15 terroristes et criminels pendus en Jordanie
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15 terroristes et criminels pendus en Jordanie

Ces exécutions brisent le moratoire sur la peine de mort en vigueur dans le royaume depuis 2006

Exécution par pendaison en Iran. Illustration. (Crédit : Arash Khamooshi/ISNA/AFP)
Exécution par pendaison en Iran. Illustration. (Crédit : Arash Khamooshi/ISNA/AFP)

Quinze personnes condamnées à mort pour « terrorisme » et divers crimes ont été pendues samedi en Jordanie, une rare exécution de masse dans ce royaume frappé par des attentats sanglants en 2016.

La Jordanie a repris les exécutions il y a trois ans après un moratoire observé depuis 2006. Onze condamnés à mort avaient été pendus en 2014 pour des crimes sans lien avec la politique ou le terrorisme.

Les nouvelles exécutions ont été dénoncées par Amnesty International.

Cité par l’agence Petra, le porte-parole du gouvernement Mahmoud al-Momani a précisé samedi que les quinze condamnés avaient été exécutés à la prison de Swaqa, à 70 kilomètres au sud d’Amman.

Dix d’entre eux avaient été reconnus coupables « d’être membres d’une cellule terroriste » responsable de plusieurs attaques dont celles « contre les bureaux des renseignements généraux en Jordanie, contre des membres des forces de sécurité, des touristes et contre l’ambassade de Jordanie à Bagdad en 2003 », a-t-il ajouté.

Nahed Hattar, écrivain jordanien chrétien assassiné en 2016 devant le tribunal d'Amman. (Crédit :
Nahed Hattar, écrivain jordanien chrétien assassiné en 2016 devant le tribunal d’Amman. (Crédit :

Le porte-parole fait notamment allusion à une attaque en 2006 contre des touristes dans un amphithéâtre romain à Amman, qui avait tué un Britannique, à celle de juin dernier contre les services de renseignement au nord d’Amman (cinq morts) et à l’assassinat en septembre devant un tribunal d’Amman de l’écrivain chrétien Nahed Hattar, qui était jugé pour une caricature qualifiée d’offensante vis-à-vis de l’islam.

Les cinq autres Jordaniens condamnés à mort avaient été reconnus coupables de « crimes horribles dont des viols ».

Une exécution ‘choquante’

Amnesty International a qualifié de « choquante » l’ « ampleur terrifiante » de ces exécutions.

« Il s’agit d’un grand pas en arrière pour la Jordanie […] qui a été pendant des années un bon exemple dans une région où le recours à la peine de mort est beaucoup trop fréquent », a affirmé dans un communiqué Samah Hadid, directrice adjointe du bureau régional d’Amnesty à Beyrouth.

Selon des sources judiciaires, 94 personnes condamnées à la peine capitale, la plupart pour des affaires de crime ou de viol, attendent toujours dans les couloirs de la mort du royaume hachémite.

La Jordanie est membre de la coalition internationale sous commandement américain qui mène des frappes aériennes contre le groupe terroriste Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak.

Le royaume, qui craint depuis plusieurs années une contagion de la menace terroriste sur son territoire, a été frappé par quatre attaques sanglantes en 2016, dont certaines ont été revendiquées par l’EI.

Pour le procureur général d’Amman, Ziad al-Dmour, ces exécutions sont « un message clair à tous ceux qui tentent d’ébranler la sécurité de la nation ».

Des milliers de Jordaniens sont soupçonnés d’être des partisans de l’EI et d’Al-Qaïda.

Citadelle de Karak, en Jordanie (Crédit : Berthold Werner/CC BY 3.0)
Citadelle de Karak, en Jordanie (Crédit : Berthold Werner/CC BY 3.0)

Les dernières attaques en Jordanie remontent à décembre. Revendiquées par l’EI, elles ont été perpétrées près du site de Karak, à 120 km au sud d’Amman, où dix personnes, dont sept policiers et une touriste canadienne, ont été tuées et 34 blessées.

Les autorités jordaniennes avaient affirmé avoir déjoué en 2016 d’autres attaques de l’EI dans le royaume.

La reprise des exécutions en Jordanie après un moratoire informel en 2006 a été dénoncée par des organisations de défense des droits de l’Homme.

Avant les pendaisons de samedi, la Jordanie avait procédé à l’exécution en février 2015 de deux terroristes irakiens, dont une femme, condamnés à mort depuis des années. Ils avaient été pendus en représailles à l’exécution d’un pilote militaire jordanien brûlé vif par l’EI après la chute de son avion et sa capture en Syrie.

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