3ᵉ jour à Gaza-City : après avoir averti, Tsahal bombarde un 3ᵉ immeuble du Hamas
Selon l'armée, al-Ruya était utilisée par le Hamas pour "recueillir des renseignements" ; le Hamas fait état de 50 morts tués par Tsahal à travers Gaza, et de 5 morts de malnutrition
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Pour la troisième fois en trois jours, l’armée israélienne a frappé dimanche un immeuble résidentiel à Gaza-City, affirmant qu’il était utilisé par le groupe terroriste palestinien du Hamas, après avoir lancé plusieurs avertissements demandant aux habitants d’évacuer les lieux.
Parallèlement, des roquettes ont été tirées depuis Gaza vers Israël, ce qui n’était pas arrivé depuis trois semaines. Aucun blessé ni dégât n’a été signalé.
Cette frappe sur la tour al-Ruya est survenue alors que des sources sanitaires de la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas, faisaient état de 50 personnes, dont 46 originaires du nord de l’enclave, tuées par les tirs israéliens à travers Gaza depuis l’aube, ainsi que de cinq décès liés à la malnutrition, dont trois enfants, au cours des 24 dernières heures.
Selon un communiqué de l’hôpital al-Qods, une personne a été tuée lors de la frappe contre la tour al-Ruya.
Un témoin, Mohammed al-Nazli, a déclaré à l’AFP que le bombardement de la tour al-Ruya « ressemblait à un tremblement de terre » et que le bâtiment était « complètement détruit et réduit en ruines ».
Commentant la destruction des hauts immeubles par l’armée ces derniers jours, Nazli a déclaré que c’était « extrêmement terrifiant ».
لحظة قصف طيران الاحتلال لبناية "الرؤيا"، في حي تل الهوا، جنوب غرب مدينة غزة. pic.twitter.com/iYwlXZytFJ
— شبكة قدس الإخبارية (@qudsn) September 7, 2025
« Nous ne savons pas combien de temps nous pourrons encore supporter cela. »
Selon Tsahal, le Hamas avait installé des moyens de collecte de renseignements dans ce bâtiment et mis en place des postes d’observation pour surveiller la position des troupes israéliennes dans la région. L’armée a également déclaré que des terroristes du Hamas avaient placé de nombreux engins explosifs près du bâtiment dans le cadre des préparatifs de l’opération militaire visant à prendre le contrôle de Gaza-City.
Tsahal a appelé samedi les habitants de Gaza à fuir vers le sud, vers une nouvelle « zone humanitaire ».
Dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que plus de 100 000 personnes avaient fui Gaza-City.
Il est estimé qu’il y avait environ un million d’habitants dans cette ville.
Samedi, Tsahal a lancé un avertissement suivi de deux avis d’évacuation urgente pour les personnes se trouvant dans et à proximité de la tour al-Ruya et d’un autre gratte-ciel de Gaza-City, frappé environ une heure plus tard. Dimanche, l’armée a de nouveau appelé les habitants du quartier d’al-Ruya à fuir immédiatement avant de frapper le bâtiment.
Vendredi, Tsahal a également fait exploser la tour Mushtaha, à Gaza-City, après avoir émis un avertissement d’évacuation. Le ministre de la Défense, Israel Katz, a déclaré que cette explosion marquait l’ouverture des « portes de l’enfer à Gaza ».
Israël n’a pas fourni de preuves démontrant que le Hamas utilisait ces bâtiments, une accusation que le groupe terroriste réfute.
لحظة استهداف مسجد التوحيد والسنة قي شارع النفق بمدينة غزة pic.twitter.com/ICgjgTNTny
— صالح الجعفراوي | Saleh Aljafarawi (@S_Aljafarawi) September 7, 2025
Ailleurs dans Gaza-City, Tsahal a bombardé la mosquée al-Tawheed Wal Sunna, dans le quartier de Daraj, dimanche matin, selon les médias palestiniens.
Aucune victime n’a été signalée, et des images de la scène ont été filmées à l’aide d’une caméra portable pointée vers le bâtiment avant l’explosion, ce qui indique que Tsahal avait prévenu avant d’attaquer. L’armée n’a pas encore commenté cette frappe.
Si les mosquées et autres édifices religieux sont protégés par le droit international, ils peuvent toutefois être pris pour cible s’ils sont utilisés à des fins terroristes. Tsahal accuse le Hamas de s’infiltrer dans les infrastructures civiles, notamment les mosquées.
Deux roquettes ont également été tirées depuis la bande de Gaza vers Israël dimanche matin, déclenchant les sirènes d’alerte dans les communautés frontalières et dans la ville voisine de Netivot. Il s’agit du premier tir de roquettes depuis Gaza en trois semaines, selon l’armée.
L’une des roquettes a été interceptée et la seconde a atterri dans une zone inhabitée, a déclaré Tsahal. Aucun blessé ni dégât n’a été signalé.
