Agence AP : Israël va rendre les corps des terroristes palestiniens
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Agence AP : Israël va rendre les corps des terroristes palestiniens

L’agence pour les prisonniers n’a pas précisé combien de corps seraient rendus, mais a dit que les dépouilles d’un tireur seraient rendues mercredi à sa famille

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Des Palestiniens en deuil chantent des slogans pendant qu'ils transportent le corps de Mahmoud Shalan, 17 ans, pendant ses funérailles à Deir Debwan, un village de Cisjordanie proche de Ramallah, le 2 mars 2016. (Crédit : Flash90)
Des Palestiniens en deuil chantent des slogans pendant qu'ils transportent le corps de Mahmoud Shalan, 17 ans, pendant ses funérailles à Deir Debwan, un village de Cisjordanie proche de Ramallah, le 2 mars 2016. (Crédit : Flash90)

Une agence de l’Autorité palestinienne (AP) traitant des prisonniers a annoncé lundi qu’Israël avait accepté de restituer pour des funérailles les corps d’un nombre non précisé de terroristes palestiniens tués pendant qu’ils menaient des attaques contre des Israéliens.

Muhammad Jamal al-Kalouti, 21 ans, originaire de Kafr Aqab, à Jérusalem Est, avait tiré le 9 mars sur le tramway de Jérusalem, près de la Nouvelle Porte de la Vieille Ville, et avait grièvement blessé un Israélien. Son corps devrait être le premier rendu, dès mercredi, a annoncé la Commission des détenus et anciens détenus dans un communiqué.

Le communiqué n’a pas précisé quel corps serait rendu après, ou combien de corps d’attaquants Israël avait accepté de restituer.

Les conditions du transfert du corps d’al-Kalouti sont que les funérailles soient organisées à minuit et ne comptent que 25 personnes au maximum. De plus, un dépôt de 25 000 shekels (5 950 euros) doit être transféré aux autorités israéliennes. Ce dépôt est remboursé aux proches si les funérailles sont menées conformément aux restrictions.

Des palestiniens portent les corps de Yazan Basim, Mahmoud Abu Zena et Hamza Abu Al-Haija pendant leurs funérailles au camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie, le 22 mars 2014. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)
Des palestiniens portent les corps de Yazan Basim, Mahmoud Abu Zena et Hamza Abu Al-Haija pendant leurs funérailles au camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie, le 22 mars 2014. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Les responsables israéliens affirment que les funérailles des attaquants, qui ont été tués pendant qu’ils poignardaient, tiraient ou écrasaient des Israéliens ces dix derniers mois, se sont souvent transformées en manifestation de masse en soutien au terrorisme palestinien. Les corps sont par conséquent gardés jusqu’à ce que les proches acceptent d’organiser des funérailles discrètes, qui n’appellent pas à d’autres attaques.

Les autorités israéliennes n’ont pas confirmé l’information.

Plus tôt en août, Israël avait accepté de rendre le corps de Bahaa Allyan, qui avait été tué pendant qu’il menait une attaque mortelle dans un bus de Jérusalem, dans laquelle trois Israéliens avaient été assassinés.

La police israélienne avait convoqué Muhammad Allyan pour une réunion, et proposé de rendre le corps de son fils Bahaa si la famille acceptait de l’enterrer pendant une cérémonie privée et tardive, avec seulement 15 personnes, avait annoncé l’agence de presse palestinienne Maan.

Le terroriste de Jérusalem, Bahaa Allyan (Crédit : Facebook/Bahaa Allyan)
Le terroriste de Jérusalem, Bahaa Allyan (Crédit : Facebook/Bahaa Allyan)

Selon Muhammad Mahmoud, avocat d’Allyan, la famille de Jérusalem Est a refusé de signer l’accord, en raison du faible nombre de personnes autorisées à assister aux funérailles.

La proposition avait été faite suite à une pétition portée devant la Cour suprême par Mahmoud cette année, au nom de la famille d’Allyan et de celle d’un autre terroriste palestinien décédé.

En réponse à la pétition de Mahmoud, la Cour suprême avait ordonné le mois dernier que la police israélienne explique pourquoi elle retenait les corps des attaquants décédés à Jérusalem Est, et n’avait pas rendu leurs dépouilles aux familles pour qu’ils soient enterrés. La cour avait donné trois semaines à la police pour répondre après son jugement du 23 juillet.

Cette année, la cour était déjà intervenue dans un cas similaire, et avait ordonné aux autorités de rendre le corps d’une Palestinienne tuée en mai pendant qu’elle tentait de poignarder des soldats israéliens à un checkpoint du nord de Jérusalem.

A cette époque, la police avait dit à la cour qu’elle craignait que les funérailles des attaquants décédés ne se transforment en rassemblement de masse en soutien à d’autres attaques.

La pratique a été mise en place de manière incohérente, particulièrement parce que les corps des terroristes qui ont attaqué des Israéliens en Cisjordanie sont du ressort du ministère de la Défense, alors que ceux qui attaquent en Israël sont dans la juridiction du ministère de la Sécurité intérieure.

Enterrement de Abdel Rahman Abdullah, 13 ans, tué par l'armée israélienne pendant des affrontements dans un camp de réfugiés Aida près de Bethléem, en Cisjordanie, le 6 octobre 2015. (Crédit : AFP/Musa al-Shaer)
Enterrement de Abdel Rahman Abdullah, 13 ans, tué par l’armée israélienne pendant des affrontements dans un camp de réfugiés Aida près de Bethléem, en Cisjordanie, le 6 octobre 2015. (Crédit : AFP/Musa al-Shaer)

Le sujet est devenu un point sensible pour les Palestiniens. Des affiches des morts sont placardées sur les murs de Jérusalem Est et des villes de Cisjordanie, et les habitants organisent régulièrement des manifestations pour demander la restitution des corps.

Depuis octobre, 35 Israéliens et quatre ressortissants étrangers ont été assassinés pendant la vague de terrorisme palestinien et de violence. Plus de 214 Palestiniens ont également été tués – les deux tiers pendant qu’ils attaquaient des Israéliens, et les autres pendant des affrontements avec les troupes, selon l’armée israélienne.

Tamar Pileggi a contribué à cet article.

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