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Carnet du journaliste

A Lviv, on déplore l’absence de l’aide militaire de la part d’Israël

Un employé d'une start-up israélienne rencontré par hasard, dit que ses collègues montrent leur soutien, mais trouve que les dirigeants du pays sont loin d'être à la hauteur

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Alors que les Léopolitains s'inscrivent pour des licences d'armes à feu le 2 mars 2022, Yuri, à droite, exprime sa déception face aux positions officielles israéliennes. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israël)
Alors que les Léopolitains s'inscrivent pour des licences d'armes à feu le 2 mars 2022, Yuri, à droite, exprime sa déception face aux positions officielles israéliennes. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israël)

LVIV, Ukraine – C’était en fin d’après-midi à Lviv, et les flocons de neige dansant dans l’air froid donnaient un air charmant à la ville ukrainienne médiévale, alors que les préparatifs de guerre battaient leur plein.

Alors que je marchais avec ma traductrice locale Yustyna vers la synagogue Tsori Gilod, nous sommes tombés sur un signe clair de ces préparatifs.

Une douzaine d’hommes, adolescents, jeunes hommes et retraités, se sont rassemblés devant un majestueux bâtiment gris. On leur remettait des formulaires, et les invitant à se tenir contre les murs de pierre pour les remplir.

Ils s’inscrivaient pour obtenir des licences civiles d’armes à feu.

Un homme, propriétaire d’une entreprise d’outils pneumatiques, a déclaré en anglais qu’il s’y connaissait un peu en armes à feu. « Je sais les utiliser mais j’aimerais faire plus d’entraînements », a-t-il admis.

Il a récemment transféré sa famille dans une partie de l’Ukraine qu’il considérait comme sûre, puis il est retourné à Lviv. Il est prêt à se battre pour protéger la ville si les Russes se présentent.

Des voyageurs embarquent à bord d’un train vers la Slovaquie à la gare de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, le 2 mars 2022. (Crédit : AP Photo/Felipe Dana)

« Oui, je suis prêt », a-t-il déclaré. « Je suis prêt à défendre ».

Un homme plus jeune, Ivan, a déclaré avoir participé à un cours civil sur les armes à feu à Lviv il y a deux mois.

Lui aussi est prêt à risquer sa vie en cas de besoin. « Bien sûr, bien sûr », a-t-il dit.

Quand j’ai mentionné que je venais d’Israël, l’un des jeunes hommes qui faisaient la queue a pris la parole. « Je travaille pour une start-up israélienne », a-t-il déclaré.

Il était vêtu d’une veste kaki et d’un bonnet bleu.

« Ils se souciaient beaucoup de nous », a déclaré Yuri.

Ses collègues israéliens lui ont envoyé des messages de soutien chaque jour, a déclaré le jeune homme.

« Ils nous comprennent et ils nous soutiennent parce que c’est la même situation dans leur pays », a-t-il déclaré.

Malgré les encouragements de ses collègues israéliens, Yuri a été profondément déçu par le gouvernement israélien, qui s’est efforcé de ne pas s’aliéner la Russie en soutenant l’Ukraine de manière trop véhémente.

Bien qu’Israël ait voté pour condamner la Russie à l’Assemblée générale des Nations Unies mercredi, le Premier ministre Naftali Bennett a évité de le faire lui-même. Encore plus frustrant pour l’Ukraine, Israël a également bloqué la vente d’armes de fabrication israélienne à Kiev, y compris le système de défense antimissile Dôme de Fer.

« Soutenez-nous simplement », a imploré Yuri. « Israël n’a apporté aucun soutien à l’Ukraine pour le moment. Ils étaient dans la même situation et ils ne donnent aucun soutien. »

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