88 sénateurs appellent Obama à maintenir le veto aux résolutions unilatérales de l’ONU
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88 sénateurs appellent Obama à maintenir le veto aux résolutions unilatérales de l’ONU

Dans une lettre bipartite, les élus affirment que "même des initiatives bien-intentionnées" envers Israël peuvent entraver un progrès, et appellent le président à rester "un médiateur de confiance"

Le président américain Barack Obama quitte la Maison Blanche pour se rendre au sommet des dirigeants d'Amérique du Nord, à Ottawa (Canada), le 29 juin 2016. (Crédit : AFP/Yuri Gripas)
Le président américain Barack Obama quitte la Maison Blanche pour se rendre au sommet des dirigeants d'Amérique du Nord, à Ottawa (Canada), le 29 juin 2016. (Crédit : AFP/Yuri Gripas)

A la veille d’une rencontre entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Barack Obama à New York mercredi, 88 sénateurs américains ont adressé une lettre au Commandant en chef, lui demandant de maintenir, d’ici la fin de son mandat, la politique américaine s’opposant aux résolutions « unilatérales » de l’ONU sur le conflit israélo-palestinien, et d’y apposer son véto si cela s’avérait nécessaire.

Dans cette lettre, à l’initiative de l’AIPAC (Comité des affaires publiques américano-israéliennes) lundi, les sénateurs déclarent que bien qu’ils soient déçus du blocage des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, le seul moyen de résoudre le conflit est la conduite de « négociations directes menant à une solution viable à deux états », faisant écho à la position de Netanyahu lui-même.

La lettre a été rédigée à l’initiative de Michael Rounds, républicain du Dakota du Sud, et de la sénatrice démocrate de New York, Kristen Gilibrand.

Dans cette lettre, les signataires, dont Tim Kaine, le candidat démocrate à la vice-présidence, soutiennent que les Etats-Unis doivent rester « un indispensable médiateur de confiance » entre Israéliens et Palestiniens, et que la communauté internationale devrait « éviter de prendre des mesures qui nuisent aux perspectives d’une évolution significative. »

Le Conseil de sécurité des Nations unies réuni à l'ONU, à New York, le 22 juillet 2014. (Crédit : Kena Betancur/Getty Images/AFP)
Le Conseil de sécurité des Nations unies réuni à l’ONU, à New York, le 22 juillet 2014. (Crédit : Kena Betancur/Getty Images/AFP)

« Même les initiatives bien intentionnées aux Nations unies risquent d’enfermer les parties dans une position rendant la tâche plus difficile pour revenir à la table des négociations et faire les nécessaires compromis en vue de la paix », ont écrit les sénateurs, ajoutant que les Etats-Unis « doivent continuer à souligner que ni nous, ni aucun autre intervenant extérieur, ne peuvent se substituer aux parties dans ce conflit. »

Citant un discours d’Obama de 2011 devant l’Assemblée générale, dans lequel il affirmait que « la paix ne viendra pas de déclarations et de résolutions aux Nations unies », les sénateurs ont rappelé au président américain que « son administration a constamment maintenu la politique de longue date des Etats-Unis en s’opposant, et lorsque c’était nécessaire, en apposant son veto, aux résolutions unilatérales du Conseil de sécurité de l’ONU ».

Cette lettre est arrivée au cœur de préoccupations sur le fait qu’Obama envisagerait de laisser le Conseil de sécurité voter une résolution jugée non favorable à Israël sans utiliser le veto américain avant de quitter ses fonctions en janvier.

Dennis Ross à la conférence Zionism 3.0 à Palo Alto, Californie, le 18 septembre 2016. (Crédit : Michelle Shabtai)
Dennis Ross à la conférence Zionism 3.0 à Palo Alto, Californie, le 18 septembre 2016. (Crédit : Michelle Shabtai)

Dimanche, un ancien haut responsable américain a déclaré que la perspective d’une présidence de Donald Trump pourrait pousser Obama à soutenir une résolution posant les contours de la création d’un Etat palestinien.

« Je pense que si Trump gagne, le président sera plus enclin à aller vers une résolution du Conseil de sécurité pour essayer de faire quelque chose de contraignant, de créer une norme pour le futur que le prochain président ne pourra pas défaire », a déclaré Dennis Ross pendant une conférence sur le futur du sionisme et la relation israélo-américaine. « Si Clinton gagne, je pense qu’il [Obama] sera plus sensible à ses préoccupations de savoir si cela pourrait l’aider ou lui nuire. »

Ross, qui a travaillé sur le conflit israélo-palestinien pendant des décennies, notamment pendant deux ans en tant qu’assistant spécial d’Obama et un an comme conseiller spécial d’Hillary Clinton, a déclaré que l’actuel président « voudrait faire quelque chose, laisser une sorte d’héritage. »

En avril dernier, 394 représentants républicains et démocrates, plus de 90 % des représentants de la Chambre, avaient envoyé une lettre à Obama lui demandant de rejeter les actions prises par l’ONU allant à l’encontre d’Israël. La lettre avait été envoyée dans un contexte indiquant que l’Autorité palestinienne raviverait un projet de résolution contre la politique israélienne en Cisjordanie, semblable à celle à laquelle les Etats-Unis avaient apposé leur véto en 2011 au Conseil de sécurité.

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