A la veille du scrutin, les candidats se prennent à partie et exhortent au vote
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A la veille du scrutin, les candidats se prennent à partie et exhortent au vote

Les chefs de parti et les principaux candidats accordent leurs dernières interviews aux médias, moins de 24 heures avant l'ouverture des bureaux de vote

Des Israéliens dépouillent les bulletins de vote encore en attente des soldats et des électeurs de l'étranger au Parlement de Jérusalem, au lendemain des élections générales, le 10 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)
Des Israéliens dépouillent les bulletins de vote encore en attente des soldats et des électeurs de l'étranger au Parlement de Jérusalem, au lendemain des élections générales, le 10 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

A la veille des deuxièmes élections législatives de l’année 2019, les politiciens ont passé leur lundi à lancer les derniers appels à leur électorat, à attaquer leurs rivaux et à rassembler des votes – littéralement – en mettant en garde contre les conséquences si leur parti ne remportait pas le soutien escompté aux urnes.

Voici un échantillon des communiqués des chefs de partis et de leurs représentants, qui ont, pour certains, été interviewés par la rédaction de Ynet.

  • Le chef du Camp démocratique Ehud Barak a mis en garde le site Ynet que son parti, qui obtiendrait 6 à 7 sièges selon les sondages, « risquait de tomber en deçà du seuil d’éligibilité ». Il a déclaré que le Premier ministre tentait « frénétiquement » de se garantir 61 sièges à la Knesset, et que « ses chances d’y parvenir sont meilleures que certains ne le pensent, parce qu’il appâtera Liberman et Gantz ». Barak a averti que « si Netanyahu forme un gouvernement, il n’ira pas à l’audience [sur les affaires criminelles prévues pour octobre]. Il fera adopter immédiatement la loi sur l’immunité et la clause de contournement [de la Cour suprême]. Dès qu’il obtiendra 61 sièges, la démocratie israélienne sera de l’histoire ancienne ».
  • La ministre de la Culture Miri Regev, du Likud, a déclaré à Ynet que quelques sièges peuvent faire la différence et permettre à son parti, ou à Kakhol lavan, de former un gouvernement. Elle a donc appelé les électeurs de droite à voter pour le Likud. Si Yamina « obtient 5 sièges, ils seront dans le gouvernement du Likud. S’il nous manque deux ou trois sièges, ce sera Benny Gantz qui formera le gouvernement. Il n’y aura pas de gouvernement de droite. Interrogée sur la disposition de Kakhol lavan à former une gouvernement avec le Likud si Netanyahu n’en fait pas partie, elle a répondu : « il n’y a pas de Likud sans Netanyahu ».
  • Le chef de l’alliance Parti travailliste-Gesher Amir Peretz, créditée de 5 sièges, soit encore moins que son record le plus bas de 6 sièges, a assuré que le parti était « dans une phase de renforcement considérable ». Il a appelé les sympathisants travaillistes à ne pas rester chez eux. « Demain sera un jour de turbulence. Demain, il sera décidé si nous vivons dans le pays de [Itamar] Ben Gvir ou [dans celui du premier Premier ministre d’Israël David] Ben Gurion. Dans le pays d’Yigal Amir ou dans celui d’Yitzhak Rabin. » Il a réaffirmé que « nous ne siégerons pas avec Netanyahu. Point final. Nous ne négocierons pas avec Netanyahu. Point final. »
  • Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, a déclaré à Ynet qu’il souhaitait que le numéro 4 de sa liste, le candidat Gabi Ashkenazi, soit le prochain ministre de la Défense et que le numéro 3, Moshe Yaalon, soit ministre de l’Education. Ces portefeuilles, dit-il, seront sa priorité dans le gouvernement qu’il dirigera. « Nous voulons fédérer la société israélienne, pas la fragmenter », comme l’a fait le Likud, a-t-il assuré. Il a promis d’adopter une position belliqueuse sur les questions de sécurité et de diplomatie, une approche centriste sur l’économie, et une approche « considérée comme gauchiste » sur les questions liées aux tribunaux, aux institutions et à la démocratie.
  • Le chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a déclaré que son parti « pourrait ne recommander personne » au président qui doit mandater un député pour former le gouvernement. « J’espère que Netanyahu et Gantz s’élèveront au-dessus de leurs intérêts personnels » et acceptent de former un gouvernement d’unité laïc, a-t-il dit. « Le pays a besoin d’un gouvernement national large, un gouvernement d’unité, sans les messianiques, les extrémistes et les ultra-orthodoxes. Nous ne pouvons pas relever nos défis dans un autre cadre. Quiconque forme un gouvernement étroit n’apportera que le malheur à Israël », a-t-il ajouté.
  • Le président de Yahadout HaTorah, Yaakov Litzman, a fait savoir à Ynet que Liberman « zigzague. Il y a deux mois… il s’est précipité chez les rabbins. Je vous montrerais les photos des milliers de rabbins qu’il est allé voir, et aujourd’hui, il ne le ferait plus ». Il a maintenu que le numéro 2 de Kakhol lavan Yair Lapid était pour lui un antisémite, au vu de ses positions à l’égard des partis religieux. « Quiconque s’oppose aux ultra-orthodoxes est antisémite. Il disqualifie une population entière », a-t-il affirmé. Il a souligné qu’il ne soutiendrait pas un gouvernement dirigé par Gantz. « Dois-je aider un gouvernement laïc ? Nous n’avons aucune raison d’aller avec Gantz. Nous suivons Netanyahu. »
  • Dans une vidéo publiée en ligne, le chef de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, a déclaré que les Arabes étaient « une minorité persécutée » et appelé les électeurs juifs à voter pour sa liste au nom de la « paix, l’égalité, la démocratie et la justice sociale… Gagnons ensemble ou perdons séparément ».
  • Le député de la Liste arabe unie Ahmad Tibi a attaqué les politiques de Benjamin Netanyahu à l’égard de la population arabe et ses multiples allégations non étayées de fraude dans les bureaux de vote arabes, affirmant qu’il « n’exclut pas la possibilité que durant son prochain mandat, s’il est réélu, il demandera [au député du Likud] Miki Zohar de préparer un projet de loi limitant le droit de vote des Arabes qui ne reconnaissent pas Israël comme un État juif ».
  • Le chef du Camp démocratique, Nitzan Horowitz, a fait savoir à l’antenne de la radio militaire que son parti ne s’engageait pas à recommander Gantz. « Nous devons nous demander s’il est véritablement dans notre bloc », a-t-il indiqué, déplorant le fait que Kakhol lavan tentait de « gommer la gauche » par le biais de ses efforts pour attirer les électeurs de gauche. il a ajouté que Gantz « ne voit pas en nous des partenaires naturels. Il a dit qu’il formerait un gouvernement avec la droite ».
  • Le ministre de l’Education, Bezalel Smotrich, du parti Yamina, a également accusé le Likud de chercher à siphonner les votes de son électorat, affirmant que le Premier ministre « cherche à effacer le sionisme religieux. Il sait que [nous sommes] les seuls qui le défierons après les élections ». Néanmoins, il a précisé que son parti recommandera Netanyahu pour former le prochain gouvernement, parce qu’il est le seul candidat de droite apte à le faire.
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