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Opinion

À Yom Kippour, le faible espoir d’une « bonne conclusion »

Les raisons d'être pessimiste ne manquent pas - mais aujourd'hui, peut-être plus qu'à aucun autre moment depuis deux ans, il y a au moins des efforts qui visent à changer une nouvelle normalité terrible

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) quittant la salle à manger d'apparat de la Maison Blanche après une conférence de presse, à Washington, le 29 septembre 2025. (Crédit : Win McNamee/Getty Images via AFP)
Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) quittant la salle à manger d'apparat de la Maison Blanche après une conférence de presse, à Washington, le 29 septembre 2025. (Crédit : Win McNamee/Getty Images via AFP)

Alors que nous venons de vivre Yom Kippour, la journée la plus solennelle et la plus importante du calendrier juif, puissions-nous enfin nous accorder quelques raisons d’espérer.

Jamais avare d’hyperboles — il a salué « ce qui est potentiellement l’un des plus grands jours de toute l’Histoire de la civilisation » — mais toujours conscient de la puissance sidérante de sa fonction face au monde, le président américain Donald Trump est parvenu, lundi, à réunir autour de lui un nombre sans précédent de dirigeants arabes et musulmans. Son objectif : mettre enfin un terme à deux ans de guerre dévastatrice dans le cadre du conflit qui oppose Israël aux meurtriers de masse du Hamas et garantir la remise en liberté de tous les otages, vivants ou morts, qui se trouvent dans les geôles du groupe terroriste depuis le pogrom commis dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023.

En présentant son plan, Trump a également donné une explication succincte et attendue depuis longtemps sur la manière dont nous sommes entrés dans la triste réalité qui est la nôtre depuis près de deux ans – en choisissant de rappeler à un monde entier indigné face à la mort et aux destructions à Gaza la genèse du désastre : le conflit avait commencé par une prise d’assaut du Hamas, a-t-il dit, une attaque sanglante qui n’avait pas été provoquée et qui avait émané d’un territoire dont Israël s’était complètement désengagé. Il a aussi rappelé que cette guerre se poursuivait parce que le Hamas refusait de remettre en liberté les captifs et qu’il rejetait toute perspective de déposer les armes.

Après avoir pris le pouvoir dans une bande de Gaza dont les Israéliens s’étaient totalement désengagés, a noté le président, le Hamas « a détourné des ressources pour construire plus de 600 kilomètres de tunnels et des infrastructures terroristes, des usines de fabrication de roquettes, et il a caché son poste de commandement militaire et ses sites de lancement dans des hôpitaux, des écoles et des mosquées. Ainsi, si vous poursuivez les hommes armés… vous finissez par détruire un hôpital, une école ou une mosquée. Ce qui est une chose terrible, c’est une façon terrible de devoir se battre ».

Il ne semble ne pas y avoir de raison valable pour que ce qui reste aujourd’hui du Hamas accepte de renoncer à son meilleur moyen de survivre et de redresser la tête – à savoir les otages qu’il avait capturés en ce jour infernal et qu’il retient depuis lors dans ses enfers souterrains, et qu’il accepte de les remettre en liberté dans les deux ou trois premiers jours du cessez-le-feu dont le cadre a été présenté par Trump. D’autant plus que le plan en 20 points de Trump ne donne aucun calendrier précis en ce qui concerne le retrait militaire israélien et qu’il ne prend aucun engagement spécifique concernant la création d’un État palestinien.

Plus largement, il semble qu’il n’y ait aucune raison impérieuse pour qu’une organisation dont la raison d’être est de détruire l’État d’Israël et de tuer des Juifs accepte, comme l’exigent les termes de la proposition de Trump, une formule qui a été clairement conçue pour signer sa disparition.

Pourquoi le Hamas libérerait-il tous les otages et approuverait-il une proposition visant à assurer sa disparition ? Pourquoi la Turquie et le Qatar, qui soutiennent le Hamas et sont désormais des médiateurs déterminants, chercheraient-ils à le faire disparaître ?

La majorité des Gazaouis en ont assez de cette guerre. La plupart des Israéliens en ont également assez. De manière plus générale, c’est tout le Moyen-Orient qui en a assez de cette guerre. Tout comme le monde. Mais le Hamas a juré de faire connaître de nouveaux 7 octobre aux Israéliens encore et encore, jusqu’à ce que l’État juif disparaisse et l’un de ses chefs, Mahmoud Mardawi, a répété une nouvelle fois, cette semaine, que le groupe terroriste ne renoncera pas à ses armes, insistant sur la légitimité de tous les moyens de résistance face à « l’occupation » — le terme utilisé par le Hamas pour désigner Israël.

Et pourtant, les dirigeants arabes et musulmans des pays voisins, l’Égypte et la Jordanie, et de pays plus éloignés, la Turquie, le Qatar, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, le Pakistan et l’Indonésie — certains sont en paix avec Israël, d’autres sont profondément hostiles à l’État juif — se sont engagés à aider Trump à concrétiser sa vision « complexe », comme il l’a lui-même reconnu, pour guérir Gaza, pour assurer la sécurité d’Israël et pour avancer vers « une paix éternelle au Moyen-Orient ».

Et certains des hauts-responsables arabes et musulmans les plus influents se trouvent actuellement au Qatar, où ils disent ouvertement au Hamas qu’il doit donner son accord au président américain.

