A l’instar de Franco, quelques morts encombrants
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A l’instar de Franco, quelques morts encombrants

Les restes du dictateur espagnol devraient être bientôt transférés hors du mausolée où il repose depuis 1975

Des bouteilles de vin avec des étiquettes à l'effigie de Mussolini, de Hitler, de Lénine et de Staline dans un magasin du centre de Rome, le 14 septembre 2017. (Crédit : Alberto Pizzoli/AFP)
Des bouteilles de vin avec des étiquettes à l'effigie de Mussolini, de Hitler, de Lénine et de Staline dans un magasin du centre de Rome, le 14 septembre 2017. (Crédit : Alberto Pizzoli/AFP)

L’Histoire a connu quelques morts encombrants qui divisent ou font parler d’eux longtemps après leur décès :

Joseph Staline

A sa mort en 1953, le maître de l’Union soviétique est inhumé dans le mausolée de Lénine à Moscou. En 1961, ses restes sont transférés dans un tombeau plus modeste près du Kremlin dans le cadre de la déstalinisation. La sépulture reste un lieu de pèlerinage pour de nombreux nostalgiques.

Joseph Staline en juillet 1941, un an après avoir ordonné l’assassinat de Léon Trostky. (Crédit : domaine public)

Nicolae Ceaucescu

Après des manifestations réprimées dans le sang, le dictateur roumain et sa femme Elena sont arrêtés, sommairement jugés et fusillés le 25 décembre 1989 dans une caserne au nord de Bucarest.

De crainte que les tombes soient profanées, ils sont enterrés de nuit après leur exécution, sous des croix portant de faux noms. Le nom des époux fut ensuite ajouté.

Nicolae Ceaușescu (Crédit : domaine public)

Ces dernières années, la nostalgie du communisme augmente en Roumanie, nourrie par le désenchantement face à la classe politique.

En janvier 2018, de nombreux admirateurs de Ceaucescu se sont recueillis sur sa tombe en marbre rouge du cimetière Ghencea de Bucarest pour le centenaire de sa naissance.

Enver Hoxha

Après avoir dirigé l’Albanie d’une main de fer pendant 40 ans, le dirigeant communiste meurt en 1985.

Un mausolée en forme de pyramide a été prévu pour lui dans le centre de Tirana, mais il n’est pas enterré dedans.

A la place, il est inhumé en héros national au Cimetière des Martyrs, en présence de milliers de personnes en pleurs.

Enver Hoxha (Crédit : CC BY SA 3.0)

Après la chute du communisme, la dépouille d’Enver Hoxha est exhumée en 1992 et transférée dans un cimetière public ordinaire de la banlieue de Tirana. Transformé durant un temps en centre culturel, le mausolée tombe aujourd’hui en ruines.

Mouammar Kadhafi

Tué pendant la révolution libyenne en octobre 2011, le dirigeant est enterré dans un lieu secret du désert au terme d’une cérémonie religieuse.

« Une décision destinée à éviter que certains pro-Kadhafi effectuent un pèlerinage sur sa tombe », justifie à l’époque un responsable militaire libyen, selon qui « on va faire comme pour Adolf Hitler », le dictateur nazi dont le cadavre avait été escamoté par les Soviétiques après son suicide dans son bunker de Berlin en 1945.

Mouammar Kadhafi, l’ancien dictateur libyen, au 12e sommet de l’Union africaine, en février 2009. (Crédit : U.S. Navy photo by Mass Communication Specialist 2nd Class Jesse B. Awalt/Domaine public/WikiCommons)

Saddam Hussein

Saddam Hussein, qui dirige l’Irak depuis 1979, est arrêté en 2003 au fond d’un trou par des soldats américains.

Il est emprisonné à Bagdad jusqu’à son exécution le 30 décembre 2006 pour crimes contre l’humanité.

Son corps est enterré dans le mausolée qu’il avait fait construire de son vivant dans son village natal d’Aouja.

L’édifice devient un lieu de recueillement pour ses proches et partisans mais, vers 2014, il est détruit dans des circonstances mystérieuses. Certains évoquent une attaque de l’aviation irakienne, d’autres un dynamitage.

Saddam Hussein pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980 (Domaine public, Wikimedia Commons)

On ignore si le corps se trouve toujours sous les ruines du mausolée ou bien s’il a été transporté ailleurs avant ou après la destruction du lieu comme l’affirment des rumeurs.

Hailé Selassié

Les restes du dernier empereur d’Ethiopie sont découverts en février 1992 et exhumés d’une fosse à Addis-Abeba où ils avaient été jetés par les dirigeants de la Révolution de 1974.

Ce n’est qu’en novembre 2000 que le Négus – mort en 1975 dans des circonstances mystérieuses – est finalement enterré dans une église d’Addis-Abeba, en présence de la famille impériale.

Rudolf Hess (Crédit : CC BY-SA 3.0 de)

Rudolf Hess

Les restes de l’ancien bras droit d’Hitler, mort en prison en 1987, sont exhumés en catimini le 21 juillet 2011 à l’aube et sa tombe, en Bavière, est détruite pour éliminer le plus important lieu de pèlerinage néo-nazi en Allemagne.

L’exhumation, intervenue à moins d’un mois de l’anniversaire de son décès, à l’abri du public et sans que les médias en soient informés, a été impulsée contre toute attente par la famille du criminel.

Ses restes sont placés dans un nouveau cercueil qui est incinéré et les cendres dispersées en mer.

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