75 000 habitants de Bnei Brak sont porteurs du Covid-19, estime un responsable
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75 000 habitants de Bnei Brak sont porteurs du Covid-19, estime un responsable

Le chef du prestataire de soins de santé Maccabi a déclaré à la commission "Corona" que 38 % de la ville est contaminée et que les habitants évitent de se faire tester avant Pessah

La police ferme des synagogues à Bnei Brak, le 1er avril 2020. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)
La police ferme des synagogues à Bnei Brak, le 1er avril 2020. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Un haut responsable de la santé a déclaré a déclaré à la commission spéciale de la Knesset sur le coronavirus que près de 40 % des habitants de Bnei Brak ont contracté le coronavirus, un chiffre bien plus élevé que le nombre actuel de cas confirmés dans la ville ultra-orthodoxe.

Le Dr Ran Saar, qui dirige le prestataire de soins de santé Maccabi, a ajouté que le gouvernement devait prendre des mesures dans la ville pour empêcher les résidents de se contaminer mutuellement pendant les fêtes de Pessah, afin d’éviter une catastrophe.

« Maccabi soigne la moitié des habitants de Bnei Brak, et selon divers indicateurs, environ 38 % des habitants de Bnei Brak sont malades, soit 75 000 personnes », a-t-il dit à la commission.

Selon cette estimation, 75 000 personnes seraient malades à Bnei Brak, ce qui est très largement supérieur aux 900 cas confirmés dans la ville, selon les chiffres officiels du ministère de la Santé.

Maccabi est l’un des quatre prestataires de santé public, et est particulièrement présent à Bnei Brak. Saar n’a pas indiqué sur quelles données il s’appuyait pour avancer ces chiffres, même si les responsables du monde entier craignent que la plupart des porteurs de coronavirus ne soient jamais testés.

Jeudi après-midi, le cabinet a tenu une visio-conférence afin d’approuver des mesures d’urgence pour déclarer la ville de Bnei Brak comme une « zone interdite ».

Les ministres devaient approuver des mesures qui imposeraient notamment d’évacuer les porteurs du COVID-19 de la ville vers des sites de confinement gérés par l’Etat.

Bnei Brak est la deuxième ville israélienne en terme de nombre de cas confirmés, bien qu’elle soit la neuvième du pays en termes de population. Par habitant, son taux d’infection est quatre fois plus élevé que celui de Jérusalem, la ville la plus touchée par le virus.

Le député de Yesh Atid, Ofer Shelah, qui préside la commission, a précisé par la suite que Saar faisait spécifiquement référence à environ 75 000 personnes atteintes du coronavirus.

« J’appelle tous les bureaux responsables à déployer la police avant les fêtes de Pessah. Sinon, la situation va s’aggraver. Bnei Brak est une ville avec une importante population âgée, et nous nous retrouverons avec beaucoup, beaucoup plus de morts à Bnei Brak si nous ne nous préparons pas », dit-il.

Les autorités ont tenté d’intensifier le nombre de dépistages mais Shelah a déclaré que certains habitants évitaient peut-être de se faire tester afin de ne pas avoir à s’isoler pendant Pessah.

Ran Saar, PDG de Maccabi. (Twitter)

Selon Shelah, l’estimation dramatique de Saar nécessite une action immédiate.

« D’après les différents prestataires de soins, il semble que le public ultra-orthodoxe ait peur de se faire dépister avant Pessah, et les décisions en la matière au niveau gouvernemental font défaut et sont influencées par des considérations politiques », a dit Shelah, faisant apparemment référence à l’hésitation du gouvernement à placer un cordon autour de la ville.

Ces derniers jours, les autorités ont renforcé l’application des réglementations relatives à la distanciation sociale à Bnei Brak et dans d’autres secteurs ultra-orthodoxes, où certains ont bafoué les règles interdisant de se réunir ou de quitter son domicile pour des raisons non essentielles. Les autorités cherchent des moyens de réduire l’épidémie à Bnei Brak en particulier, où les données du ministère de la Santé ont montré en début de semaine qu’un résident sur trois testé pour le coronavirus était porteur de ce virus, contre 6 % de Tel Aviv et 10 % de Jérusalem.

