2,5 millions d’élèves retournent en classe malgré un record de cas COVID
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2,5 millions d’élèves retournent en classe malgré un record de cas COVID

La rentrée scolaire pourrait encore faire augmenter les chiffres ; 250 000 enfants devraient manquer cette première journée de classe

Des enfants israéliens courent en portant leur cartable à la veille de la rentrée scolaire à Jérusalem, le 31 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des enfants israéliens courent en portant leur cartable à la veille de la rentrée scolaire à Jérusalem, le 31 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Presque 2,5 millions d’élèves israéliens, du jardin d’enfants à la Terminale, reprennent mercredi le chemin de l’école malgré un nombre record de cas de coronavirus. Les responsables reconnaissent que cette rentrée pourrait entraîner une plus forte hausse du nombre des infections.

Le directeur-général du ministère de la Santé, Nachman Ash, a dit que la priorité était de maintenir l’économie ouverte et de favoriser le retour des enfants dans les classes, ajoutant qu’il espérait qu’une série de nouvelles mesures qui ont été mises en place réduirait les risques.

« Je ne pense pas que ce soit un coup de poker », a dit Ash devant les caméras de la Douzième chaîne, mardi soir. « Je pense que nous prenons une décision réfléchie qui est conforme à la politique du gouvernement. Nous voulons conserver ouverts le système de l’éducation et l’économie israélienne ».

Il a toutefois reconnu que cette rentrée scolaire entraînerait probablement une hausse temporaire du nombre de cas.

« Il va y avoir une augmentation du nombre de cas avec la réouverture des écoles mais j’espère que nous assisterons à un renversement de cette tendance dès la semaine prochaine », a-t-il indiqué, soulignant que des tests de dépistage rapide avaient été distribués aux parents et que les cours en présentiel avaient été limités dans les zones très touchées par le coronavirus, si la majorité des élèves n’avait pas encore été immunisée contre la COVID-19.

Mardi soir, la ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton a organisé une conférence de presse pour s’adresser aux parents, aux élèves et enseignants en amont de la rentrée scolaire. Elle a notamment averti que le modèle de réouverture des écoles en présentiel qui a été adopté par le gouvernement pourrait devoir être réadapté en fonction du nombre de cas actifs de coronavirus qui serait enregistré dans les prochaines semaines et dans les prochains mois.

Une fillette réalise un test de dépistage antigénique au coronavirus sur sa sœur à l’aide d’un test rapide avant la rentrée scolaire, à Jérusalem, le 1er août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Je suis heureuse de l’effort conjoint qui nous a permis d’atteindre notre objectif qui était de nous assurer que le début de l’année scolaire aurait bien lieu à la date prévue », a déclaré Shasha-Bitton. « Certains parents sont inquiets et je sais que cela ne sera pas facile, mais permettre aux enfants de revenir à l’école est une obligation. La société le leur doit ».

« Nous avons, tous ensemble, mis en place un programme qui garantira une rentrée des élèves dans des conditions optimales de sécurité et qui assurera la continuité des études et de la routine scolaire », a continué la ministre, ajoutant que son bureau « n’hésitera pas à changer et à adapter le programme en fonction de l’évolution de la situation ».

« Le système éducatif, c’est la solution, ce n’est pas le problème », a-t-elle affirmé.

Shasha-Biton a précisé que son bureau allait se concentrer, au cours de l’année à venir, à réduire les écarts d’acquisition de connaissances qui sont apparus parmi les élèves dans le cadre de la pandémie, durant les 16 derniers mois.

« Nous allons travailler sur la psychologie de nos élèves, sur les conditions sociales dans lesquelles ils évoluent parce que ce sont ces facteurs qui vont favoriser un apprentissage optimal. Un enfant qui n’est pas disponible psychiquement ne peut pas progresser dans ses apprentissages », a-t-elle expliqué.

La ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton à Jérusalem, le 14 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/FLASH90)

Shasha-Biton a indiqué qu’environ 18 000 enseignants n’avaient pas été vaccinés, comme c’est le cas également de 18 000 autres employés du système éducatif. Elle les a vivement encouragés à se faire immuniser.

« C’est une question d’exemplarité et d’engagement personnels », a-t-elle dit.

Les personnels qui n’ont pas reçu les précieuses doses de vaccin doivent faire un test tous les trois jours pour pouvoir continuer à travailler.

La ministre n’a pas exclu la possibilité d’une nouvelle fermeture des établissements scolaires si les taux de morbidité devaient augmenter – comme cela avait été le cas à plusieurs reprises l’année dernière.

