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Antisémitisme : Nouvelle plainte de l’administration Trump contre l’UCLA

Les États-Unis accusent l'université californienne d'avoir été "délibérément indifférente à la souffrance de ses étudiants juifs et israéliens" ; l'établissement a récemment dévoilé un nouveau plan de lutte contre la haine antijuive

Des jeunes, le visage masqué, installés dans un campement mis en place par des étudiants et des militants pro-palestiniens  manifestent sur le campus de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA), à Los Angeles, en Californie, le 1er mai 2024. (Crédit: Etienne Laurent/AFP)
Des jeunes, le visage masqué, installés dans un campement mis en place par des étudiants et des militants pro-palestiniens manifestent sur le campus de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA), à Los Angeles, en Californie, le 1er mai 2024. (Crédit: Etienne Laurent/AFP)

Le département américain de la Justice a lancé des poursuites à l’encontre de l’Université de Californie – c’est la deuxième fois cette année – dénonçant un environnement antisémite sur le campus de l’UCLA. Il a de surcroît affirmé que l’établissement d’enseignement supérieur « s’est délibérément montré indifférent à la souffrance de ses étudiants juifs et israéliens » après le pogrom qui a été commis par le Hamas dans le sud de l’État juif, le 7 octobre 2023.

La plainte fédérale, qui a été déposée mardi, déclare que l’UCLA a violé les droits civils des étudiants en ne s’interposant pas lorsque les militants anti-israéliens avaient dressé un campement pro-palestinien sur le campus, au début de l’année 2024.

Cette action en justice fait également suite à une plainte antérieure qui était consacrée au traitement qui avait été réservé par l’université à ses employés juifs et israéliens.

L’université a dévoilé sa propre « Initiative de lutte contre l’antisémitisme » il y a dix jours.

« Au début de l’année, nous avions poursuivi l’UCLA qui avait exposé ses employés juifs et israéliens à un environnement de travail hostile et antisémite », a fait savoir la procureure générale adjointe des États-Unis, Harmeet Dhillon, dans un communiqué de presse. « Aujourd’hui, le département de la Justice demande des comptes à l’UCLA qui a toléré la mise en place d’un environnement éducatif tout aussi épouvantable à l’encontre de ses étudiants juifs et israéliens ».

Une nouvelle action en justice qui s’est appuyée sur des témoignages largement relayés concernant l’ambiance qui avait régné sur le campus de l’UCLA au printemps 2024 – quand des jeunes militants qui avaient dressé un campement pro-palestinien s’étaient violemment heurtés à des contre-manifestants pro-israéliens, déclenchant des troubles. Le département a fait valoir que le refus de l’établissement d’enseignement supérieur de protéger les étudiants juifs du campus avait constitué, à ce moment-là, une violation de leurs droits civils en vertu du Titre VI, ont dit les avocats.

Citant le rapport qui avait été établi par le groupe de travail de l’UCLA sur l’antisémitisme – rapport qui avait été diffusé en réponse aux troubles survenus en 2024 – la plainte indique que « l’administration de l’UCLA a apparemment préféré une ‘stratégie de désescalade’ passive consistant à ne rien faire au détriment de la nécessité de protéger ses étudiants juifs et israéliens face à une foule en colère, avec des jeunes armés de tasers, de morceaux de bois ou d’une épée ».

Le ministère de la Justice réclame des mesures de réparation – notamment le remboursement de toutes les subventions fédérales qui ont été versées à l’UCLA « pendant la période de non-respect du Titre VI » de la part de l’université. Cette dernière avait d’ores et déjà réglé plusieurs litiges en lien avec l’antisémitisme qui relevaient du Titre VI quand Joe Biden était encore à la Maison Blanche. Elle avait aussi conclu un accord à l’amiable, à hauteur de 6,13 millions de dollars, avec des groupes juifs dans le cadre d’un procès lié à des incidents qui étaient survenus sur le campus au printemps 2024 — une affaire qui est par ailleurs citée dans la nouvelle plainte du ministère de la Justice.

« Les universités ont l’obligation de maintenir des campus sûrs et inclusifs pour tous les étudiants », a dit Bill Essayli, premier procureur adjoint des États-Unis pour le district central de Californie.

« Les universités qui enfreignent les lois sur les droits civils de notre nation en manquant à plusieurs reprises à leur devoir de protection des étudiants juifs face à l’antisémitisme seront tenues pour responsables », a-t-il ajouté.

