de mises en garde émanant de personnalités de premier plan, notamment du président, des juristes, des chefs d’entreprise et autres.

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