Allemagne: création d’un nouveau mouvement d’extrême droite avec un symbole nazi
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Allemagne: création d’un nouveau mouvement d’extrême droite avec un symbole nazi

André Poggenburg a fondé "Réveil des Patriotes allemands" car il reprochait à l'AfD sa ligne trop modérée

Le logo du mouvement d'extrème-droite "Réveil des Patriotes allemands' avec un bleuet. (Crédit : Facebook)
Le logo du mouvement d'extrème-droite "Réveil des Patriotes allemands' avec un bleuet. (Crédit : Facebook)

Un élu d’extrême droite allemand a annoncé jeudi la création d’un nouveau mouvement « patriotique », illustration des tensions qui traversent cette mouvance politique dans le pays.

Ancien membre de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), qu’il a quitté vendredi avec fracas, reprochant à ce parti une ligne trop modérée, André Poggenburg espère avec son mouvement « Réveil des Patriotes allemands » (AdP) rassembler de 6 à 9 % des électeurs.

Son logo comprend un bleuet. En Autriche, cette fleur est historiquement associée au mouvement antisémite Schoenerer, et était utilisé comme symbole secret des symapthisants nazis, jusqu’à l’annexion du pays par l’Allemagne d’Adolf Hitler en 1938. Le groupe d’extrême droite du FPÖ en Autriche a ressuscité ce symbole, tout en insistant qu’il n’est nullement connoté.

Cette nouvelle formation entend présenter des candidats dans les trois élections régionales prévues à l’automne dans des Länder d’ex-Allemagne de l’Est, a-t-il annoncé lors d’une conférence de presse à Dohma dans la Saxe, bastion de l’extrême droite.

Andre Poggenburg, ancien membre de l’Afd et fondateur du mouvement d’extrème-droite « Réveil des Patriotes allemands’, en mars 2016. (Crédit : AP/Jens Meyer)

L’extrême droite allemande est régulièrement traversée par des tensions internes. Elles ont été ravivées mardi par l’annonce par les services de renseignements d’une surveillance renforcée du fait notamment des discours extrémistes de certains de ses membres.

Les services enquêtent en particulier sur les liens éventuels entre des membres de l’AfD et les milieux néo-nazis. Le président de l’AfD, Alexander Gauland, a annoncé un recours en justice contre cette décision.

Ce dernier serait particulièrement surveillé pour ses représentations « sociales-nationalistes de la société », selon le quotidien Tagesspiegel, qui a eu accès au rapport préliminaire des services de renseignements.

Sont également soupçonnées des organisations de jeunesse de ce parti, comme « Les Ailes » et la « Jeune alternative », dont certains membres ont tenu des discours radicaux. Un des dirigeants des « Ailes » avait notamment qualifié en 2017 le Mémorial de la Shoah à Berlin de « mémorial de la honte ».

Un représentant de l’aile « modérée » de l’AfD, Uwe Witt, a souhaité auprès du journal Die Welt qu’un « processus d’autonettoyage » se mette en place dans ces deux formations, permettant d’y « éliminer toutes les idées anticonstitutionnelles ».

Depuis son entrée en septembre 2017 au parlement fédéral, l’AfD, dont des membres sont par ailleurs visés par des enquêtes financières, est devenu le principal parti d’opposition national en Allemagne, face au gouvernement de la chancelière Angela Merkel constitué des conservateurs et des sociaux-démocrates.

Dès sa création en 2013, ce mouvement défendant originellement une ligne ultralibérale et anti-euro a été traversé par des tensions, puis des scissions. En 2015, son fondateur Bernd Lucke, professeur d’économie, l’avait quitté, dénonçant déjà ses positions « xénophobes ».

En 2017, la codirigeante de l’AfD Frauke Petry l’avait quitté avec fracas dès le lendemain de son élection comme députée au parlement fédéral.

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