A Munich, Liberman appelle à une coalition des “modérés” contre l’Iran
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A Munich, Liberman appelle à une coalition des “modérés” contre l’Iran

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, resté dans la salle pendant le discours du ministre israélien, a fustigé l’Iran et sa politique agressive

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman pendant la Conférence sur la sécurité de Munich, le 19 février 2017. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman pendant la Conférence sur la sécurité de Munich, le 19 février 2017. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a mis en garde contre la menace iranienne au Moyen Orient et a appelé les états « modérés », dont l’Arabie saoudite, à s’unir avec Israël pour s’opposer à Téhéran.

« Pour la première fois depuis 1948, pour le monde arabe modéré, pour le monde sunnite, la plus grande menace qui leur est posée n’est pas Israël, pas les sionistes et pas les Juifs, mais l’Iran et les intermédiaires iraniens », a déclaré Liberman.

Pendant la Conférence sur la sécurité de Munich, le ministre de la Défense a fait référence en particulier à l’Arabie saoudite, dont le ministre était resté dans la salle pour le discours de Liberman, comme l’un des pays « modérés » menacés par l’Iran.

Liberman a souligné les ambitions nucléaires de l’Iran, son programme balistique et son financement à destination des groupes terroristes dans tout le Moyen Orient.

Il a répété le message qu’il avait transmis vendredi au nouveau secrétaire d’Etat américain à la Défense, James Mattis, affirmant que les trois plus grandes menaces au Moyen Orient sont « l’Iran, l’Iran et l’Iran. »

« L’organisation terroriste la plus grande, la plus brutale et la plus sophistiquée au monde [est] les Gardiens de la Révolution iraniens », a-t-il déclaré.

Un missile lancé des montagnes Alborz, en Iran, et portant l'inscription "Israël doit être effacé", le 9 mars 2016. (Crédit : Fars News)
Un missile lancé des montagnes Alborz, en Iran, et portant l’inscription « Israël doit être effacé », le 9 mars 2016. (Crédit : Fars News)

Son court discours, prononcé en anglais, est resté sur les arguments israéliens souvent entendus sur l’Iran : malgré l’accord nucléaire de 2015, Téhéran a toujours des ambitions nucléaires et viole l’accord avec des tests de missiles balistiques à capacité nucléaire ; l’Iran fournit des armes et des financements aux groupes terroristes dans le monde entier ; il mène des guerres par procuration au Yémen et en Syrie pour déstabiliser la région ; il s’est engagé à détruire le peuple juif, clame haut et fort son négationnisme et écrit qu’ « Israël doit être effacé de la carte » sur ses missiles balistiques.

Alors que les propos de Liberman sur l’Iran coïncident avec les positions du Premier ministre Benjamin Netanyahu, il a proposé une vision différente en ce qui concerne le conflit avec les Palestiniens.

Suite à son discours, pendant un entretien sur scène avec Lyse Doucet, correspondante internationale en chef de la BBC, Liberman a été interrogé sur l’engagement d’Israël envers la solution à deux états. La semaine dernière, le président américain Donald Trump avait affirmé qu’il était prêt à accepter d’autres solutions permettant de conclure un accord de paix entre Israël et les Palestiniens.

« Mon objectif final, sans aucun doute, est une solution à deux états », a déclaré Liberman, qui a souligné qu’il n’exprimait que sa propre opinion. Il a ajouté que la conception de son projet n’était pas ce que beaucoup en comprenaient, répétant ses idées pour des échanges de territoires et de populations pour tracer de futures frontières.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman et la journaliste de la BBC Lyse Doucet pendant la Conférence sur la sécurité de Munich, le 19 février 2017. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman et la journaliste de la BBC Lyse Doucet pendant la Conférence sur la sécurité de Munich, le 19 février 2017. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)

Il a également fustigé la communauté internationale qui s’inquiète qu’Israël ait un gouvernement de droite, notant que même quand l’Etat juif avait des gouvernements « pacifiques », aucun accord de paix n’a été conclu. Il a cité en particulier le sommet pour la paix d’Annapolis, dans le Maryland, où était présente Tzipi Livni, alors ministre des Affaires étrangères, également présente à Munich.

L’engagement de Liberman envers une solution à deux états est opposé à celui de beaucoup de membres du gouvernement de droite qui ont, après l’investiture de Trump, renouvelé les appels à l’annexion de grandes parties de la Cisjordanie. Ces appels ont préoccupé la communauté internationale, qui craint qu’Israël n’abandonne la solution à deux états et ne devienne un état binational.

Citant ces appels, Doucet a demandé aux personnes présentes dans le public de lever la main si elles pensaient que la solution à deux états était le seul moyen de résoudre le conflit israélo-palestinien. Quand quasiment chaque personne présente a levé la main, Liberman a plaisanté. « Le problème, c’est qu’ils ne votent pas en Israël. »

Vendredi, Liberman avait appelé les politiciens israéliens à « se calmer » sur les appels à l’annexion de la Cisjordanie.

Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, pendant la 53e Conférence sur la sécurité de Munich, le 19 février 2017. (Crédit : Christof Stache/AFP)
Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, pendant la 53e Conférence sur la sécurité de Munich, le 19 février 2017. (Crédit : Christof Stache/AFP)

Dimanche également, le ministre des Affaires étrangères de l’Iran, Mohammad Javad Zarif, a appelé à une coalition régionale avec les états arabes sunnites.

Après Liberman, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a critiqué l’Iran, déclarant que « pendant 35 ans, nous avons proposé à l’Iran notre amitié et notre soutien, et n’avons rien eu d’autre que la mort et la destruction. »

Liberman et Zarif devaient initialement partager la même scène pendant la Conférence, avec al-Jubeir et le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu. La session a cependant été annulée à la dernière minute.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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