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Accord Qatar-AP sur l’approvisionnement en gaz israélien de la centrale de Gaza

L'envoyé qatari a promis 60 millions de dollars pour construire un pipeline qui reliera les structures gazières d'Israël et la seule centrale de l'enclave côtière

L'unique centrale électrique de la bande de Gaza. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)
L'unique centrale électrique de la bande de Gaza. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Le Qatar, l’Autorité palestinienne (AP) et la compagnie électrique de Gaza ont signé un accord, dimanche, portant sur un projet consistant à approvisionner à long-terme en gaz naturel israélien la seule centrale électrique de Gaza.

L’envoyé qatari dans la bande de Gaza, Mohammad al-Emadi, a fait savoir dans un communiqué que Doha avait signé un protocole d’accord concernant l’investissement de 60 millions de dollars dans la construction du pipeline nécessaire pour ce projet.

Toutefois, un accord final sur cette initiative – qui est en chantier depuis des années – n’a pas encore été trouvé, et il faudra peut-être des mois ou des années avant de le conclure.

L’initiative baptisée « Gaz pour Gaza » est un exercice diplomatique complexe qui implique Israël, le groupe terroriste palestinien du Hamas, l’AP, le Qatar, l’Égypte et l’Union européenne (UE) entre autres acteurs. L’objectif poursuivi est de remplacer le carburant qui alimente actuellement la centrale électrique de Gaza par le gaz israélien.

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Gaza souffre d’un manque d’électricité chronique depuis plus d’une décennie. Il n’y a qu’une seule centrale électrique – qui fonctionne à l’aide de carburant importé – au sein de l’enclave côtière et les habitants font face à des pannes quotidiennes qui peuvent durer entre huit et douze heures.

Le Qatar, depuis 2018, a remis périodiquement – avec l’accord d’Israël – des millions de dollars en liquidités aux gouvernants du Hamas pour qu’ils puissent payer le carburant pour la centrale électrique, pour qu’ils puissent mettre en œuvre des projets d’infrastructure et pour qu’ils puissent aider des dizaines de milliers de familles gazaouies.

Faire passer Gaza du carburant au gaz fossile est largement considéré comme une solution importante à apporter à la crise de l’électricité dans l’enclave. Des discussions sur un pipeline de gaz fossile sont en cours depuis des années, sans calendrier clair concernant leur aboutissement.

Selon cette proposition, le gaz partirait du champ israélien Leviathan, qui se trouve au large de la côte de Gaza, vers le sud d’Israël. L’UE et le Qatar financeraient alors l’extension du pipeline jusqu’à la centrale électrique de Gaza.

L’envoyé qatari dans la bande de Gaza, Mohammed al-Emadi, s’exprime lors d’un entretien dans son bureau de l’AFP à Gaza City, le 24 août 2019. (Mahmud Hams/ AFP)

Au mois de février, Al-Emadi avait prédit qu’un accord final pourrait être signé dans les six mois. Mais la guerre qui a opposé Israël et les groupes terroristes de Gaza, au mois de mai, semble avoir significativement retardé ce calendrier, – l’attention internationale s’étant tournée vers la reconstruction de la bande dans le sillage du conflit.

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