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Condamnant la Russie à l’ONU, Israël demande la fin de l’invasion de l’Ukraine

L'ambassadrice adjointe, s'exprimant à la place d'Erdan sur ordre de Lapid, a déclaré que Jérusalem est prête à servir de médiateur entre les parties si on le lui demande

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

L'ambassadrice adjointe d'Israël auprès des Nations unies, Noa Furman, prend la parole devant l'Assemblée générale, le 27 septembre 2017. (Cia Pak/ONU)
L'ambassadrice adjointe d'Israël auprès des Nations unies, Noa Furman, prend la parole devant l'Assemblée générale, le 27 septembre 2017. (Cia Pak/ONU)

A la tribune de l’Assemblée Générale de l’ONU, Israël a appelé mardi la Russie à mettre un terme à son attaque contre l’Ukraine, faisant un pas de plus vers la position occidentale dirigée par les États-Unis contre Moscou après des débuts hésitants pour prendre parti, en raison des craintes de s’aliéner le Kremlin.

L’ambassadrice adjointe d’Israël auprès des Nations Unies, Noa Furman, a qualifié l’invasion de la Russie de « grave violation de l’ordre international » dans un discours prononcé lors d’une session d’urgence de l’Assemblée générale sur l’Ukraine, faisant écho aux commentaires formulés précédemment par le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid.

Elle a exhorté Moscou « à tenir compte des appels de la communauté internationale à mettre fin à l’attaque et à respecter l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine ».

« Compte tenu de nos liens étroits avec les deux parties, nous sommes prêts à contribuer aux efforts diplomatiques si on nous le demande, et nous avons essayé de le faire au cours des dernières semaines », a déclaré Noa Furman.

Elle a exprimé l’inquiétude de Jérusalem face à la crise humanitaire qui se développe, y compris pour la communauté juive ukrainienne, et a parlé des 100 tonnes d’aide humanitaire envoyées par Israël dans la zone de conflit.

Israël appelle les parties à choisir la « voie du dialogue » afin de résoudre le conflit, a déclaré Noa Furman.

Elle a parlé au nom de la mission israélienne à la place de l’ambassadeur Gilad Erdan, suite aux directives du ministère des Affaires étrangères, a déclaré un fonctionnaire israélien au Times of Israël.

Au sujet de cette mise sur la touche de l’ambassadeur Erdan, une source de Jérusalem familière avec la question a déclaré que Lapid voulait être sûr que la personne qui s’adresserait à l’Assemblée Générale s’en tiendrait au message du gouvernement israélien afin d’éviter une querelle diplomatique.

Erdan avait envoyé aux journalistes une vidéo qui le montrait dans laquelle il enlaçait son homologue ukrainien Sergiy Kyslytsya à l’Assemblée Générale lundi soir. On ignore si cet élément avait conduit à la décision de Lapid de ne pas  faire participer Erdan aux débats de mardi.

Le ministère des Affaires étrangères n’aurait pas apprécié un certain nombre de mesures récemment prises par Erdan, à savoir des interviews qu’il a données à la presse israélienne sans le consentement du gouvernement, contact avec des militants du Likud et sa décision de déchirer un rapport du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies critiquant Israël lors d’un discours prononcé à l’assemblée plénière en novembre dernier, qui, selon certains à Jérusalem, n’a fait qu’attirer davantage l’attention sur la question.

Ancien ministre du Likud qui aspire un jour à diriger le parti, Erdan est une émanation du gouvernement précédent dirigé par l’ancien premier ministre Benjamin Netanyahu. Il a accepté de quitter son poste d’ambassadeur aux États-Unis après seulement un an lorsque le nouveau gouvernement a été investi en juin dernier, mais il est resté à son poste d’ambassadeur des Nations Unies.

Son bureau n’a pas répondu à une demande de commentaires.

Le discours de Noa Furman contre la Russie a précédé le vote attendu d’Israël en faveur d’une résolution de l’Assemblée générale condamnant Moscou pour son invasion de l’Ukraine.

Lapid a annoncé au début de la semaine qu’Israël voterait en faveur de la résolution, quelques jours après avoir refusé une demande des États-Unis de co-parrainer une mesure similaire au Conseil de sécurité. Vendredi, l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU Linda Thomas-Greenfield, à fait part de sa réprobation à la mission israélienne, selon une source proche du dossier.

L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations Unies, Gilad Erdan, salue son homologue ukrainien, Sergiy Kyslytsya, à l’Assemblée Générale des Nations Unies, le 28 février 2022. (Courtoisie)

Depuis que les tensions entre la Russie et l’Ukraine ont commencé à s’intensifier, Israël a cherché à éviter de s’aligner trop étroitement avec les deux parties. C’est l’un des rares pays qui entretient des relations relativement chaleureuses avec l’Ukraine, une autre démocratie occidentale, ainsi qu’avec la Russie, qui contrôle l’espace aérien au-dessus de la Syrie dans lequel Israël opère pour cibler les mandataires iraniens.

Le Premier ministre Naftali Bennett a évité de condamner directement la Russie ou son président Vladimir Poutine et a rejeté les demandes d’aide militaire de l’Ukraine. D’autre part, il a exprimé sa solidarité avec le peuple ukrainien et a approuvé de multiples envois d’aide humanitaire.

Israël n’a pas été tenu de faire de déclaration pendant la session d’urgence qui a commencé lundi et qui devait se poursuivre jusqu’à mardi soir, 110 des 193 membres de l’Assemblée générale ayant demandé la parole. Mais Jérusalem semble vouloir souligner que son hésitation à aliéner Poutine ne doit pas être interprétée comme un soutien à l’invasion.

La résolution de l’Assemblée générale pourrait être votée dès mardi soir, et elle devrait être adoptée, étant donné le soutien massif de la communauté internationale à l’Ukraine.

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