Cette semaine, quatre cliniques de santé publique de la ville ont été chargées de tester et de traiter les patients atteints du coronavirus, et une unité mobile du Magen David Adom de dépistage du virus a également été envoyée.

Mercredi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé des limitations strictes des déplacements à l’entrée et à la sortie de Bnei Brak dans le cadre de nouvelles directives visant à stopper la propagation de la pandémie.

« Nous avons décidé de limiter au strict minimum les entrées et sorties de la ville », a-t-il déclaré, ajoutant que tous les malades de la ville seront évacués vers des hôtels médicaux spéciaux afin d’essayer d’empêcher les membres de la famille de s’infecter mutuellement.

Le ministre de la Santé Yaakov Litzman s’exprime lors d’une conférence de presse au Bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 12 mars 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le coronavirus s’est rapidement répandu dans les communautés ultra-orthodoxes. Le ministre de la santé Yaakov Litzman, qui est ultra-orthodoxe et vit à Jérusalem, a été testé positif au COVID-19 jeudi. Le ministre, âgé de 71 ans, ne présenterait que de légers symptômes de la maladie. Sa femme est également contaminée.

Une ventilation des cas de coronavirus par ville, publiée jeudi matin par le ministère de la Santé, a montré que le nombre de patients à Bnei Brak a augmenté de 173 au cours des dernières 24 heures, soit une hausse de près de 25 %.

En dehors de Bnei Brak, le taux national d’augmentation est d’environ 11 %, selon les chiffres du ministère.

Le député Ofer Shelah du parti Yesh Atid assiste à une réunion de la commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset, le 30 avril 2018. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Plusieurs autres villes ultra-orthodoxes ont également connu de fortes augmentations, parmi lesquelles Modiin Illit, qui a enregistré neuf nouveaux cas pour un total de 70, soit une augmentation de 18 %, et Elad qui est passée de 79 à 106 cas, soit une augmentation de 35 %. Ces villes ont une population de 73 000 et 46 000 habitants.

Jérusalem, qui compte également une importante communauté ultra-orthodoxe, a le plus grand nombre de patients atteints de coronavirus dans le pays. Jeudi matin, on comptait 916 cas, soit une augmentation de 109 par rapport à la veille pour la ville de 875 000 habitants.

Tel Aviv, qui compte 450 000 habitants, est en troisième position sur la liste des foyers du virus avec 324 cas, soit 23 de plus que la veille, ce qui représente une augmentation de 8 %. La quatrième ville la plus infectée est Ashkelon, avec 151 cas, soit une augmentation de 27 à 21 % par rapport à mercredi.

Haïfa n’a pas connu d’augmentation du nombre de cas au cours des dernières 24 heures, avec 81 cas dans cette ville de 272 000 habitants.

Une ambulance de Magen David Adom, à Bnei Brak, le 1er avril 2020. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Le ministère de la Santé a fait état, jeudi matin, de 620 nouveaux cas de coronavirus depuis la veille, ce qui porte à 6 211 le nombre total de porteurs du virus. 107 patients sont dans un état grave.

Le ministère a indiqué que 127 personnes sont dans un état modéré et l’écrasante majorité des personnes contaminées – 5 659 – ne présentent que des symptômes légers. Par ailleurs, 289 personnes se sont complètement rétablies.

Israël a mis en place des mesures de plus en plus strictes pour contrecarrer la propagation du virus, les citoyens étant, pour la plupart, tenus de rester chez eux.

Pour la plupart des gens, le coronavirus provoque des symptômes légers ou modérés, tels que de la fièvre et une toux sèche. Mais pour d’autres, en particulier les personnes âgées et les personnes ayant des problèmes de santé, il peut provoquer des symptômes graves, notamment une pneumonie, et entraîner la mort.

Stuart Winer a contribué à cet article.

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