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Allemagne: DW licencie 5 employés après une enquête sur l’antisémitisme au travail

Une enquête de deux mois révèle des cas isolés mais aucun problème systémique ; quatre des personnes licenciées provenaient du bureau arabe

Le bâtiment du radiodiffuseur allemand Deutsche Welle à Bonn, en Allemagne, le 9 juillet 2003. (Crédit : AP Photo/Hermann J. Knippertz, File)
Le bâtiment du radiodiffuseur allemand Deutsche Welle à Bonn, en Allemagne, le 9 juillet 2003. (Crédit : AP Photo/Hermann J. Knippertz, File)

BERLIN (JTA) — La chaîne publique allemande Deutsche Welle (DW) a licencié cinq employés, dont quatre issus du bureau arabe, à la suite d’un audit accablant sur l’antisémitisme sur le lieu de travail.

L’audit, basé sur une enquête de deux mois, a révélé des cas isolés d’antisémitisme mais aucun problème systémique. Plusieurs pigistes ont également été remerciés ; huit autres cas font toujours l’objet d’une enquête, selon les communiqués.

Il s’agit de déclarations antisémites virulentes faites par le personnel au travail et en dehors, ainsi que des problèmes rencontrés dans le recrutement du personnel et l’invitation de divers conférenciers.

DW est une chaîne appartenant à l’État et financée par les impôts fédéraux. Il fournit une programmation dans le monde entier en 30 langues.

Peter Limbourg, directeur général de DW, a présenté ses excuses lundi et a annoncé qu’un « code d’éthique » en dix points serait établi pour éviter de tels problèmes à l’avenir. Il comprendrait des explications sur l’antisémitisme et la différence entre la critique légitime d’Israël et les appels à la destruction de l’État juif.

Les actions de DW ont été saluées par le Conseil central des Juifs d’Allemagne, le principal groupe de coordination juif du pays. « Il ne doit pas y avoir de haine d’Israël et d’antisémitisme financés par les contribuables dans les médias », a ainsi déclaré le président du Conseil, Josef Schuster.

Selon le journal Bild, l’un des journalistes licenciés a qualifié Israël de « cancer qui devrait être éliminé ». Un autre a écrit en 2018 dans un essai qu’un « lobby juif contrôle de nombreuses institutions allemandes afin d’empêcher la critique d’Israël».

En 2019, un pigiste et formateur de la DW Academy a comparé les Juifs à des fourmis qui nous envahissent « via nos points faibles ».

L’audit a été préparé par l’ancienne ministre de la Justice Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, l’expert en intégration Ahmad Mansour et l’experte en prévention de la radicalisation, Beatrice Mansour.

Ils ont commencé leur enquête en décembre dernier, cherchant en ligne « les publications, les informations sur les distributeurs et les partenaires de DW » impliqués dans les accusations. Seuls les profils accessibles au public ont été analysés, indique le rapport.

Bien que les enquêteurs aient découvert que de nombreux documents avaient déjà été supprimés d’Internet, certaines preuves ont été fournies de manière anonyme.

Le personnel en question ne s’était pas contenté de « critiquer Israël », qui est une liberté d’expression protégée, mais avait utilisé « des images antisémites classiques allant jusqu’à la négation de la Shoah », selon Ahmad Mansour.

DW a également annoncé son intention de renforcer son bureau israélien et de créer une équipe d’experts pour intégrer plus fortement les thèmes de l’antisémitisme, du droit d’Israël à exister et de la responsabilité envers l’histoire allemande dans les annonces de l’entreprise.

DW ne sera pas la première entreprise de médias allemande à instituer un code d’éthique qui comprend une orientation vers Israël.

L’un des plus grands conglomérats médiatiques d’Allemagne, la société Axel Springer, a établi des « principes d’entreprise » en 1967 qui incluent « le soutien [au] peuple juif et le droit à l’existence de l’État d’Israël ».

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