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Allemagne : Une survivante de la Shoah appelle à combattre « le cancer » de la haine

"La haine des Juifs est redevenue monnaie courante dans de nombreux pays du monde, y compris en Allemagne", a affirmé Inge Auerbacher

Inge Auerbacher, survivante du camp de concentration de Theresienstadt, parle de son enfance lors de la Journée fédérale inter-agences de commémoration de la Shoah 2013, au Lincoln Theater, le 17 avril 2013, à Washington. (Crédit : Lance Cheung/ Domaine public)
Inge Auerbacher, survivante du camp de concentration de Theresienstadt, parle de son enfance lors de la Journée fédérale inter-agences de commémoration de la Shoah 2013, au Lincoln Theater, le 17 avril 2013, à Washington. (Crédit : Lance Cheung/ Domaine public)

Une survivante des camps de la mort, Inge Auerbacher, a appelé à combattre le « cancer » de la haine contre les Juifs jeudi devant les députés allemands pour l’une des dernières cérémonies du souvenir de la Shoah en présence de témoins.

« Malheureusement, le cancer s’est réveillé et la haine des Juifs est redevenue monnaie courante dans de nombreux pays du monde, y compris en Allemagne », a affirmé cette Américaine d’origine allemande, qui fut déportée à l’âge de 7 ans dans le camp de Theresienstadt.

« Cette maladie doit être soignée le plus rapidement possible », a-t-elle ajouté à l’occasion du 77e anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau par l’Armée rouge.

« Je vis à New York depuis 75 ans mais je me souviens bien de cette époque terrible et de la haine », a ajouté cette femme de 87 ans qui a écrit plusieurs livres sur son expérience dans les camps de la mort.

https://youtu.be/cyEmQgcY3Lw

Dans ce discours prononcé devant le président allemand Frank-Walter Steinmeier, le chancelier Olaf Scholz et le président de la Knesset israélienne, Mickey Levy, elle a raconté l’histoire de sa déportation en 1942 depuis la région allemande du Bade-Wurtemberg vers le camp de concentration de Theresienstadt, aujourd’hui situé en République tchèque.

Elle a ensuite reçu une longue accolade du dirigeant de l’assemblée parlementaire israélienne quant à lui en larmes à la fin de son discours devant les députés allemands, debout.

« Garder vivante la mémoire de l’Holocauste est une tâche difficile, une tâche qui repose sur les épaules de chaque génération », a-t-il souligné alors que les derniers témoins de la Shoah sont en train de mourir.

Dans un tweet de son porte-parole, Olaf Scholz a d’ailleurs relevé que « bientôt, nous devrons vivre sans les récits personnels des derniers survivants ».

Inge Auerbacher, survivante de la Shoah, est enlacée par le président de la Knesset Mickey Levy, à côté de Baerbel Bas, à droite, président du Bundestag, lors d’une cérémonie marquant la Journée internationale de commémoration de la Shoah qui s’est tenue au Bundestag allemand à Berlin, le 27 janvier 2022. (Crédit : Kay Nietfeld/dpa via AP)

Les autorités allemandes s’alarment depuis plusieurs années de la résurgence de l’antisémitisme. Le président du Conseil central des Juifs d’Allemagne, Josef Schuster, a multiplié les appels pour renforcer la lutte contre les idées d’extrême droite, représentée au Bundestag depuis 2017 avec le parti d’extrême-droite Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Depuis 1996, l’Allemagne commémore chaque 27 janvier la libération d’Auschwitz-Birkenau et a fait de ce jour une journée du souvenir de la Shoah.

Auschwitz-Birkenau est devenu le symbole du génocide perpétré par l’Allemagne nazie à l’encontre de six millions de Juifs européens, dont un million sont morts dans le camp entre 1940 et 1945, ainsi que plus de 100 000 non-Juifs.

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