15 ans après la tragédie du lait maternisé, une victime décède
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15 ans après la tragédie du lait maternisé, une victime décède

"C'est ce qui me rend triste, c'est ce qui me blesse. Elle est partie quand je n'étais pas avec elle," a affirmé Aviva Haibi, mère de Noa

Aviva, à gauche, et Noa, à droite  Haibi (Capture d'écran : Dixième chaîne)
Aviva, à gauche, et Noa, à droite Haibi (Capture d'écran : Dixième chaîne)

Après quatre années de coma et 15 ans après qu’elle a reçu un lait maternisé défectueux qui manquait complètement de vitamine B1 – crucial pour le développement du système nerveux – Noa Haibi s’est éteinte mardi.

La mère de Haibi a déclaré au site d’information Ynet que sa fille était morte alors qu’elle ne se trouvait pas là – ce qui arrivait rarement.

« Je ne suis jamais partie à l’étranger, jamais. J’avais peur de partir, je voulais rester à côté d’elle, j’avais peur qu’il se passe quelque chose. Et cette semaine, alors que ça n’était jamais arrivé, j’ai décidé de partir. On m’a convaincue : ‘Pars un moment, elle va bien' », explique Aviva Haibi.

« Je suis partie hier en Crête. Je n’avais même pas atterri quand on m’a dit qu’elle était morte. J’avais toujours dit que si ça arrivait, je voulais que ça arrive au moment où je la tiendrais dans mes bras, au moment où je serais avec elle. Toutes ces années, je suis restée avec elle. C’est ce qui me rend triste, c’est ce qui me blesse. Elle est partie quand je n’étais pas avec elle ».

Trois nouveaux-nés étaient décédés et 20 étaient restés gravement handicapés après avoir consommé un lait maternisé d’une série commercialisée par la marque israélienne Remedia qui avait été vendue entre les mois de juillet et de novembre 2003.

Noa Haibi avait été la quatrième victime dans cette affaire.

Les effets potentiellement dévastateurs du manque de vitamine B1 avaient été mis en exergue suite au scandale de Remedia, il y a plus d’une décennie.

Des nouveaux-nés avaient été hospitalisés avec des symptômes cardiaques et neurologiques liés à cette déficience et une discussion entre les grands-mères des enfants, qui se trouvaient dans la salle d’attente, avait permis de conclure que tous avaient consommé le même lait, selon la professeure Aviva Fattal-Valevski, directrice de l’unité de neurologie pédiatrique du centre médical Sourasky de Tel Aviv, qui a contrôlé le développement de 39 enfants qui ont bu ce lait défectueux et qu’elle a pris en charge lorsqu’ils ont atteint l’âge de cinq ou six ans.

En réalisant ce qu’il s’était passé, les nouveaux-nés avaient immédiatement reçu de la vitamine B1 et certains avaient rapidement guéri.

« La capacité de stockage de la vitamine B1 dans le corps est limitée », avait déclaré Fattal-Valevski l’année dernière.

« Contrairement à la vitamine B12, la vitamine B1 ne reste dans le corps que trois semaines. Il faut qu’elle soit fréquemment renouvelée. C’est primordial d’être conscient de l’importance de cette vitamine pour le développement des enfants », avait-elle ajouté.

« Même les enfants en bonne santé peuvent risquer une déficience en vitamine B1. Si votre nouveau-né attrape un virus après l’autre, on doit intervenir en lui donnant des vitamines supplémentaires. Mais c’est un cercle vicieux parce que l’un des premiers symptômes du manque de vitamine B1 est l’absence d’appétit », avait-elle poursuivi.

Un ingénieur agro-alimentaire chez Remedia Foods avait été condamné pour homicide involontaire et préjudice par négligence en 2013 pour la mort de trois bébés et pour les lésions entraînées chez 23 autres. Le directeur-général de Remedia et l’ancien propriétaire de la marque, Moshe Miller, avaient été relaxés.

Sue Surkes a contribué à cet article.

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