Antisémitisme au Labour : Le N°2 prévoit « la honte éternelle »
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Antisémitisme au Labour : Le N°2 prévoit « la honte éternelle »

Tom Watson a vivement recommandé à Jeremy Corbyn d'accepter la définition internationale de l'antisémitisme et d'abandonner les charges contre les députés Hodge et Austin

Tom Watson, vice président du Labour britannique, s'adresse à la Chambre des Communes, à Londres, en octobre 2015. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Tom Watson, vice président du Labour britannique, s'adresse à la Chambre des Communes, à Londres, en octobre 2015. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le vice-président du parti britannique du Labour a expliqué que la faction risquait de sombrer dans une « honte éternelle » si elle ne prenait pas immédiatement des mesures pour rectifier un scandale croissant concernant l’antisémitisme dans le parti qui a frappé la scène politique du Royaume-Uni et qui menace de réduire en pièces la formation.

Tom Watson, qui est le numéro deux du parti dirigé par Jeremy Corbyn, a également vivement recommandé au Labour d’abandonner les enquêtes ouvertes contre deux députés qui sont menacés de sanctions disciplinaires pour s’être exprimés contre la direction de la formation et avoir dénoncé l’antisémitisme.

Ces propos tenus samedi sont survenus vingt-quatre heures après la publication d’une tribune de Corbyn sur le site internet du Guardian où il jurait d’éradiquer l’antisémitisme au sein du parti travailliste, sans pour autant parvenir à apaiser la communauté juive ni ses autres critiques.

« C’est l’un de ces moments où nous devons nous regarder longuement, sans complaisance, et nous dresser pour ce qui est juste ainsi que pour présenter le parti comme étant apte à diriger la nation – ou bien sombrer dans un gouffre de honte et d’humiliation éternelles », a déclaré Watson à The Observer, la publication du dimanche du Guardian.

Le vice-président du Labour, Tom Watson, à gauche, félicité par le chef du parti Jeremy Corbyn après un discours prononcé devant les délégués dans la salle principale au troisième jour de la conférence annuelle de la formation travailliste à Brighton, au Royaume-Uni, le 26 septembre 2017 (Crédit : Dan Kitwood/Getty Images)

Les différentes pressions exercées sur Corbyn se sont intensifiées après une série de scandales antisémites impliquant des membres de la formation et lui-même.

Le mois dernier, l’instance gouvernante du parti a approuvé un code de conduite excluant plusieurs exemples d’antisémitisme déterminés par l’IHRA (International Holocaust Remembrance Alliance).

La définition de l’IHRA de l’antisémitisme est celle qui a été choisie par d’innombrables organisations ainsi que par 31 pays, parmi lesquels les Etats-Unis, le Canada, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni.

Le parti a essuyé de vives critiques de la part de membres juifs du Labour et de la communauté juive pour ne pas avoir adopté la pleine définition – en particulier plusieurs éléments qui définissent des expressions d’antisémitisme sous couvert de critique légitime d’Israël.

Deux députés qui avaient critiqué l’incapacité de la formation à adopter la totalité de la définition, Margaret Hodge et Ian Austin, risquent des sanctions disciplinaires, une initiative qui a entraîné la colère de nombreuses personnes. Hodge est juive et Austin a été élevé par des parents adoptifs juifs.

Watson a expliqué que la formation devait immédiatement abandonner les enquêtes ouvertes à leur encontre et adopter la définition de l’IHRA.

« Je pense qu’il est très important que nous travaillions tous pour régler ce désaccord et je pense que ça commence avec l’abandon des enquêtes contre Margaret Hodge et Ian Austin », a-t-il dit.

Sur la définition de l’IHRA, il a ajouté que « nous devons nous attaquer rapidement à ce problème et avancer. On ne peut pas faire traîner ça pendant tout l’été ».

Ces derniers jours, de nombreux critiques ont affirmé que Corbyn ne désirait pas adopter la définition de l’IHRA parce que lui-même enfreindrait certaines de ses dispositions.

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