Washington « pas surpris » par la mise en route de centrifugeuses iraniennes
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Washington « pas surpris » par la mise en route de centrifugeuses iraniennes

Téhéran a mis en route 20 centrifugeuses de type IR-4 et 20 autres de type IR-6 ; Paris veut continuer à sauvegarder l'accord

Le président iranien Hassan Rouhani en conférence de presse à Téhéran, le 26 août 2019. (Crédit : Bureau du président iranien via AP)
Le président iranien Hassan Rouhani en conférence de presse à Téhéran, le 26 août 2019. (Crédit : Bureau du président iranien via AP)

Le ministre américain de la Défense Mark Esper a affirmé samedi à Paris n’être « pas surpris » de la mise en route par Téhéran des centrifugeuses avancées, dont la production augmentera le stock iranien d’uranium enrichi, en violation de l’accord nucléaire de 2015.

« Je ne suis pas surpris que l’Iran ait annoncé qu’il allait violer le JCPOA (accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, ndlr) », dont les Etats-Unis sont sortis l’an dernier, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue française, Florence Parly.

« Ils le violent déjà, ils ont violé le traité de non-prolifération pendant des années donc ce n’est pas une surprise », a-t-il commenté.

Le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi, a annoncé samedi que Téhéran avait mis en route 20 centrifugeuses de type IR-4 et 20 autres de type IR-6, alors que l’accord sur le nucléaire iranien ne l’autorise à ce stade à produire de l’uranium enrichi qu’avec des centrifugeuses de première génération (IR-1).

Dans cette photo du 8 juillet 2019, le secrétaire américain à la Défense Mark Esper attend l’arrivée de l’Emir du Qatar Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani au Pentagone. (AP Photo/Susan Walsh)

La ministre française des Armées Florence Parly a de son côté rappelé la volonté de Paris de sauvegarder l’accord sur le nucléaire iranien.

« Nous ne pouvons que confirmer l’objectif qui est le nôtre : ramener l’Iran au respect de l’accord de Vienne. Nous continuerons à pousser dans ce sens. Tous les efforts diplomatiques sont orientés vers cela. Il faut poursuivre », a-t-elle souligné.

Paris avait appelé jeudi l’Iran à « s’abstenir de toute action concrète non conforme à ses engagements ».

En réponse au retrait américain en 2018 et à l’incapacité des Européens pour l’aider à contourner les sanctions, Téhéran a arrêté en juillet de respecter certains de ses engagements pris aux termes de l’accord.

Le secrétaire d’État américain Michael Pompeo lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 20 mars 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait jugé vendredi « inacceptable » la nouvelle réduction des engagements pris par l’Iran pour encadrer ses activités nucléaires appelant les Européens à « mettre fin au chantage » de Téhéran.

« Ils viennent d’annoncer qu’ils vont continuer à faire plus de recherche et développement sur leurs systèmes d’armes nucléaires. C’est inacceptable », a-t-il déclaré sur une radio locale lors d’un déplacement dans l’Etat du Kansas.

« Le fait que l’Iran conserve une capacité massive d’enrichissement d’uranium souligne une faiblesse fondamentale de l’accord iranien », a-t-il ajouté ensuite sur Twitter.

L’Iran a commencé en mai à se désengager très progressivement de ses obligations prises dans le cadre de l’accord international de 2015 en réponse au retrait américain de ce texte décidé par Donald Trump.

« Nous sommes confiants dans le fait que le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne – des nations civilisées – vont prendre des mesures décisives pour mettre fin au chantage nucléaire mené par l’Iran », a aussi tweeté Mike Pompeo.

Ces trois pays européens restent très attachés à l’accord de 2015 dont ils sont également signataires, et redoublent d’efforts pour tenter de convaincre l’Iran de maintenir les engagements pris dans le cadre de ce texte malgré les sanctions imposées par les Etats-Unis.

La France a ainsi engagé une médiation pour rendre possible un éventuel tête-à-tête entre le milliardaire républicain américain et son homologue iranien Hassan Rouhani fin septembre lors de l’Assemblée générale de l’ONU.

Sans se référer directement à l’initiative française, qui semble encore buter sur le refus américain d’assouplir sa « campagne de pression maximale », Mike Pompeo s’est toutefois dit « confiant » sur la possibilité d’une issue diplomatique.

« Depuis des mois, le président Trump dit qu’il est prêt à rencontrer les dirigeants iraniens sans conditions préalables », a-t-il rappelé.

« Mais nous sommes très clairs sur le résultat que nous recherchons en cas de discussions », a ajouté le secrétaire d’Etat, dénonçant une nouvelle fois les « campagnes de terreur » menées selon lui par l’Iran à travers le monde, ainsi que son programme de missiles balistiques, également jugé « inacceptable ».

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