Des manifestants pro-palestiniens et anti-israéliens se rassemblent sur le campus de l’UCLA après des affrontements nocturnes entre activistes pro-palestiniens et contre-manifestants pro-israéliens à l’UCLA, à Los Angeles, le 1er mai 2024. (Crédit : Jae C. Hong/AP)

Le recteur de l’UCLA, Julio Frenk, a rejeté ces accusations. Il a affirmé que l’université avait pris des mesures concrètes pour lutter contre l’antisémitisme sur le campus.

« Je vais être clair : l’idée qui laisse entendre que l’UCLA aurait fait preuve de passivité face à l’antisémitisme est tout simplement fausse », a-t-il dit dans un communiqué. « Lutter contre l’antisémitisme est un impératif moral — un impératif ancré, pour moi, dans une histoire personnelle qui rend toute indifférence absolument inconcevable ».

Frenk a ajouté que l’université avait recruté un vice-recteur adjoint chargé de la sécurité du campus et de la communauté, qu’elle a réorganisé son bureau des droits civiques, nommé un responsable du Titre VI et renforcé les politiques visant à protéger la liberté d’expression et la sécurité sur le campus.

Frenk a lancé une initiative de lutte contre la haine antijuive à l’échelle du campus – avec un groupe qui a rendu public, au mois de mai, une feuille de route qui devrait permettre de mieux combattre l’antisémitisme et le fanatisme au sein de l’UCLA.

Au mois de février 2025, l’université avait suspendu deux groupes étudiants, Students for Justice in Palestine (SJP) et Graduate Students for Justice in Palestine (GSJP), parce qu’ils avaient été impliqués dans une manifestation qui avait été organisée devant le domicile de Jay Sures, un membre du conseil d’administration de l’Université de Californie.

Le mois suivant, l’UCLA avait recommandé de révoquer le statut du SJP et de suspendre le GSJP pour une durée de quatre ans.

L’administration Trump a cherché à faire de l’Université de Californie un exemple particulier dans son approche agressive de la problématique de la haine antijuive sur les campus. Elle a ainsi cherché à infliger des amendes de plus d’un milliard de dollars à l’université publique pour son « manquement », a-t-elle dit, à son devoir de protection des étudiants juifs et israéliens, jusqu’à ce qu’un juge fédéral intervienne. Plusieurs avocats du département de la Justice ont quitté ce dernier en raison de l’enquête ouverte sur l’UCLA, indiquant aux journalistes que le dossier s’apparentait à une « fraude » et à « une mascarade », avec une hâte suspecte à « trouver » des preuves susceptibles de justifier de nouvelles poursuites judiciaires à l’encontre de l’université.

De plus, les deux parties au conflit s’étaient trouvées impliquées dans les affrontements violents qui avaient eu lieu sur le campus – et certains membres de la communauté juive de l’UCLA avaient déploré le fait que les contre-manifestants pro-israéliens avaient, en fin de compte, sapé les griefs légitimes des étudiants juifs concernant les actes de harcèlement dont ils étaient par ailleurs victimes au sein de l’université.

Des contre-manifestants affrontant des manifestants anti-Israël lors d’un campement anti-Israël installé sur le campus de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), à Los Angeles, le 1er mai 2024. (Crédit : Etienne Laurent/AFP)

L’atmosphère reste toutefois tendue pour les Juifs à l’UCLA. Le mois dernier, le sénat étudiant de l’université a condamné la visite sur le campus d’un otage israélien remis en liberté par le Hamas, entraînant une réaction vive de la part d’un membre du conseil d’administration de l’université.

Le ministère de la Justice a annoncé cette action en justice peu après qu’une cour d’appel fédérale a partiellement confirmé, mardi matin, une injonction qui lui a ordonné de rétablir les subventions accordées à l’Université de Californie et que l’administration Trump avait supprimées l’année dernière. Cette dernière avait estimé que les fonds venaient soutenir les programmes DEI (diversité, équité et inclusion) de l’UCLA, des programmes que Trump combat fermement.

Ces poursuites judiciaires sont les dernières mesures en date à avoir été prises par l’administration Trump pour lutter contre l’antisémitisme dans les universités américaines dans le sillage du pogrom qui avait été commis par les hommes armés du Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, l’attaque sanglante qui avait déclenché la guerre à Gaza.

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