2 élus du Meretz en Afrique pour « dévoiler » le projet d’expulsion des migrants
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2 élus du Meretz en Afrique pour « dévoiler » le projet d’expulsion des migrants

Michal Rozin et Mossi Raz souhaitent convaincre les personnalités publiques et les organisations de défense des Droits de l'Homme de s'opposer à l’expulsion de 38 000 personnes

Des demandeurs d'asile africains et des défenseurs des droits de l’Homme protestent contre le plan de déportation devant l'ambassade du Rwanda à Herzliya, le 7 février 2018 (Miriam Alster / Flash90)
Des demandeurs d'asile africains et des défenseurs des droits de l’Homme protestent contre le plan de déportation devant l'ambassade du Rwanda à Herzliya, le 7 février 2018 (Miriam Alster / Flash90)

Deux députés du parti de gauche du Meretz sont arrivés jeudi au Rwanda pour un séjour de quatre jours, destiné à « exposer » les « difficultés » expérimentées par le gouvernement israélien dans la gestion de ses demandeurs d’asile africains.

Michal Rozin et Mossi Raz rencontreront des personnalités publiques et des organisations de défense des droits de l’Homme au Rwanda et en Ouganda, les pays vers lesquels Israël prévoient d’expulser ses migrants. Ils vont tenter d’expliquer le programme d’expulsion de milliers de migrants africains, et tenter de les convaincre de s’y opposer.

Israël a expulsé près de 4 000 demandeurs d’asile vers ces deux pays d’Afrique depuis décembre 2013, au lancement du programme.

Une nouvelle loi, qui prévoit la fermeture du camp de migrants, et qui contraint les demandeurs d’asile à quitter le pays ou à être incarcérés, a donné lieu à une nouvelle campagne d’expulsion cette semaine.

Les autorités israéliennes ont commencé dimanche à distribuer des lettres à des milliers de migrants africains en situation irrégulière qui renouvelaient leur visa de deux mois.

La députée du Meretz Michal Rozin lors s’une session d’une commission de la Knesset, le 14 décembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Au lieu de leur permettre de déposer des demandes d’asile convenablement, au lieu d’étudier les demandes d’asile conformément aux accords internationaux, et au lieu de révéler les accords conclus avec les ‘pays tiers’, le gouvernement israélien a décidé de lever une épée de Damoclès au-dessus de la tête des réfugiés et des demandeurs d’asile et de commencer les expulsions », a écrit Rozin dans une publication Facebook, à son arrivée à Kigali, capitale du Rwanda.

En vertu de ce projet, le gouvernement propose aux migrants de partir « volontairement » d’ici fin mars, avec une enveloppe de 3 500 dollars (2 800 euros) et un billet d’avion vers une destination inconnue.

Le 1er avril, l’Autorité de l’Immigration a l’intention d’emprisonner ou d’expulser de force ceux qui ne sont pas encore partis.

Les détracteurs de ce projet estiment qu’Israël ne s’est pas conformé à la Convention des Réfugiés de 1951, pour s’assurer que les migrants sont des réfugiés.

Entre 2009 et 2017, 15 400 personnes ont ouvert un dossier de demande d’asile auprès de l’Autorité de l’Immigration et de la Population israélienne.

Mossi Raz, député du Meretz, à la Knesset, le 23 octobre 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’État a rejeté 6 600 demandes, et 8 800 sont encore en attente.

Israël, pour sa part, a octroyé le statut de réfugié à un Soudanais et à 10 Erythréens sur des milliers de dossiers déposés, ce qui représente un taux d’approbation de 0,056 %.

À titre de comparaison, l’Union européenne a reconnu les demandes d’asile de 90 % des Erythréens qui se portent candidats à ce statut et de 56 % des Soudanais, selon l’Institut européen de la stabilité.

Au cours des dernières semaines, des groupes de pilotes, de médecins, d’écrivains, d’anciens ambassadeurs et de survivants de la Shoah ont appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu à suspendre ce projet d’expulsion, indiquant qu’il était contraire à l’éthique et qu’il serait préjudiciable à l’image d’Israël, qui se veut être une lumière parmi les nations.

Des expulsés au Rwanda ont confié au Times of Israel – un fait également largement rapporté dans les médias étrangers – qu’ils étaient logés dans un domicile privé pendant quelques jours puis emmenés à la frontière avec le sud-Soudan ou l’Ouganda au milieu de la nuit. Ils doivent ensuite traverser la frontière sans papiers et demander l’asile dans le nouveau pays, une fois la frontière franchie.

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