Netanyahu ordonne une enquête sur l’école qui a accueilli les parents d’un terroriste
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Netanyahu ordonne une enquête sur l’école qui a accueilli les parents d’un terroriste

Le Premier ministre demande au procureur général d’ouvrir une enquête pour incitation à la haine après l’invitation par une école élémentaire de Jérusalem Est à la famille d’un homme qui a tué 3 personnes dans une attaque contre un bus

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec Avichai Mandelblit, alors secrétaire du cabinet, pendant une réunion du cabinet à Jérusalem, le 20 décembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec Avichai Mandelblit, alors secrétaire du cabinet, pendant une réunion du cabinet à Jérusalem, le 20 décembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a ordonné mardi au procureur général de mener une enquête pour savoir si l’école de Jérusalem Est, qui a accueilli les parents d’un terroriste palestinien, pourrait être poursuivie pour incitation à la haine.

L’annonce est intervenue un jour après que le fils d’un des trois hommes tués par Baha Allyan dans le bus de Jérusalem en octobre ait demandé à s’exprimer dans l’école Jabal Mukaber, après que l’on ait su que les parents et le frère d’Allyan aient fait une apparition lors de l’événement.

« Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a ordonné une enquête pour savoir si l’activité à l’école dans le quartier de Jérusalem Est de Jabel Mukaber, qui a invité les parents d’un terroriste qui ont commis des attaques à se présenter devant les élèves, constitue une incitation à la haine », pouvait-on lire dans le communiqué du bureau du Premier ministre mardi soir.

A la fin mars, l’école élémentaire de Jabel Mukaber, dirigée de manière privée, a accueilli des officiels du ministère palestinien de l’Education avec Mohammed Allyan, le père de Baha Allyan, sa mère et son frère.

Allyan, un graphiste de 22 ans, était l’un de deux terroristes de Jabel Mukaber qui a attaqué le bus 78 le 13 octobre avec des pistolets et des couteaux, tuant trois personnes. Les forces de sécurité ont abattu Allyan sur place, un deuxième terroriste, Bilal Ranem, a été capturé vivant.

Photos non datées de Baha Allyan (à gauche) et de Bilal Riman, qui ont mené une attaque terroriste à main armée et au couteau dans un bus de Jérusalem le 13 octobre 2015. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Photos non datées de Baha Allyan (à gauche) et de Bilal Riman, qui ont mené une attaque terroriste à main armée et au couteau dans un bus de Jérusalem le 13 octobre 2015. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Selon un post Facebook depuis retiré de la page Facebook de l’école, la mère d’Allyan a incité les élèves à utiliser le savoir plutôt que les armes.

La mère « leur a appris une grande leçon dont l’élément principal est que la lutte peut aussi être réalisée grâce à l’éducation, un stylo et la culture et qu’ils passent leur enfance avec tout cet espoir et ces rêves », pouvait-on lire dans le poste.

Le post mentionnait Allyan comme un martyr, ce qui est une pratique courante dans la société palestinienne. Il n’y avait pas de mention de ce que le frère et le père avaient déclaré lors de l’événement. L’école a refusé la demande du Times of Israel de commentaire.

Lutter contre l’incitation à la haine

Netanyahu a fait de la lutte contre ce qu’il qualifie d’incitation palestinienne à la violence un élément central de sa politique contre le terrorisme, invitant les dirigeants du monde à faire pression sur Ramallah pour arrêter la glorification des tueurs.

Jérusalem a également mené une campagne pour que les réseaux sociaux retirent les posts qu’ils considèrent comme incitant ou glorifiant le terrorisme palestinien.

Micah Lakin Avni, le fils du militant de la paix Richard Lakin, qui a été blessé lors de l’attaque du bus et est décédé deux semaines plus tard, s’est également investi dans un effort visant à faire pression sur Facebook pour supprimer les posts « d’incitation » à la haine.

Richard Lakin (à gauche) lit un livre à sa petite-fille pendant que son fils Micah Avni regarde en janvier 2014 (Crédit : Autorisation)
Richard Lakin (à gauche) lit un livre à sa petite-fille pendant que son fils Micah Avni regarde en janvier 2014 (Crédit : Autorisation)

Dimanche, Avni a demandé à l’école Jabal Mukaber de l’autoriser à parler aux élèves au sujet de l’héritage de son père.

Richard Lakin, ancien principal d’école américaine de 76 ans et militant des droits civiques, était connu pour ses efforts de la promotion de la coexistence judéo-arabe.

Deux autres Israéliens ont été tués dans l’attaque : Haviv Haim, 78 ans, and Alon Govberg, 51 ans.

Avni a déclaré au site d’informations israélien Ynet qu’après avoir appris que l’école avait invité la famille d’Allyan à s’adresser aux élèves, il avait contacté le principal et lui avait demandé « de m’inviter à parler pour montrer l’autre côté du tableau, et comment nous pouvons vivre ensemble en coexistence en nous respectant les uns les autres, et en résolvant les conflits par la négociation plutôt que par le combat. »

Image publiée sur Facebook puis supprimée d'un évènement organisé à l'école élémentaire Jabel Mukaber de Jérusalem Est, pendant lequel des membres de la famille du terroriste palestinien Bahaa Allyan ont été invités à s'exprimer. (Crédit : Facebook)
Image publiée sur Facebook puis supprimée d’un évènement organisé à l’école élémentaire Jabel Mukaber de Jérusalem Est, pendant lequel des membres de la famille du terroriste palestinien Bahaa Allyan ont été invités à s’exprimer. (Crédit : Facebook)

Avni a appris que plusieurs évènements avaient eu lieu en Cisjordanie où Mohammed Allyan avait été invité à s’exprimer, et dans lesquels les actions de Bahaa Allyan et d’autres étaient saluées. Mais, a-t-il déclaré, « c’est la première fois que je vois un tel évènement à Jérusalem, dans une zone sous contrôle [israélien]. »

Image publiée sur Facebook puis supprimée d'un évènement organisé à l'école élémentaire Jabel Mukaber de Jérusalem Est, pendant lequel des membres de la famille du terroriste palestinien Bahaa Allyan ont été invités à s'exprimer. (Crédit : Facebook)
Image publiée sur Facebook puis supprimée d’un évènement organisé à l’école élémentaire Jabel Mukaber de Jérusalem Est, pendant lequel des membres de la famille du terroriste palestinien Bahaa Allyan ont été invités à s’exprimer. (Crédit : Facebook)

Avni a déclaré que « l’incitation [à la violence] est le facteur principal qui mène à la propagation du terrorisme. »

Suite à la mort de son père, Avni a lancé une campagne à plusieurs facettes contre les incitations à la haine et à la violence sur les réseaux sociaux, dont un recours collectif contre Facebook devant un tribunal de New York.

En Israël, il a déclaré à une commission de la Knesset que les députés devaient en faire plus pour combattre l’incitation à la haine et à la violence sur les réseaux sociaux, afin d’aider à empêcher plus d’attaques terroristes et de tragédies comme celle qui a touché sa famille.

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