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27 experts déconseillent à Biden d’autoriser les Saoudiens à enrichir l’uranium

Les signataires, dont un ex-conseiller de Netanyahu, se disent favorables à une normalisation, mais avertissent que cela pourrait rapprocher Ryad de l'arme nucléaire

Le président américain Joe Biden rencontrant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à New York, le 20 septembre 2023. (Crédit : Susan Walsh/AP)
Le président américain Joe Biden rencontrant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à New York, le 20 septembre 2023. (Crédit : Susan Walsh/AP)

Plus de vingt experts en nucléaire et en Moyen-Orient ont recommandé jeudi au président américain Joe Biden de ne pas autoriser l’Arabie saoudite à enrichir de l’uranium sur son sol dans le cadre d’un accord de normalisation avec Israël.

Le groupe transpartisan de 27 signataires a écrit dans une lettre qu’il était favorable à un accord potentiel entre Jérusalem et Ryad, mais a exprimé sa conviction que l’enrichissement de l’uranium n’était pas nécessaire pour un programme civil, avertissant que ce processus rapprocherait les Saoudiens de capacités nucléaires offensives.

« Nous vous exhortons à rejeter la demande du Royaume d’Arabie saoudite d’enrichissement de l’uranium dans le cadre d’un accord de normalisation entre l’Arabie saoudite et Israël ou en dehors de celui-ci », ont-ils écrit, selon le site d’information Axios, qui a été le premier à faire état de la lettre.

Parmi les signataires figurent Jacob Nagel, ancien conseiller à la sécurité nationale du Premier ministre Benjamin Netanyahu, David Albright, éminent expert nucléaire international, Olli Heinonen et Pierre Goldschmidt, tous deux anciens directeurs généraux adjoints de l’Agence internationale de l’énergie atomique (IAEA), ainsi que plusieurs responsables américains ayant servi sous des présidents démocrates et républicains.

La lettre a été rédigée conjointement par un groupe de réflexion américain conservateur pro-israélien, la Foundation for the Defense of Democracies, et le Nonproliferation Policy Education Center, une organisation à but non lucratif qui promeut une meilleure compréhension des questions de prolifération nucléaire.

Les États-Unis encouragent Israël et l’Arabie saoudite à nouer des liens, et l’une des conditions posées par Ryad à un éventuel accord est la mise en place d’un programme nucléaire civil. Mercredi, le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman (MBS) a mis en garde contre une escalade nucléaire dans la région, tout en affirmant que si l’Iran se dotait d’armes nucléaires, l’Arabie saoudite devrait également en acquérir.

« Ils ne peuvent pas se doter d’une arme nucléaire parce qu’ils ne peuvent pas l’utiliser », a-t-il déclaré à Fox News. « Si vous l’utilisez, vous vous battrez avec le reste du monde ».

Il a néanmoins ajouté que « s’ils en obtiennent une, nous devons en avoir une nous aussi ».

(G) Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman à Djeddah, en Arabie saoudite, le 19 mai 2023. (Crédit : Saudi Press Agency/AP) ; (C) le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem (Crédit : Alex Kolomoisky/Flash90) ; (L) le Président américain Joe Biden le 2 novembre 2022 à Washington, DC (Crédit : Michael A. McCoy / GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP)

Des responsables israéliens et américains seraient en train de travailler ensemble sur un plan visant à permettre au royaume du Golfe d’enrichir ouvertement de l’uranium, selon un article publié dans le Wall Street Journal jeudi.

Des responsables israéliens et américains ont déclaré sous couvert d’anonymat au journal que Netanyahu aurait demandé à d’éminents experts en nucléaire et en sécurité en Israël de coopérer avec les négociateurs américains sur une proposition « d’opération d’enrichissement de l’uranium dirigée par les États-Unis » en Arabie saoudite, dans le cadre d’un accord de normalisation potentiel.

Un haut fonctionnaire israélien non nommé a déclaré au journal que tout programme potentiel d’enrichissement de l’uranium en Arabie saoudite serait soumis à de « nombreuses » garanties.

Des experts ont indiqué au journal que s’il existe effectivement des mécanismes de désactivation à distance qui pourraient être installés dans une installation nucléaire, des systèmes qui permettraient de faire tourner les centrifugeuses à plein régime jusqu’à ce qu’elles se cassent, il n’y a aucune garantie que de tels dispositifs soient sans faille.

L’article précise que Joe Biden n’a pas encore accepté la proposition et que Washington continue d’examiner d’autres solutions.

Tout en se félicitant d’un éventuel accord, les critiques du gouvernement ont exprimé leur inquiétude quant à la possibilité d’accorder à Ryad un programme nucléaire, et ont averti que permettre aux Saoudiens de développer potentiellement une arme nucléaire irait à l’encontre de la stratégie nucléaire d’Israël et risquerait de déclencher une course aux armements nucléaires au Proche-Orient.

« Le prince héritier saoudien a déjà parlé hier de la possibilité que l’Arabie saoudite ait des armes nucléaires. Toute sa vie, Netanyahu s’est battu précisément contre de telles initiatives. Ce sont les fondements de notre stratégie nucléaire », a ajouté Lapid.

« Les démocraties fortes ne sacrifient pas leurs intérêts de sécurité pour des raisons politiques », a-t-il mis en garde. « C’est dangereux et irresponsable. Israël ne doit pas accepter un quelconque enrichissement d’uranium en Arabie saoudite. »

L’ancien premier ministre Ehud Barak, qui est un critique affiché du gouvernement, ainsi que Merav Michaeli, la cheffe du parti Avoda, ont également mis en garde contre les conséquences de ces propositions, lors d’interviews accordées à la presse jeudi.

Le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen s’adresse à un petit-déjeuner de l’AJC à New York le 21 septembre 2023 (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

Le ministre des Affaires étrangères, Eli Cohen, a balayé les craintes, affirmant qu’il était inutile de porter un jugement prématuré, lors d’une interview accordée à la radio de l’armée.

« Il y a beaucoup de détails à régler pour ce type d’accord », a-t-il déclaré. « Mais la sécurité d’Israël est primordiale. Nous voulons la paix, mais nous voulons aussi la sécurité ».

Il a également déclaré que les derniers détails pourraient être finalisés dès le début de l’année 2024.

« Nous pouvons combler les lacunes », a déclaré Cohen à la radio de l’armée. « Cela prendra du temps. Mais il y a des avancées. »

Dans le cadre de cet accord, l’Arabie saoudite réclamerait également aux États-Unis un pacte de défense mutuelle majeur et d’importants contrats d’armement, ainsi que des concessions de la part d’Israël envers les Palestiniens.

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