Le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien a ensuite revendiqué ce tir de roquette, affirmant sur Telegram qu’il visait Netivot.
Dimanche, l’armée a par ailleurs déclaré que les troupes avaient récemment détruit un tunnel du Hamas s’étendant sur plusieurs centaines de mètres dans le quartier de Zeitoun, à Gaza-City.
Tsahal a publié une vidéo de la démolition et a indiqué que le tunnel avait été localisé lors d’opérations menées par la brigade Nahal dans la région. Selon l’armée, ce tunnel comprenait une pièce utilisée par les terroristes du Hamas pour coordonner leurs attaques dans le quartier de Zeitoun.
Selon Netanyahu, plus de 100 000 habitants ont quitté Gaza-City
Lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, dimanche, le Premier ministre a confirmé qu’Israël avait tué le terroriste qui s’était vanté auprès de ses parents d’avoir personnellement massacré dix Juifs lors du pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023.
Selon Netanyahu, Israël a abattu le terroriste, puis a appelé ses parents pour les en informer.
Dans un appel téléphonique datant du 7 octobre, rendu public par Israël quelques jours après les massacres, on pouvait l’entendre raconter avec enthousiasme à ses parents qu’il se trouvait dans un kibboutz près de la frontière avec Gaza.
« Regardez combien j’en ai tué de mes propres mains ! Votre fils a tué des Juifs ! », disait-il dans l’enregistrement, selon une traduction en anglais.
Les médias palestiniens de Gaza l’ont identifié samedi comme étant Mahmoud Afana, et ont déclaré qu’il avait été tué à Deir al-Balah.
Lors de la réunion du cabinet, Netanyahu a également indiqué qu’environ 100 000 civils avaient quitté Gaza-City alors que l’opération militaire s’intensifiait dans cette zone.
« Environ 100 000 personnes ont quitté Gaza. Le Hamas tente par tous les moyens de les empêcher de partir et de les retenir sur place afin qu’elles servent de boucliers humains », a déclaré le Premier ministre. Son bureau a ensuite précisé au Times of Israel qu’il faisait référence à Gaza-City, et non à l’ensemble de l’enclave.
Netanyahu a également accusé le Hamas d’avoir tiré dans les jambes de femmes et d’enfants pour les empêcher de fuir.
« Nous voulons nous concentrer sur les terroristes eux-mêmes et permettre à la population civile de partir », a déclaré le Premier ministre, accusant le Hamas de tirer dans les jambes des femmes et des enfants pour les empêcher de fuir.
« Nos efforts à Gaza contre les derniers bastions [du Hamas] – essentiellement le dernier bastion important, Gaza-City – s’inscrivent dans le cadre de nos efforts visant à achever le démantèlement de l’emprise de l’axe iranien », a-t-il ajouté.
« L’axe de la résistance » est le terme utilisé par les responsables iraniens pour désigner la République islamique et ses alliés anti-Israël, tels que le Hezbollah, les Houthis du Yémen et d’autres milices chiites en Irak et en Syrie.
Selon les Nations unies, environ un million de Gazaouis se trouvent encore à Gaza-City. La grande majorité des deux millions d’habitants de Gaza a été déplacée.
Le mois dernier, le système d’alerte de l’ONU sur la sécurité alimentaire, l’IPC, a officiellement déclaré qu’il y avait une famine dans le nord de Gaza. Israël, qui avait suspendu l’acheminement de l’aide humanitaire vers Gaza pendant près de trois mois jusqu’à la mi-mai, a rejeté ce rapport.
Israël a qualifié le rapport de l’IPC de partial et d’inexact, affirmant que suffisamment d’aide est envoyée dans l’enclave. Il accuse le groupe terroriste palestinien du Hamas de piller les livraisons d’aide humanitaire destinées à la bande de Gaza.
Le responsable de l’aide humanitaire de l’ONU, Tom Fletcher, a déclaré dimanche qu’il restait « peu de temps pour empêcher » la famine de s’étendre davantage à Gaza.
« Il reste peu de temps – jusqu’à la fin septembre – pour empêcher la famine de se propager à Deir al-Balah [dans le centre de Gaza] et à Khan Younès [dans le sud de Gaza]. Ce délai touche maintenant à sa fin », a-t-il estimé.
Israël accuse le Hamas d’avoir détourné les convois d’aide humanitaire et l’ONU de ne pas les avoir acheminés.
Le Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires palestiniens (COGAT), l’organe du ministère de la Défense israélien chargé des questions humanitaires, a déclaré dimanche que plus de 1 900 camions, transportant pour la plupart des denrées alimentaires, avaient distribué de l’aide à Gaza au cours de la semaine dernière.
« Nous continuerons à faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire à destination de la population civile, et non du Hamas », a déclaré le COGAT dans un communiqué.
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