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) participent à une conférence de presse à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 29 septembre 2025. (Crédit : Jim WATSON / AFP)

Pour sa part, le Premier ministre Benjamin Netanyahu – qui est dénoncé par une grande partie de la population israélienne, y-compris par la majorité des familles des 48 otages, pour avoir longtemps rejeté la possibilité de garantir leur libération en échange de la fin de la guerre – a accepté le plan de Trump avec empressement, après avoir obtenu des concessions importantes sur ses dispositions.

Si la proposition aboutit et que les otages sont relâchés, les intérêts nationaux israéliens et les considérations politiques et électorales de Netanyahu se seront alignés – notamment avec la perspective de nouveaux accords de normalisation avec les États arabes et musulmans dans le cadre des Accords d’Abraham. La colère et les menaces des partis d’extrême droite de la coalition – dont les appels à l’annexion de Gaza, avec un rétablissement de la présence juive au sein de l’enclave, ont été rejetés – se trouveront marginalisées.

En cas d’échec de la proposition, le Premier ministre sera considéré comme ayant tout de même essayé. Il n’aura pas contrarié Trump et il aura obtenu l’engagement public du président américain à soutenir pleinement Israël pour « finir le travail » d’anéantissement du Hamas à Gaza, indépendamment des conséquences.

Le Hamas va-t-il recourir à sa tactique habituelle du « oui, mais… » pour gagner du temps ? Va-t-il tenter de faire échouer cette dernière initiative menée par les États-Unis, de rejeter toute la responsabilité de cet échec, dans un monde égaré, irresponsable, sur un Israël universellement décrié ? C’est tout à fait possible. Le Hamas pense-t-il pouvoir encore échapper à sa disparition inévitable ? Là encore, c’est tout à fait possible.

Le Hamas pourrait-il ourdir un complot, se fondant temporairement dans la masse à Gaza en redoublant d’efforts pour porter atteinte à Israël depuis la Cisjordanie, par exemple, où il est puissant et où l’Autorité palestinienne est faible et impopulaire ?

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à droite) et le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh lors de leur rencontre, à Istanbul, le 20 avril 2024. (Crédit : Présidence turque via AP)

La Turquie du président Recep Tayyip Erdogan – qui défend le Hamas avec ferveur et qui semble désormais se hisser au rang d’acteur de premier plan dans la nouvelle configuration de Trump, alors qu’elle convoite les avions F-35 américains – a longtemps accueilli le chef terroriste du Hamas en Cisjordanie, Salah al-Arouri (qui a été assassiné par Israël à Beyrouth au mois de janvier 2024).

Le Qatar, l’autre acteur déterminant qui dispose d’un potentiel levier d’influence et qui a affirmé vouloir permettre la mise en œuvre de la proposition de Trump, attise depuis des années un climat d’incitations à la violence et promeut les actes anti-israéliens via Al Jazeera, servant également de quartier-général extérieur au Hamas. Il ne serait pas raisonnable de s’attendre à ce que l’un ou l’autre de ces deux pays cherche véritablement à éliminer le Hamas.

L’émir Tamim ben Hamad al-Thani (à droite), souverain du Qatar depuis 2013, lors d’une réunion avec le chef du bureau politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh (hors champ), et le responsable Khaled Meshaal, à Doha, le 17 octobre 2016. (Crédit : Gouvernement du Qatar)

Il s’agit d’un président qui est tout à fait capable de changer radicalement d’avis sur des questions nationales et internationales fondamentales. Après avoir proposé, il y a moins de huit mois, le déplacement permanent de tous les habitants de Gaza et la transformation de l’enclave en « Côte d’Azur » du Moyen-Orient, il est aujourd’hui à la tête d’un nouveau « conseil » pour une nouvelle enclave côtière dont aucun habitant ne sera contraint de partir.

Que sait le président que nous ignorons ? Nous l’apprendrons bien assez tôt

Mais comme à son habitude, Trump a affiché une confiance absolue dans la viabilité de sa dernière vision. « J’ai entendu dire que le Hamas souhaite également que les choses se fassent », a-t-il affirmé avant d’ajouter : « Les pays arabes… et musulmans vont traiter avec le Hamas… Je pense qu’ils ont probablement un accord. Ils ne l’ont peut-être pas mentionné, mais j’imagine que c’est le cas. Sinon, ils ne seraient pas allés aussi loin ».

Que sait le président que nous ignorons ? Nous l’apprendrons bien assez tôt.

Les raisons de faire preuve de pessimisme ne manquent pas. Mais aujourd’hui, peut-être plus qu’à aucun autre moment au cours des deux dernières années, il y a au moins de grands efforts concertés qui visent à changer une nouvelle normalité terrible, faisant naître l’espoir qu’une petite lumière puisse enfin commencer à percer dans un tunnel infernal.

Alors que nous sortons tout juste de ces jours parmi les plus sombres, puissions-nous espérer que les forces conjointes des hommes qui sanctifient véritablement la vie seront bénies dans leur mission visant à allumer cette lumière – cette lumière si faible, mais a appelée de ses vœux avec tant de confiance par l’homme le plus puissant du monde.

Puisse-t-il en effet, comme nous, Juifs, le souhaitons à cette période de l’année, être un « Gmar tov », une « bonne conclusion. »

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