Abbas évoque Jérusalem et la paix avec le roi Abdallah de Jordanie
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Abbas évoque Jérusalem et la paix avec le roi Abdallah de Jordanie

La protection des lieux saints de Jérusalem a également été au menu des discussions

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le roi Abdullah II de Jordanie accueille le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au Palais royal d'Amman, le 29 janvier 2018 (Photo AFP / Khalil Mazraawi)
Le roi Abdullah II de Jordanie accueille le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au Palais royal d'Amman, le 29 janvier 2018 (Photo AFP / Khalil Mazraawi)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a rencontré lundi le roi Abdallah II de Jordanie à Amman.

L’agence de presse officielle palestinienne Wafa a indiqué que les deux hommes ont discuté de la protection des lieux saints de Jérusalem après la décision prise par le président Donald Trump de reconnaître la ville en tant que capitale israélienne et d’y transférer l’ambassade américaine, jusque-là installée à Tel Aviv.

Selon l’agence de presse jordanienne Petra, les deux hauts-responsables ont également évoqué les moyens de relancer les négociations de paix israélo-palestiniennes et la situation en Cisjordanie.

Il s’agissait de la première visite d’Abbas à l’étranger depuis son discours du 20 février au Conseil de sécurité des Nations unies.

La visite d’Abbas en Jordanie survient alors que des sources affirment que son état de santé s’est détérioré ces dernières semaines.

Ces rumeurs, qui ont été démenties par certains hauts responsables de l’Autorité palestinienne, ont été déclenchés par la visite d’Abbas dans un hôpital américain, où il aurait subi des examens de santé, selon ses assistants.

Si Abbas, un gros fumeur âgé de 82 ans, a régulièrement consulté des médecins dans le royaume hachémite au cours des deux dernières décennies, personne ne pouvait confirmer s’il avait prévu de consulter à nouveau lors de sa visite.

Le roi Abdallah II de Jordanie, à droite, avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à son arrivée à Ramallah, en Cisjordanie, le 7 août 2017. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Lors de la réunion de lundi, M. Abbas a salué le soutien du monarque jordanien aux Palestiniens et son rôle dans la défense des lieux saints islamiques et chrétiens à Jérusalem.

Abdallah, pour sa part, a réaffirmé le soutien de son pays à un Etat palestinien et à la liberté des Palestiniens.

La Jordanie, a-t-il dit, continuera de travailler en coordination avec les autres parties concernées à la reprise des pourparlers de paix entre les Palestiniens et Israël sur la base d’une solution à deux Etats, de l’Initiative de paix arabe de 2002 et des résolutions des Nations unies.

Atteindre une paix juste et globale est le seul moyen de mettre fin au conflit israélo-palestinien et de parvenir à la sécurité et à la stabilité dans la région, a déclaré Abdallah au dirigeant de l’AP.

Abdallah a également déclaré face à Abbas que la Jordanie était opposée aux « politiques israéliennes, aux mesures unilatérales et aux attaques récurrentes sur les lieux saints à Jérusalem ».

Les commentaires d’Abdallah s’opposent à ceux de Marwan Muasher, le premier ambassadeur de Jordanie en Israël et l’un des architectes de l’Initiative de paix arabe, qui a déclaré que la solution à deux Etats n’était plus une option.

« Certains diront que [la solution à deux Etats] n’a jamais existé, mais elle est certainement morte aujourd’hui », avait-il déclaré à Middle East Eye, accusant Israël et les Etats-Unis de la fin du processus.

« Aucune négociation n’aboutira aujourd’hui à une solution à deux Etats, parce que l’un des partis n’en veut pas – le parti israélien –, et que l’intermédiaire dans ces pourparlers est désormais totalement partial envers les Israéliens », a déclaré Muasher, ancien ministre des Affaires étrangères et ancien ambassadeur aux Etats-Unis. « Dans ces conditions, on ne peut plus s’accrocher à un ancien modèle. »

Il a ajouté que l’effondrement du processus de paix avait laissé la Jordanie dans une position précaire.

« Nous sommes très vulnérables et inquiets face à ce sujet et cela explique pourquoi la Jordanie a toujours été une fervente partisane de la solution à deux Etats, car c’était dans l’intérêt de la Jordanie et pas seulement dans l’intérêt des Palestiniens ». « Aujourd’hui, ça s’est évaporé. »

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