28 journalistes ultra-orthodoxes soupçonnés d’extorsion ont été arrêtés
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28 journalistes ultra-orthodoxes soupçonnés d’extorsion ont été arrêtés

La police a arrêté la direction et les rédacteurs d’Hapeles, qui auraient harcelé des annonceurs potentiels

Manifestation de Juifs ultra-orthodoxes contre le service militaire, dans le centre de Jérusalem, le 28 mars 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
Manifestation de Juifs ultra-orthodoxes contre le service militaire, dans le centre de Jérusalem, le 28 mars 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

La police a arrêté mardi matin 28 employés d’un journal ultra-orthodoxe soupçonnés d’extorsion et de harcèlement.

La police a arrêté, dans un coup de filet national, la direction et les rédacteurs du quotidien ultra-orthodoxe Hapeles après une enquête de six mois.

La police a aussi perquisitionné les bureaux du journal et saisi des dossiers, après des dizaines de plaintes affirmant que, l’année dernière, le journal aurait extorqué d’importantes entreprises, dont certaines sont publiques, pour les forcer à acheter des publicités dans le journal.

Quelque 250 policiers, enquêteurs et personnels de sécurité ont participé à l’opération et ont arrêté des suspects à Jérusalem, à Bnei Brak, à Modiin Illit, à Ashdod, et ailleurs dans le pays.

Des Juifs ultra-orthodoxes ont déclenché une émeute à Bnei Brak pendant l’opération.

Les suspects seront présentés à la cour des magistrats de Rishon Lezion.

Le harcèlement présumé aurait pris la forme d’appels téléphoniques incessants, d’e-mails et de fax envoyés aux PDG des entreprises. L’enquête a conclu que les suspects utilisaient un centre d’appels qu’ils avaient mis en place, appelé la « ligne de front », où ils décidaient de quelles entreprises seraient harcelées et à quel niveau.

Une fois que le centre d’appels avait reçu ses instructions quotidiennes, il aurait passé des dizaines, voire des centaines d’appels, et envoyé fax et e-mails, aux dirigeants des entreprises et même à leur famille, ce qui a perturbé le fonctionnement des sociétés.

Le rabbin Shmuel Auerbach, au centre, pendant une manifestation contre le service militaire à Jérusalem, le 28 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le rabbin Shmuel Auerbach, au centre, pendant une manifestation contre le service militaire à Jérusalem, le 28 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le journal est la voix de la faction de Jérusalem de la communauté ultra-orthodoxe non hassidique. Elle est affiliée au rabbin Shmuel Auerbach, qui a ordonné à ses fidèles de participer à plusieurs manifestations et émeutes ces dernières semaines pour protester contre l’enrôlement dans l’armée israélienne des ultra-orthodoxes, bloquant des rues et affrontant la police.

Les entreprises et organes ciblés étaient notamment Coca Cola, Shufersal, le ministère de l’Intérieur, Materna, Tnuva, Strauss, Terra et Optica Halperin.

Un porte-parole du journal a dit au site d’information ultra-orthodoxe Kikar Hashabat qu’il s’agissait « d’une tentative dictatoriale de nous faire taire, qui rappelle de sombres régimes. Cela ne nous arrêtera pas, mais nous mènera à une bataille entêtée et sans précédent. »

Le rabbin David Zicherman, un étudiant d’Auerbach, a déclaré à la radio militaire que les arrestations étaient une tentative du gouvernement de mettre fin aux manifestations contre le service militaire.

« Il y a eu une vague d’arrestations similaires il y a trois ans […], également pour des suspicions de harcèlement. Rien n’en ait sorti, a-t-il déclaré. Il ne se passera rien, parce qu’il n’y a rien. »

Zicherman a affirmé que les arrestations étaient une forme moderne d’accusation de meurtre rituel.

« C’est contre les règles de la démocratie […]. Cela ne se produit même pas dans le tiers monde, que la police travaille contre les journalistes », a-t-il déclaré.

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