Annexion/Le Drian : Paris, Berlin, Rome et Madrid préparent une « action commune »
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Annexion/Le Drian : Paris, Berlin, Rome et Madrid préparent une « action commune »

L'objectif est de faire revenir "tout le monde à la table des négociations", a précisé le ministre des Affaires étrangères français

Jean-Yves Le Drian lors d'une session de travail pendant la rencontre des ministres des Affaires étrangères du G7, à Dinard, le 6 avril 2019 (Crédit :  AFP / POOL / STEPHANE MAHE.)
Jean-Yves Le Drian lors d'une session de travail pendant la rencontre des ministres des Affaires étrangères du G7, à Dinard, le 6 avril 2019 (Crédit : AFP / POOL / STEPHANE MAHE.)

Plusieurs pays européens, dont la France, l’Allemagne et l’Italie préparent une « action commune » pour tenter de relancer des « négociations » entre Israël et les Palestiniens, et n’excluent pas une « riposte » en cas d’annexion de certains territoires en Cisjordanie, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie française.

« Nous sommes en train de travailler avec l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne plus quelques Etats membres, le Luxembourg, l’Irlande (..) pour aboutir à une action commune », a déclaré Jean-Yves Le Drian lors d’une audition devant la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

L’objectif est de faire revenir « tout le monde à la table des négociations », a précisé le ministre des Affaires étrangères, précisant qu’il s’entretiendrait « dans quelques jours » avec son nouvel homologue israélien.

« Nous allons agir en ce sens de manière discrète avec les uns et les autres et de manière plus publique si l’opportunité nous en est donnée dans les jours qui viennent », a-t-il dit.

Jean-Yves Le Drian a évoqué par ailleurs des mesures de « riposte » si l’annexion venait à se concrétiser. « Nous travaillons ensemble pour une action commune de prévention et éventuellement de riposte si d’aventure cette décision était prise », a-t-il souligné sans plus de précisions.

Israël s’est doté dimanche d’un gouvernement d’union qui consacre un partage du pouvoir entre le Likud de Benjamin Netanyahu et la formation centriste Kakhol lavan de l’ex-chef de l’armée Benny Gantz, et leurs alliés respectifs.

La première conférence de presse du nouveau gouvernement d’unité présidé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et par le Premier ministre d’alternance Benny Gantz à la Knesset, le 17 mai 2020 (Crédit : Alex Kolomoisky/POOL)

En vertu de l’accord Netanyahu/Gantz, le gouvernement doit présenter à partir du 1er juillet sa stratégie pour traduire dans les faits le plan Trump, qui prévoit l’annexion à Israël de la vallée du Jourdain (30 % de la Cisjordanie) et des plus de 130 implantations, ainsi que la création d’un Etat palestinien sur un territoire amputé.

« Cela constituerait pour nous une violation grave » du droit international et « mettrait en cause de manière irréversible la solution des deux Etats et la recherche d’une paix durable », a souligné le ministre.

La France est aussi en « contact avec les Etats arabes, en particulier la Jordanie, l’Egypte, signataires des accords de paix avec Israël pour qu’ils passent eux-mêmes des messages à haut niveau au gouvernement israélien » ainsi qu’avec les autorités palestiniennes, a précisé Jean-Yves Le Drian.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a renouvelé mardi ses menaces de mettre fin à la coopération sécuritaire avec Israël, qui projette d’annexer des territoires en Cisjordanie.

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