Alsace : Un mémorial de la Seconde Guerre mondiale pose question
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Alsace : Un mémorial de la Seconde Guerre mondiale pose question

Le CRIF Alsace estime que l'idée met tous les morts - incorporés de force dans la Wehrmacht comme déportés ou résistants - "au même niveau"

Le nouveau « monument mémoriel » doit être construit en contrebas du Mémorial d'Alsace-Moselle, à Schirmeck. (Crédit : Mémorial de l'Alsace-Moselle)
Le nouveau « monument mémoriel » doit être construit en contrebas du Mémorial d'Alsace-Moselle, à Schirmeck. (Crédit : Mémorial de l'Alsace-Moselle)

Jean Rottner, président du conseil régional du Grand Est, a dévoilé lundi les contours d’un nouveau projet de monument à la mémoire des 54 000 victimes et disparus d’Alsace-Moselle pendant la Seconde Guerre mondiale, a rapporté Le Figaro.

L’ancienne idée, un mur des noms, mélangeait les noms des 40 000 incorporés de force, morts ou disparus dans les combats de la Wehrmacht, avec ceux des autres victimes – qu’ils soient déportés, résistants, soldats tués sous l’uniforme français ou civils morts dans les bombardements.

Les familles de résistants et de déportés s’étaient alors opposées à l’idée, refusant que « leurs morts soient associés à ceux des enrôlés de force ».

Le nouveau président du conseil régional du Grand Est avait alors désigné en 2018 une nouvelle commission chargée d’établir un nouveau projet.

Celui-ci, dévoilé lundi et baptisé « Monument mémoriel », sera construit en contrebas du Mémorial d’Alsace-Moselle à Schirmeck.

Il prévoit ainsi un espace d’ « hommage collectif » et « des bornes interactives par groupes distincts » permettant l’accès à des fiches individuelles détaillées sur les victimes.

Mais là encore, le projet a fait émerger des réticences. Le président des Orphelins de Pères Malgré-nous regrette l’ancienne idée de Mur des noms, « qui aurait permis, à l’instar de celui érigé à Ground Zero à New York, de prendre la mesure du drame de l’incorporation de force qui n’a touché aucune autre région de France ».

Le CRIF Alsace s’oppose lui aussi à la nouvelle idée. « Vouloir mettre tous les morts au même niveau, c’est aider à la dédiabolisation que recherche l’extrême droite française », a écrit l’organisation. Maurice Dahan, président du Consistoire du Bas-Rhin, estime lui « qu’on ne peut pas mettre sur un même plan ceux qui ont été assassinés parce qu’ils étaient Juifs et ceux qui sont morts parce qu’ils étaient soldats ».

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