Antisémitisme : Le chef du Labour réfute vouloir « purger » le parti
Rechercher

Antisémitisme : Le chef du Labour réfute vouloir « purger » le parti

Jeremy Corbyn a été suspendu pour avoir mis en doute des conclusions d'un rapport ; il reproche aux critiques et aux médias d'exagérer l'antisémitisme existant sous sa direction

Le secrétaire d'État pour la sortie de l'UE du Labour, Keir Starmer, parle du Brexit lors d'un événement du Parti travailliste à Harlow, au nord de Londres, le 5 novembre 2019. (Crédit :  Daniel LEAL-OLIVAS / AFP)
Le secrétaire d'État pour la sortie de l'UE du Labour, Keir Starmer, parle du Brexit lors d'un événement du Parti travailliste à Harlow, au nord de Londres, le 5 novembre 2019. (Crédit : Daniel LEAL-OLIVAS / AFP)

Le chef du Parti travailliste britannique Keir Starmer a réfuté vendredi vouloir « purger » la formation d’opposition et la menacer d’une « guerre civile », après la publication d’un rapport explosif sur l’antisémitisme dans ses rangs et la suspension de son ancien chef, Jeremy Corbyn.

Secoué depuis des années par des incidents à répétition et une foule de démissions, le Labour a fait l’objet d’une enquête menée par un organisme indépendant, qui a conclu jeudi à des défaillances « inexcusables » résultant d’un « manque de volonté de s’attaquer à l’antisémitisme ».

Le très à gauche Jeremy Corbyn, 71 ans, a été suspendu pour avoir mis en doute certaines de ces conclusions, reprochant notamment aux critiques internes et aux médias d’exagérer l’antisémitisme existant sous sa direction (de 2015 à 2020).

« Je ne veux pas de scission au sein du Labour. Je me suis présenté à sa tête en partant du principe que j’allais unir ce parti, mais aussi m’attaquer à l’antisémitisme », a prévenu Keir Starmer sur la chaîne Sky News, selon lequel le rapport constitue un « jour de honte » pour les Travaillistes.

Le chef du Parti travailliste d’opposition britannique Jeremy Corbyn (au centre) entonne l’hymne national « God Save the Queen », en compagnie des anciens Premiers ministres Tony Blair (à gauche) et John Major (à droite), lors de la cérémonie du dimanche du souvenir au Cénotaphe de Londres, le dimanche 13 novembre 2016. (AP Photo/Alastair Grant)

« Nous pouvons faire les deux. Il n’y a pas de raison qu’il y ait une guerre civile au sein de notre parti », a ajouté le leader de 58 ans, plus centriste que son prédécesseur.

Sanctionner l’ancien dirigeant, toujours député, présente pour le parti le risque de raviver ses divisions, alors que Jeremy Corbyn dispose toujours d’une forte popularité dans la base militante. Il a d’ailleurs aussitôt reçu le soutien de certains syndicats et membres très à gauche du parti.

L’enquête menée par le Comité pour l’égalité et les droits humains (EHRC) a reproché à l’équipe de Corbyn d’avoir minimisé ou ignoré les plaintes de Travaillistes juifs après un déluge de propos antisémites en ligne ou dans des réunions du parti, voire d’avoir parfois interféré activement en faveur d’alliés stratégiques.

Pour ne pas tomber lui aussi dans l’ingérence politique, Keir Starmer doit maintenant naviguer habillement entre condamner les actions de son prédécesseur et laisser se dérouler les procédures internes, dont l’enquête portant sur Jeremy Corbyn.

« Le chef du Parti travailliste ne doit plus faire de commentaire et laisser le processus suivre son cours », a-t-il déclaré vendredi, disant cependant ne pas vouloir « purger » le parti de qui que ce soit.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...