353 femmes rabbins signent une lettre dénonçant le ‘discours de haine’ de Trump
Rechercher

353 femmes rabbins signent une lettre dénonçant le ‘discours de haine’ de Trump

Le ‘concept de la personne humaine et du corps humain’ du candidat républicain est incompatible avec les enseignements du Judaïsme », disent des chefs spirituels

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le candidat républicain à la présidentielle américaine Donald Trump pendant le premier débat de la campagne, à New York, le 26 septembre 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube/RBC NETWORK BROADCASTING)
Le candidat républicain à la présidentielle américaine Donald Trump pendant le premier débat de la campagne, à New York, le 26 septembre 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube/RBC NETWORK BROADCASTING)

WASHINGTON — Plus de 350 femmes Rabbins ont fait paraître une lettre collective, jeudi, condamnant le candidat républicain Donald Trump pour un comportement et un langage qu’elles qualifient avec passion d’agression commise à l’encontre des valeurs juives.

Sans approfondir la myriade de controverses survenues durant tout la campagne – dont un grand nombre ont suscité la colère répétée de la American Jewish community — la missive affirme que les propos de la Torah sont fondamentalement “incompatibles avec le concept de la personne humaine et du corps humain tel que défini par Donald Trump.”

La lettre, intitulée “Des femmes rabbins condamnent le discours de haine tenu par Trump,” a été délibérément programmée pour coïncider avec Simhat Torah, ce moment de l’année où les Juifs, partout dans le monde, achèvent puis recommencent leur cycle de lecture des textes sacrés du judaïsme.

L’une des signataires, le Rabbin Julie Schonfeld, vice-président exécutif de l’Assemblée Rabbinique, qui a fait une invocation cette année lors de la Convention Nationale des Démocrates, a déclaré aux journalistes par courriel que l’idée était venue d’une missive similaire envoyée par des femmes pasteurs, qui avait rassemblé plus de 1 000 signatures.

Rabbi Julie Schonfeld delivers a psalm at the presidential inaugural service at the National Cathedral. (Ron Kampeas/JTA)
La femme-rabbin Julie Schonfeld (Photo: Ron Kampeas/JTA)

Chacune des femmes Rabbins ayant signé ce texte l’a fait à titre privé, en tant que citoyenne et nullement en association avec sa synagogue respective.

Parce que les rabbins dirigent des institutions religieuses à but non-lucratif classées selon les termes du règlement de l’Internal Revenue Coder 501(c)(3), ils ne peuvent utiliser les ressources ou les plate-formes de leurs congrégations pour soutenir un candidat ou s’engager dans une activité partisane quelle qu’elle soit, mais ils peuvent toutefois s’exprimer comme ils le désirent à titre individuel.

La lettre, qui au moment où nous rédigeons l’article a recueilli 260 signatures, décrit Trump comme ayant “dénigré les gens par la race, par la nationalité, par leur genre et par leurs défis les plus personnels, les plus intimes”.

Elle fait également allusion aux enregistrements audio et vidéo datant de 2005 qui ont été récemment diffusés, dans lesquels le magnat immobilier se vante de s’être livré à des avances sexuelles non-consenties sur des femmes. Jusqu’à présent, 10 femmes l’ont accusé d’avoir été embrassées ou d’avoir subi des attouchements sans leur consentement. Trump a démenti ces allégations.

“Ses descriptions insensibles de contact physique non consenti et même d’agressions sexuelles offensent notre vision des relations qui sont appropriées entre les êtres humains”, poursuivent les signataires de la missive.

Ce courrier est une forte réprimande pour un candidat qui a souvent cité son gendre juif orthodoxe, Jared Kushner, et sa fille convertie, Ivanka Trump, pour souligner son engagement envers Israël et la communauté juive.
“Le Judaïsme enseigne que l’énoncé des mots, tel qu’il est pratiqué par une personne, est un acte puissant.

Humilier quelqu’un, même en privé, et en particulier en public, est une forme grave de violence émotionnelle qui cause une souffrance tangible et qui est donc interdite par notre foi”, ont écrit les femmes rabbins.

Jared Kushner et sa femme Ivanka Trump au Trump National Golf Club à Bedminster, New York, le 21 septembre  2015 (Crédit : Bobby Bank/WireImage/Getty Images via JTA)
Jared Kushner et sa femme Ivanka Trump au Trump National Golf Club à Bedminster, New York, le 21 septembre 2015 (Crédit : Bobby Bank/WireImage/Getty Images via JTA)

“En conséquence, nous pensons que le dénigrement par Donald Trump de tant d’individus et de tant de groupes représente une agression continue qu’il perpètre en permanence devant le monde entier”, ont-elles ajouté.

« Il se livre imprudemment à cet exercice au nom de notre société. En tant que femmes rabbins et leaders juives, durant cette saison de l’année qui est la plus sacrée et la plus joyeuse, nous disons : « Pas en notre nom ».

La lettre a été signée par un certain nombre de femmes rabbins éminentes de nationalité américaine, dont Rebecca Sirbu, présidente de l’association Rabbis Without Borders; Renee Goldberg Edelman du Temple Sha’arey Shalom de Springfield, dans le New-Jersey; et Lauren Holtzblatt de l’Adas Israel Congregation, la plus grande synagogue conservatrice de Washington, DC, qui a été citée par The Forward comme l’un des rabbins les plus inspirants de 2016.

Vingt-quatre heures après que Trump ait ébranlé le monde en suggérant qu’il refuserait d’accepter le résultat des élections (à moins qu’il ne les remporte), des propos qui n’avaient jamais été prononcés par le candidat d’un grand parti dans l’histoire de la république, la lettre affirme que le candidat vient menacer la structure même de l’idée américaine.

“Nous condamnons le comportement et les propos de Donald Trump parce qu’ils viennent dévaloriser les femmes et les hommes, les Républicains et les Démocrates, les Américains et nos amis et alliés à travers le monde, et les individus de toute race, de toute nationalité et de toute religion”, est-il encore écrit dans la lettre.

« Les propos toxiques de Trump viennent éroder l’intégrité de nos institutions politiques, de nos traditions civiques et des coutumes de la civilité dans le discours public sur lequel nous faisons reposer notre sûreté et notre stabilité. »

La missive ne fait aucune mention de la candidate au parti démocrate, Hillary Clinton.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...