La famille d’un terroriste renonce à ses funérailles après avoir refusé les conditions de la police
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La famille d’un terroriste renonce à ses funérailles après avoir refusé les conditions de la police

Le corps de Bahaa Allyan, qui avait attaqué un bus à Jérusalem, ne sera pas rendu à ses proches, qui ont refusé d’organiser un enterrement discret

Le terroriste de Jérusalem, Bahaa Allyan (Crédit : Facebook/Bahaa Allyan)
Le terroriste de Jérusalem, Bahaa Allyan (Crédit : Facebook/Bahaa Allyan)

Le corps d’un terroriste palestinien tué pendant qu’il menait une attaque terroriste mortelle dans un bus de Jérusalem l’année dernière ne sera pas rendu à sa famille, après le refus de celle-ci de se conformer aux conditions israéliennes pour qu’il soit enterré pendant une cérémonie discrète.

La police israélienne a convoqué dimanche Muhammad Allyan pour une réunion, et a proposé de rendre le corps de son fils Bahaa si la famille acceptait de l’enterrer pendant une cérémonie privée et tardive, avec seulement 15 personnes, a annoncé l’agence de presse palestinienne Maan.

Les responsables israéliens affirment que les funérailles des attaquants décédés, qui ont été tués pendant qu’ils poignardaient, tiraient ou écrasaient avec leur voiture des Israéliens ces dix derniers mois, se transforment souvent en rassemblement de masse en soutien au terrorisme palestinien, et la police retient leurs corps jusqu’à ce que les familles acceptent d’organiser des funérailles discrètes, sans appel à d’autres attaques.

Selon Muhammad Mahmoud, avocat d’Allyan, la famille de Jérusalem Est a refusé de signer l’accord, en raison du faible nombre de personnes autorisées à y assister.

Le site d'une attaque terroriste dans le quartier Armon Hanatziv à Jérusalem, qui a fait trois morts et 16 blessés, le 13 octobre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le site d’une attaque terroriste dans le quartier Armon Hanatziv à Jérusalem, qui a fait trois morts et 16 blessés, le 13 octobre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’offre a été faite suite à une pétition portée devant la Haute cour de justice par Mahmoud cette année, au nom de la famille d’Allyan et de celle d’un autre terroriste palestinien décédé.

En octobre dernier, Bahaa Allyan et Bilal Abu Ghanem était monté dans un bus dans le quartier Armon Hanatziv de Jérusalem, armés de couteaux et d’une arme à feu, et avait assassiné trois Israéliens.

Les policiers arrivés sur place avaient abattu Allyan. Abu Ghanem a été blessé dans le face-à-face avec la police, puis arrêté. Le mois dernier, il a été condamné à trois peines de perpétuité consécutives et à 60 ans de prison supplémentaires pour les meurtres de Haviv Haim, Alon Givberg, et Richard Lakin.

Richard Lakin, tué dans une attaque terroriste à Jérusalem en octobre 2015. (Crédit :  Facebook)
Richard Lakin, tué dans une attaque terroriste à Jérusalem en octobre 2015. (Crédit : Facebook)

Dans les mois suivant l’attentat, Allyan était devenu un symbole palestinien, et son père serait intervenu devant différents publics, notamment dans des écoles, pour parler de « l’héritage » de son père.

En juin, le père Allyan avait été arrêté pour une suspicion d’implication avec le Hamas, groupe terroriste islamiste. L’enquête à ce sujet est en cours.

Image publiée sur Facebook puis supprimée d'un évènement organisé à l'école élémentaire Jabel Mukaber de Jérusalem Est, pendant lequel des membres de la famille du terroriste palestinien Bahaa Allyan ont été invités à s'exprimer. (Crédit : Facebook)
Image publiée sur Facebook puis supprimée d’un évènement organisé à l’école élémentaire Jabel Mukaber de Jérusalem Est, pendant lequel des membres de la famille du terroriste palestinien Bahaa Allyan ont été invités à s’exprimer. (Crédit : Facebook)

En réponse à la pétition de Mahmoud, la Haute cour de justice avait ordonné le mois dernier que la police israélienne explique pourquoi elle retenait les corps des attaquants décédés à Jérusalem Est, et n’avait pas rendu leurs dépouilles aux familles pour qu’ils soient enterrés. La cour avait donné trois semaines à la police pour répondre après son jugement du 23 juillet.

Cette année, la cour était déjà intervenue dans un cas similaire, et avait ordonné aux autorités de rendre le corps d’une Palestinienne tuée en mai pendant qu’elle tentait de poignarder des soldats israéliens à un checkpoint du nord de Jérusalem.

A cette époque, la police avait dit à la cour qu’elle craignait que les funérailles des attaquants décédés ne se transforment en rassemblement de masse en soutien à d’autres attaques.

Funérailles de Ahmad Qali, 22 ans, tué pendant des affrontements contre les forces sécuritaires israéliennes, dans le camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem Est, le 10 octobre 2015. (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)
Funérailles de Ahmad Qali, 22 ans, tué pendant des affrontements contre les forces sécuritaires israéliennes, dans le camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem Est, le 10 octobre 2015. (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)

La pratique a été mise en place de manière incohérente, particulièrement parce que les corps des terroristes qui ont attaqué des Israéliens en Cisjordanie sont du ressort du ministère de la Défense, alors que ceux qui attaquent en Israël sont dans la juridiction du ministère de la Sécurité intérieure.

Le sujet est devenu un point sensible pour les Palestiniens. Des affiches des morts sont placardées sur les murs de Jérusalem Est et des villes de Cisjordanie, et les habitants organisent régulièrement des manifestations pour demander la restitution des corps.

Depuis octobre, 35 Israéliens et quatre ressortissants étrangers ont été assassinés pendant la vague de terrorisme palestinien et de violence. Plus de 214 Palestiniens ont également été tués – les deux tiers pendant qu’ils attaquaient des Israéliens, et les autres pendant des affrontements avec les troupes, selon l’armée israélienne.

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