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90 000 descendants de Juifs séfarades naturalisés par l’Espagne et le Portugal

Plus de deux tiers des demandeurs au Portugal sont israéliens, alors qu'en Espagne, la part des Israéliens est inférieure à 5 %

Deux femmes israéliennes arrivent à Lisbonne, au Portugal, le 15 février 2016. (Cnaan Liphshiz/JTA)
Deux femmes israéliennes arrivent à Lisbonne, au Portugal, le 15 février 2016. (Cnaan Liphshiz/JTA)

JTA – Au moins 90 000 descendants de Juifs séfarades sont devenus citoyens du Portugal ou de l’Espagne depuis 2015, date à laquelle ces pays ont adopté des lois offrant un processus de naturalisation à ces candidats, selon les données d’information les plus récentes des deux pays.

Ces lois visent à expier l’Inquisition, une campagne de persécution religieuse déclenchée à la fin du 15e siècle contre les centaines de milliers de Juifs qui habitaient la péninsule ibérique et y prospéraient.

L’Espagne a reçu au moins 153 000 demandes de citoyenneté, tandis que le Portugal en a reçu au moins 86 000, selon des données récemment relayées dans les médias espagnols et portugais dans le cadre des rapports annuels sur les tendances de l’immigration.

L’Espagne a accordé la citoyenneté à 36 000 demandeurs, soit environ 23 % du total des demandes. Le Portugal a accordé la citoyenneté à 63 % des demandeurs, soit plus de 54 000 personnes. Plusieurs milliers de demandes sont encore en attente d’examen dans les deux pays.

Vue d’une rue de la ville de Lisbonne, au Portugal, le 1er décembre 2018. (Nati Shohat/Flash90)

Plus des deux tiers des demandeurs au Portugal sont israéliens, selon un rapport publié dimanche par le journal Observador de Lisbonne. En Espagne, la part des Israéliens était inférieure à 5 %, selon des données de fin 2019.

Les dernières données ne comprennent pas les chiffres de 2021 au Portugal. En Espagne, des données ne sont disponibles que pour les trois premiers trimestres de cette année-là, lorsque le pays a rejeté pour la première fois un grand nombre de demandeurs de citoyenneté en vertu de la loi sur les réparations.

L’Espagne a rejeté au moins 3 019 demandes, toutes en 2021 sauf une, lorsque la procédure de naturalisation a été durcie suite à des craintes d’activités criminelles de la part des demandeurs. Le pays a également refusé de se prononcer sur de nombreux cas, suscitant les protestations des demandeurs à l’étranger. Le Portugal n’a rejeté que quelques centaines de personnes.

La fenêtre permettant aux descendants de Juifs expulsés d’Espagne de remplir leur demande de citoyenneté se referme. La loi espagnole sur la citoyenneté n’autorisait initialement les demandes que pour trois ans, mais le gouvernement a prolongé le délai à deux reprises, notamment en septembre dernier, pour tenir compte des problèmes bureaucratiques liés au COVID-19. Les candidats qui ont déposé leur demande avant septembre 2021 ont jusqu’à février 2022 pour compléter le processus de notarisation de leur demande.

Le propriétaire du Chelsea Football Club anglais, le magnat russe Roman Abramovich, à sa sortie du tribunal de Londres, le 4 octobre 2011. (AP/File)

Par ailleurs, la loi portugaise n’est pas limitée dans le temps. Mais l’information parue le mois dernier selon laquelle Roman Abramovich, un milliardaire juif russe, a été naturalisé au Portugal en avril a relancé le débat sur la législation de 2015. Certains législateurs portugais ont proposé de limiter le champ d’application de la loi l’année dernière, mais ils ont retiré leurs propositions de changement face à l’indignation des groupes juifs.

En Espagne, la loi de 2015 a également suscité un débat sur la question de savoir si les descendants des musulmans qui ont également été chassés pendant l’Inquisition devraient avoir accès à la citoyenneté.

Dans les deux pays, la communauté juive officielle examine les demandes et ne transmet à l’approbation du gouvernement que celles qu’elle juge crédibles.

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