Accord nucléaire: l’Iran critique les « promesses non tenues » des Européens
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Accord nucléaire: l’Iran critique les « promesses non tenues » des Européens

"L'Union européenne (UE) était supposée remplacer les Etats-Unis mais, malheureusement, elle n'a pas réussi à tenir ses promesses", a dit le chef de l'OIEA

Le vice-président iranien et chef de l'Organisation de l'énergie atomique Ali Akbar Salehi écoute une question lors d'une conférence de presse conjointe avec Miguel Arias Canete, commissaire européen chargé de l'action pour le climat et de l'énergie, au siège de la Commission européenne à Bruxelles le lundi 26 novembre 2018. (AP Photo/Francisco Seco)
Le vice-président iranien et chef de l'Organisation de l'énergie atomique Ali Akbar Salehi écoute une question lors d'une conférence de presse conjointe avec Miguel Arias Canete, commissaire européen chargé de l'action pour le climat et de l'énergie, au siège de la Commission européenne à Bruxelles le lundi 26 novembre 2018. (AP Photo/Francisco Seco)

Le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA) a estimé dimanche que Téhéran n’avait d’autre choix que de réduire ses engagements pris en vertu de l’accord sur son programme nucléaire, du fait des « promesses non tenues » des Européens.

Ali Akbar Salehi a tenu ces propos aux côtés de Cornel Feruta, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), de passage à Téhéran.

Cette visite intervient au lendemain de l’annonce par l’Iran de la mise en route de centrifugeuses avancées devant augmenter son stock d’uranium enrichi, troisième étape de la réduction de ses engagements en matière nucléaire pris en 2015 dans le cadre d’un accord international.

Téhéran a commencé en mai à se désengager de ses obligations, en réponse au retrait unilatéral de Washington de cet accord en 2018 et à l’incapacité des Européens parties au texte (Allemagne France, Royaume-Uni) à l’aider à contourner les sanctions rétablies par les Etats-Unis.

« L’Union européenne (UE) était supposée remplacer les Etats-Unis mais, malheureusement, elle n’a pas réussi à tenir ses promesses », a dit M. Salehi devant des journalistes.

« Nous avons entendu le porte-parole de l’UE dire que (les Européens) maintiendraient leurs engagements (pris à Vienne) tant que l’Iran en ferait de même », a-t-il poursuivi. « Leur engagement consiste-t-il à ne pas tenir leurs promesses ? Malheureusement, c’est ce que les Européens ont fait jusqu’à maintenant ».

L’accord sur le nucléaire iranien était censé être une rue « à deux voies », a encore dit M. Salehi. « Si ça devient une rue à sens unique, la République islamique d’Iran prendra assurément les bonnes décisions au bon moment comme elle l’a fait avec ces trois étapes » de réduction de ses engagements.

Après sa rencontre avec M. Salehi, le chef de l’AIEA, Cornel Feruta, a rencontré le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, selon un journaliste de l’AFP.

Au cours de sa visite, M. Feruta a été mis au fait des « activités annoncées (par l’Iran) relatives à (son programme de) recherche et développement de centrifugeuses », a indiqué l’AIEA dans un communiqué publié à Vienne, son siège.

« Les discussions ont tourné autour des activités de l’AIEA en Iran avec un accent mis sur la poursuite de l’interaction entre l’Iran et l’agence », d’après le communiqué.

M. Feruta, précise le texte, a insisté sur la nécessité « que l’Iran coopère pleinement et en temps et en heure » avec l’AIEA.

Samedi, l’agence avait indiqué que ses inspecteurs sur le terrain rendraient compte prochainement de la situation créée par la décision prise par Téhéran de mettre en route de nouvelles centrifugeuses.

L’Iran avait souligné de son côté qu’il continuerait d’autoriser le même accès aux inspecteurs de l’AIEA chargés de surveiller son programme nucléaire.

La France, engagée dans un effort de médiation pour amorcer un dialogue entre Téhéran et Washington, avait appelé jeudi l’Iran à « s’abstenir de toute action concrète non conforme à ses engagements ».

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, donne une conférence de presse avec son homologue marocain à Rabat le 8 juin 2019. (Crédit : FADEL SENNA / AFP)

Dimanche, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a affirmé que « les voies du dialogue sont toujours ouvertes, y compris aujourd’hui » avec Téhéran, qui doit toutefois renoncer « à ce type d’actions qui entravent le processus de désescalade que nous voulons mettre en place ».

Depuis mai, Téhéran a augmenté ses stocks d’uranium enrichi au-delà de la limite fixée par l’accord, et enrichit ce minerai à 4,5 %, niveau supérieur au plafond fixé (3,67 %), mais très loin du seuil requis pour une utilisation militaire.

Samedi, l’OIEA a indiqué que 20 centrifugeuses de type IR-4 et 20 autres de type IR-6 avaient été actionnées. L’accord de Vienne n’autorise Téhéran à produire de l’uranium enrichi qu’avec des centrifugeuses de première génération (IR-1).

La visite de M. Feruta à Téhéran survient à la veille d’une réunion trimestrielle du Conseil des gouverneurs de l’AIEA à Vienne, au cours de laquelle les vérifications et le suivi de la situation en Iran seront discutés.

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