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Interview

À Washington, l’ancien maire de Jérusalem s’oppose à la réouverture du consulat

Nir Barkat, député Likud, a déclaré que réouvrir la mission pour les Palestiniens serait une erreur majeure qui signalerait un soutien à une division de la capitale

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le député Likud Nir Barkat s'exprime lors de l'ouverture d'une ancienne route sur le site archéologique de la Cité de David dans le quartier de Silwan à Jérusalem-Est, le 30 juin 2019. (Flash90)
Le député Likud Nir Barkat s'exprime lors de l'ouverture d'une ancienne route sur le site archéologique de la Cité de David dans le quartier de Silwan à Jérusalem-Est, le 30 juin 2019. (Flash90)

Le député Likud Nir Barkat a passé la journée de jeudi à Washington, à faire pression sur les députés américains des deux partis contre la réouverture d’une mission diplomatique auprès des Palestiniens à Jérusalem, que le président américain Donald Trump a fermée en 2019.

« Je partage avec eux ma profonde inquiétude quant à l’intention de l’administration de rouvrir un consulat », a déclaré Barkat, maire de Jérusalem de 2008 à 2018, au Times of Israel. « Je suis ici pour expliquer pourquoi c’est une terrible erreur. »

L’administration Biden a annoncé son intention de rouvrir le consulat, qui servait les Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et qui était de facto la mission américaine pour les Palestiniens. Quand l’administration Trump a déplacé l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, la mission a été intégrée à l’ambassade en tant qu’unité des affaires palestiniennes, ce qui a été considéré par les Palestiniens et par d’autres comme un éloignement de leur position diplomatique.

Alors que Barkat n’a jamais remis en question la légitimité du consulat – dont l’existence préexiste à la création d’Israël – pendant les 10 années où il était maire de la ville, il affirme désormais que la réouverture du consulat n’est pas nécessaire compte tenu du fait que l’ambassade des États-Unis en Israël se trouve maintenant à Jérusalem, un raisonnement qui s’inscrit dans celui de l’administration Trump pour justifier sa fermeture.

Au contraire, a-t-il soutenu, cette décision signalerait que les États-Unis accordent de la légitimité à la revendication palestinienne sur Jérusalem-Est, qu’ils envisagent comme la capitale de leur futur État.

« Ils veulent diviser la ville de Jérusalem », a-t-il dit, faisant vraisemblablement référence aux Palestiniens. « Ce qui est inacceptable pour nous. »

Israël a conquis Jérusalem-Est à la Jordanie en 1967 et considère l’ensemble de la ville réunifiée comme sa capitale, malgré le fait que la communauté internationale a refusé d’accorder une quelconque légitimité à cette revendication, jusqu’à la décision du président Trump d’y déménager l’ambassade américaine en 2019.

Le président américain Joe Biden a réaffirmé son intention de rouvrir le consulat lors de sa rencontre avec le Premier ministre Naftali Bennett en août. Bennett s’oppose également publiquement à la réouverture de l’ambassade et à la division de Jérusalem.

Le bâtiment du consulat général des États-Unis à Jérusalem, le 4 mars 2019. (Crédit : Ariel Schalit / AP)

L’administration Biden a accepté de ne pas transformer l’Unité des affaires palestiniennes en consulat – le personnel opère toujours dans l’ancien bâtiment du consulat de la rue Agron près du centre-ville – jusqu’à ce que le gouvernement Bennett adopte un budget au mois de novembre. Les responsables craignent que l’ouverture du consulat ne déclenche un conflit au sein de la large coalition et ne déstabilise, voire renverse, le gouvernement Bennett.

Barkat siège dans l’opposition, mais comme Bennett, il est opposé à la création d’un État pour les Palestiniens et a déclaré vouloir empêcher le gouvernement de subir des pressions de la part des Américains sur la question.

Il a souligné que le retrait américain d’Afghanistan était révélateur des dangers de l’abandon de certaines parties de Jérusalem et de la Cisjordanie.

« Ce qui s’est passé là-bas est un énorme feu rouge contre même l’idée d’une solution à deux États », a-t-il déclaré.

« Si Israël renonce à un centimètre carré de Judée-Samarie et autorise les Palestiniens à fonder leur propre État, vous aurez immédiatement les talibans et le Hamas dans tout le pays. Ce n’est pas un risque acceptable. »

Pour prouver qu’il parle au nom de la majorité de la société israélienne, il a également commandé un sondage montrant que 72 % des électeurs israéliens s’opposaient à la réouverture du consulat.

Il a déclaré que l’ambassade des États-Unis avait échangé avec son personnel sur la question et de son opposition à la réouverture.

Barkat, dont la fortune technologique estimée à 500 millions de shekels fait de lui le politicien le plus riche d’Israël, a financé lui-même son voyage. Il a refusé de révéler qui il rencontrerait.

Nir Barkat, alors maire de Jérusalem, au sommet du musée de la Tour de David, le 14 avril 2015. (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

Lors d’un voyage en juillet à Washington au cours duquel il s’est également opposé à la réouverture du consulat, Barkat a rencontré le représentant de la minorité parlementaire Kevin McCarthy, la sénatrice Lindsey Graham, et les représentants Ted Deutch et Jake Auchincloss.

L’ancien maire a affirmé que la décision de rouvrir l’ambassade était poussée par le flanc progressiste du Parti démocrate.

Le « groupe qui pousse l’administration à ouvrir le consulat est le même groupe extrême qui cherche à empêcher Israël d’assurer sa sécurité grâce au Dôme de Fer », a-t-il déclaré.

Mardi, l’aide financière pour la reconstitution des stocks de missiles intercepteurs pour le système de défense aérienne du Dôme de Fer a été supprimée d’un projet de loi budgétaire démocrate sous la pression des députés progressistes.

« Ils n’acceptent pas Israël comme État juif », a-t-il affirmé. « C’est un petit groupe extrême au sein du Parti démocrate. Je pense que la majorité du parti, de concert avec les Républicains, finira par soutenir le Dôme de Fer pour Israël. »

Le Congrès a adopté jeudi soir un projet de loi de financement autonome du Dôme de Fer.

Barkat s’attendait également à aborder le sujet de l’Iran avec les représentants américains.

« Mon message ici est : soyez agressif avec les méchants, et accommodant avec les gentils », a-t-il déclaré.

« Je suis là pour réaffirmer la nécessité d’être aussi agressif que possible avec l’Iran jusqu’à ce qu’il abandonne sa volonté d’obtenir la bombe et de soutenir et promulguer le terrorisme dans notre région et partout dans le monde. »

JTA a contribué à cet article.

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