« Il faut agir de manière ciblée. Nous contrôlerons en permanence ce qui se passe sur le terrain, dans les écoles », a-t-elle déclaré, ajoutant que son bureau avait l’obligation de maintenir le mieux possible la continuité de l’enseignement pour les enfants.

Selon le plan qui a été mis en œuvre par le ministère de l’Éducation pour cette rentrée scolaire sur fond d’épidémie, les jardins d’enfants et les classes de CP et de CE1 pourront se retrouver en présentiel cinq jours par semaine dans les villes figurant dans les catégories « jaune », « verte » ou « orange » – sur la base du nombre de cas actifs de coronavirus.

Vue d’une salle de classe dans une école pour filles de Tzfat, le 30 août 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Dans les localités dites « rouges » – celles où les taux d’infection sont le plus élevés dans le cadre du plan dit « de signalisation » qui a été introduit par le gouvernement – les crèches, les maternelles et les classes allant du CP au CM1 pourront continuer les apprentissages dans les salles de classe. Néanmoins, les classes allant du CM2 à la 5e seront tenues d’organiser les cours à l’extérieur ou en petits groupes. Les élèves de 4e et jusqu’à la Terminale, de leur côté, devront suivre les enseignements en plein air si moins de 70 % des élèves ne risquent pas d’être placés en quatorzaine, soit parce qu’ils ont été vaccinés, soit parce qu’ils sont en rémission du coronavirus.

Les directives du ministère de l’Éducation exigent que toute personne entrant dans un établissement scolaire ou dans une crèche soit en mesure de présenter une preuve de vaccination ou un résultat négatif de test à la COVID-19. Seuls les tests autorisés par le ministère de la Santé seront par ailleurs acceptés.

Alors que des résultats négatifs de test sont requis pour entrer dans les classes en cette journée de retour des élèves, la Treizième chaîne a fait savoir qu’il y avait une pénurie significative de tests de dépistage rapide approuvés par le ministère de la Santé – en raison de cette pénurie, 250 000 élèves pourraient ne pas revenir à l’école mercredi.

Selon la station de radio Kan, plus de 90 000 élèves sont actuellement en quarantaine – soit parce qu’ils ont attrapé la COVID-19, soit parce qu’ils sont rentrés en contact avec une personne dépistée positive à la maladie. Plus de la moitié des Israéliens testés positifs au virus, lundi, étaient des enfants en âge d’aller à l’école.

Des parents et des enfants de l’école « Cramim » reçoivent un kit de dépistage rapide à la COVID-19 avant la rentrée scolaire à Jérusalem, le 30 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Selon le site d’information Ynet, 33 % des Israéliens testés positifs à la COVID-19 dans la journée de lundi sont âgés de moins de 11 ans. 35 % sont âgés de 12 à 18 ans et seulement 4 % ont plus de 60 ans.

De nouvelles données montrent que l’État juif a la moyenne mobile sur sept jours la plus élevée dans le monde concernant le nombre de nouveaux cas de coronavirus par million de personnes, selon des chiffres qui ont été publiés mardi par le site Our World in Data de l’université d’Oxford.

Ces chiffres révèlent qu’Israël dépasse le Monténégro et la Géorgie, avec une moyenne de 1 013 nouveaux cas quotidiens par million de personnes sur une semaine.

Le ministère de la Santé a fait savoir, mardi soir, que 11 077 nouveaux cas de coronavirus avaient été enregistrés lundi – c’est la première fois que le nombre d’infections quotidiennes dans le pays dépasse le seuil des 11 000 depuis le début de la pandémie.

5 933 cas supplémentaires ont été confirmés mardi soir. Il y a actuellement 83 470 cas actifs sur le territoire israélien.

Des personnels de santé prélèvent des échantillons sur des Israéliens qui souhaitent se rendre à l’étranger dans un centre de dépistage à la COVID-19 de Safed, le 31 août 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

716 personnes sont actuellement dans un état grave. 159 ont été placées sous respirateur.

7 030 Israéliens ont succombé à des complications de la COVID-19 au sein de l’État juif depuis l’apparition du coronavirus sur le territoire.

Sur 88 000 tests qui ont été réalisés depuis lundi minuit, 6,35 % sont revenus positifs – un pourcentage en baisse par rapport à ces derniers jours.

Selon le ministère de la Santé, 5 978 120 personnes ont reçu au moins une dose de vaccin, 5 484 158 en ont reçu deux et 2 192 334 ont bénéficié d’une injection de rappel.

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