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Anne Frank en farsi, pour lutter contre le négationnisme en Iran

Maziar Bahari est à l’origine du "Projet Sardari", avec le musée de l’Holocauste de Washington, une initiative visant à enseigner le génocide juif aux Iraniens en perse

Anne Frank en farsi, pour lutter contre le négationnisme en Iran. (Crédit : Projet Sardari / Maziar Bahari)
Anne Frank en farsi, pour lutter contre le négationnisme en Iran. (Crédit : Projet Sardari / Maziar Bahari)

Un militant iranien en exil, Maziar Bahari, a traduit le roman graphique d’Anne Frank en persan, a rapporté Haaretz. Son projet vise à rendre l’éducation à la Shoah accessible pour le jeune public iranien, tant en Iran que dans la diaspora.

« J’ai grandi en Iran dans les années 1960, dans une famille très politisée. Je suis parti et j’ai échappé à l’endoctrinement », a expliqué à Haaretz (ses propos ont été traduits par Courrier international) le journaliste, réalisateur et militant des droits de l’homme irano-canadien. « Mais dans la génération née après la Révolution islamique, il y a des gens qui ne sont exposés qu’à la désinformation et à l’antisémitisme. C’est tout ce qu’ils connaissent. »

C’est ainsi qu’il a travaillé an collaboration avec le musée commémoratif américain de l’Holocauste sur ce projet présenté à l’occasion de la dernière journée du souvenir de la Shoah, le 27 janvier.

« En Iran, le régime a mis en place une politique et des mesures de négation de la Shoah au plus haut niveau, en faisant un enjeu politique », a expliqué Tad Stahnke, directeur du programme d’éducation internationale du musée commémoratif américain de l’Holocauste.

Maziar Bahari explique ainsi que la population iranienne n’a jamais eu l’occasion de s’éduquer au sujet de la Shoah.

Maziar Bahari, le 4 décembre 2017 (Crédit : Musée du mémorial de l’Holocauste des Etats-Unis)

Spécialisé sur le sujet depuis qu’il s’y est intéressé en arrivant au Canada en 1988, il a réalisé en 1995 un documentaire sur le voyage du Saint-Louis, le paquebot qui transportait des réfugiés juifs qui a été refoulé par Cuba et les États-Unis en mai 1939 et qui a dû remettre le cap sur l’Europe, où plus d’un quart de ses passagers sont par la suite morts dans les camps de concentration.

Il a également lancé le « Projet Sardari », avec le musée commémoratif américain de l’Holocauste, une initiative visant à enseigner le génocide juif aux Iraniens en perse, sur son site d’information IranWire. Cette série d’articles et vidéos ont touché différents sujets, notamment l’histoire de la Shoah, les Iraniens qui combattent l’antisémitisme et les théories anti-juives complotistes.

« Quand nous avons lancé le projet, nous avons été surpris de constater que les Iraniens avaient envie de connaître davantage de détails, d’en savoir plus long sur les différentes phases – depuis la montée en puissance du nazisme jusqu’aux camps de concentration et l’Europe d’après-guerre. Nous avons donc créé une série d’articles, une encyclopédie de la Shoah, des webinaires et des vidéos pour les réseaux sociaux », explique Bahari.

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